- 03m44s
4 min de lecture
Un pompier intervient lors d'un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-École, en Île-de-France, le 14 juillet 2026.
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Depuis le début de l'année, 59 personnes ont été interpellées, soupçonnées d'être impliqués dans des feux de forêt. Parmi elles, un pompier volontaire de 18 ans, mis en examen et placé en détention provisoire pour son implication dans les incendies dans la forêt de Fontainebleau. En garde à vue, il a reconnu avoir allumé des brindilles à Arbonne-la-Forêt, avant de revenir sur ses aveux.
Outre le pompier écroué, un jeune étudiant de 18 ans a admis "avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette" sur un autre lieu de départ de feu qui a ravagé la forêt classée pour sa valeur paysagère et "site Natura 2000", selon la procureure. Deux autres personnes ont quant à elles été placées en garde à vue mardi matin pour l'incendie qui a démarré dimanche autour de l'A6, occasionnant la fermeture d'un tronçon de l'autoroute. La piste accidentelle est évoquée.
En outre, un quadragénaire suspecté d'avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking près de la forêt de Fontainebleau et placé en garde à vue. Il est soupçonné d'avoir forcé la rubalise pour stationner, et de nombreux journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule.
Le feu qui a ravagé près de 2.000 hectares de ce poumon vert de l'Île-de-France pourrait donc avoir plusieurs origines, dont une criminelle. Mais qu'est-ce qui pousse les individus à passer à l'acte ? Plusieurs profils complexes se cachent derrière les incendiaires, et leurs motivations sont différentes. "Dans 95% [des cas, NDLR], les gens qui mettent le feu de manière volontaire, ils peuvent le faire pour de la colère, de la vengeance, des conflits familiaux, du profit économique", explique Laurent Layet, expert psychiatre, au micro de RTL.
Ainsi, parmi les incendiaires, seuls 5% sont considérés comme des pyromanes. "C'est une petite sous-catégorie des incendiaires" qui est attirée par le feu. "C'est pour le feu, c'est-à-dire un attrait, une fascination particulière pour le feu et tout ce qui se rapporte au domaine du feu", précise l'expert. "Si un pyromane va mettre le feu et que c'est juste un petit feu de broussaille, ça ne va quand même pas avoir l'effet escompté. Il y a la recherche qui est quelque chose qui soit d'intensité assez élevée."
Ces profils, précise la psychologue Coralie Coste sur RTL, ressentent "une forte tension, une excitation émotionnelle" ainsi qu'une "attirance, voire parfois du plaisir". "La pyromanie, c'est vraiment un trouble de la santé mentale."
Le profil des pyromanes est donc plutôt rare, et est associé à un trouble du contrôle des impulsions. Pour autant, ils ont conscience de ce qu'ils font. "Il y a quand même dans la plupart du temps conscience de transgresser un interdit", souligne Laurent Layet. "Il y a des éléments qui peuvent l'arrêter, notamment la loi. On ne peut pas dire qu'on est tous la victime de nos pulsions", complète-t-il.
Selon l'expert psychiatre, les pyromanes ont "des difficultés à gérer leur état interne, leurs émotions" conjugués à "des moments difficiles" dans leur vie. "Ils ont une tension, une excitation à l'intérieur, et il faut pouvoir l'évacuer", résume-t-il. "Au moment du passage à l'acte, cette tension va monter au maximum et effectivement ça va être transformé en une forme de satisfaction." Celle-ci va ensuite redescendre très rapidement.
S'il n'existe pas de portrait robot du pyromane, ils présentent des caractéristiques communes. "Ce sont souvent des hommes, car il faut un certain degré d'impulsivité et ils ont en plus que les femmes", explique l'expert psychiatre. Des hommes plutôt jeunes, car "le niveau d'impulsivité diminue avec l'âge". Enfin, Laurent Layet décrit des personnes assez solitaires. "Ils sont assez isolés socialement. Quand ils ont des aléas dans leur quotidien, ils ont du mal à avoir un support social à qui se confier."
Le profil qui intrigue le plus est celui du pompier pyromane, qui apparaît comme une trahison pour sa profession. "Il y a un sentiment de rejet et un peu de honte que ce soit l'un d'entre nous", qui était dans les rangs "depuis moins d'un an", a d'ailleurs réagit le commandant Paul-Édouard Laurain, porte-parole du Sdis, auprès de l'AFP.
"Si vous avez un attrait particulier pour le feu, vous allez vous rapprocher de professions et de domaines dans lesquels il concerne le feu", explique Laurent Layet. À ce titre, ils peuvent se tourner vers les corps de métier comme garde champêtre ou pompier. "Les pyromanes qui ont cet attrait-là vont se diriger vers ces professions-là."
Pour les soldats du feu, ils peuvent "prolonger leur excitation" en étant sur le terrain pour lutter contre les flammes. "Ils vont participer à ce qu'ils ont perpétré et ça permet de prolonger cette satisfaction, cette tension qu'ils ont créée au moment de la mise à feu."
Néanmoins, la psychologue Coralie Coste sur RTL rappelle qu'il n'existe pas de méthode fiable pour anticiper ce type de passage à l'acte. "Il n'est pas possible de dépister, même avec de forts entretiens cliniques structurés ou des échelles standardisées, de prévoir ou de prédire ce type de comportement."
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte