4 min de lecture Attentats à Paris

Fusillades à Paris : des témoins racontent une nuit de peur et d'angoisse

TÉMOIGNAGES - Plusieurs attaques meurtrières simultanées ont eu lieu dans plusieurs endroits de Paris vendredi 13 novembre. Des témoins de ces scènes d'horreur ont livré leurs récits de cette nuit de peur et d'angoisse.

Les Parisiens attablés aux terrasses des cafés du secteur de République ont été la cible de plusieurs tireurs
Les Parisiens attablés aux terrasses des cafés du secteur de République ont été la cible de plusieurs tireurs Crédit : AFP
micro générique
La rédaction de RTL et Dorian Waymel

Ils étaient partis assister à un concert au Bataclan, partis boire un verre ou dîner dans des bars et restaurants de la capitale. Partis supporter l'équipe de France, ou d'Allemagne, lors d'un match amical au Stade de France entre les Bleus et le champion du monde en titre. Mais cette soirée du vendredi 13 novembre s'est transformée en véritable cauchemar pour les témoins ou victimes de ces attaques sanglantes. Ils livrent leur récit de ces scènes de terreur et d'angoisse.

Au Stade de France

Peu après le début du match France-Allemagne, deux explosions ont eu lieu rue Jules-Rimet, à Saint-Denis : au moins l'une des deux est l'oeuvre d'un kamikaze qui a lui-même trouvé la mort en se faisant sauter avec une ceinture explosive, l'autre est d'origine inconnue. La troisième a eu lieu à La-Plaine-Saint-Denis, près d'un restaurant McDonald's, également à proximité du stade. François Hollande, sur place, a été immédiatement évacué, alors que les entrées et sorties du stade ont été aussitôt bouclées. 

Le match s'est poursuivi  jusqu'au bout, et le public a finalement été évacué dans un calme relatif. Mais après leur sortie de l'enceinte, Victor, 16 ans, et sa maman sont vite revenus se réfugier près du stade. "On sortait du stade, on a vu un mouvement de foule et on nous disait 'ils sont là, ils sont là'. Certains tombaient et se faisaient un peu piétinés. Ma mère a pris un chemin et moi un autre, et je me suis retrouvé à quelques mètres du tireur qui était en fuite car il n'avait plus rien dans son chargeur. Je me suis retourné et j'ai vite couru pour rentrer à l'intérieur du stade. Je n'ai rien vu, j'ai couru très vite car j'avais très très peur. Je n'ai pas pu voir à quoi il ressemblait. Ça s'est passé en une fraction de seconde."

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Fusillades à Paris : un spectateur de France-Allemagne : "Je me suis retrouvé à quelques mètres du tireur" Crédit Média : RTL / Marc-Olivier Fogiel | Durée : | Date :

Au Bataclan

Au même moment, au Bataclan, boulevard Voltaire (XIe arrondissement), où se déroulait un concert, plusieurs hommes armés à visage découvert ont ouvert le feu dans la salle de spectacles aux cris de "Allah Akbar", en tuant au moins 82 personnes au cours d'une prise d'otage de près de trois heures.

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"Je les ai clairement entendus dire aux otages 'C'est la faute de Hollande, c'est la faute de votre président, il n'a pas à intervenir en Syrie'. Ils ont aussi parlé de l'Irak", a raconté Pierre Janaszak, 35 ans, animateur radio et TV qui se trouvait dans la salle.

Clément, 22 ans, était lui aussi présent à ce concert et raconte le moment où le public s'est aperçu de l'entrée de tireurs dans la salle : " On a vu des hommes qui tiraient en l'air dans un premier temps. Ça a été la panique donc on s'est tous mis à terre. À chaque fois que l'homme qui tirait rechargeait son arme automatique, cela permettait à des personnes de s'échapper par les issues de secours."

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Fusillade à Paris : "Quand le tireur rechargeait, des personnes s'échappaient aux issues de secours", témoigne un rescapé du Bataclan Crédit Média : RTL / M.O Fogiel | Durée : | Date :

Charline était elle en face du Bataclan, et a vite compris l'ampleur du carnage : "On pouvait entendre les coups de feu, c'était la panique totale. On s'est dit que ce serait peut-être bien de monter à l'étage. On est allé sonner chez les gens. Un charmant couple nous a ouvert. On est resté à peu près une heure jusqu'à ce que le périmètre soit sécurisé. Si les terroristes sont au Bataclan, ça veut dire qu'ils peuvent venir dans n'importe quel bar et mettre un coup de flingue dans la fenêtre et tous nous tuer".

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Fusillades à Paris : Charline s'est réfugiée dans un bar en face du Bataclan Crédit Média : RTL | Durée : | Date :

Rue de Charonne

Mêmes scènes de guerre rue de Charonne, un peu plus à l'Est, où 18 personnes ont péri. Un homme dit avoir entendu des tirs pendant "deux, trois minutes", "des rafales". "J'ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s'ils étaient morts", lâche-t-il. Selon lui, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs, juste en face du foyer Palais de la femme. 

Un habitant de la rue de Charonne, Léo, décrit cette scène de terreur : "J'habite au-dessus de l'endroit où s'est passé cet épouvantable drame. Il y a eu une cinquantaine de tirs extrêmement violents, extrêmement puissants suivis, d'une deuxième rafale". Le témoin a parlé d'une scène "apocalyptique. Des morceaux de verre étaient partout, des gens hurlaient."

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Léo, témoin de la fusillade et habitant de la rue de Charonne, témoigne Crédit Média : RTL | Durée : | Date :

Restaurant "Le Petit Cambodge", rue Alibert

Dans le Xe arrondissement voisin, une fusillade a éclaté à l'angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge. Bilan : quatorze morts. "C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait", a relaté une femme témoin des faits. "C'était très calme, les gens ne comprenaient pas ce qui se passait. Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte", a-t-elle ajouté.

Un homme blessé par balle a pu témoigner de la situation quelques minutes après l'assaut au micro de RTL : "On ne sait pas ce qui se passe on est au sol et ça a tiré. Il y a plusieurs blessés graves et des blessés légers. Je ne sais pas, on a rien vu. Je suis au sol avec une balle dans le bas du dos à côté d'une personne qui a deux balles dans la jambe."

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"Je suis au sol avec une balle dans le bas du dos", témoigne une victime du restaurant "Le Petit Cambodge" Crédit Média : RTL/ Maud de Carpentier | Durée : | Date :
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