2 min de lecture États-Unis

États-Unis : un hôpital obéit à l'ordre "ne pas réanimer" tatoué sur un patient

Un hôpital de Floride a eu affaire à un redoutable cas de conscience : quand un patient a un ordre de ne pas réanimer (NPR) tatoué sur le torse, faut-il le prendre en compte ? L'homme n'a finalement pas été réanimé et est décédé.

Des infirmiers dans un hôpital (illustration)
Des infirmiers dans un hôpital (illustration) Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Redoutable cas de conscience pour un hôpital de Floride. Un patient, qui avait, tatoué sur le torse, un ordre de ne pas réanimer (NPR), est décédé après que l'équipe du bloc opératoire a décidé d'obéir au tatouage. L'homme de 70 ans était arrivé inconscient au Jackson Memorial Hospital de Miami, comme le raconte le New England Journal of Medicine de ce jeudi 30 novembre. Souffrant de problèmes respiratoires et d'un taux d'alcoolémie élevé, il n'avait pas de papiers d'identité sur lui.

Le seul signe distinctif qu'il présentait était un tatouage "Ne Pas Réanimer", avec le mot "Pas" souligné, accompagné de sa signature. Les médecins, fidèles à leur serment d'Hippocrate, ont d'abord décidé de "ne pas respecter le tatouage", ne souhaitant pas "s'engager dans une voie irréversible". Ils ont donc administré des soins de base à l'homme. Mais, interpellés par son tatouage, ils ont également fait appel à un service d'éthique, qui leur a conseillé de prendre le message en considération, comme s'il s'agissait d'un "vrai" NPR.

La question du sérieux de l'intention en suspens

Les ordres de ne pas réanimer sont placés dans le dossier médical d'une personne, et servent à informer le personnel médical qu'il ne doit pas procéder à une réanimation cardio-pulmonaire si besoin en serait. L'état du patient s'est donc rapidement dégradé pendant la nuit et il est mort peu de temps après. Entre-temps, le patient avait été finalement identifié et son ordre de ne pas réanimer avait été retrouvé dans son dossier du département de la santé floridien, ce qui a convaincu les médecins qu'ils avaient pris la bonne décision.

Mais "son tatouage a apporté plus de confusion que de clarté", note l'article. La question s'est notamment posée de savoir si les tatouages représentaient "des souvenirs permanents ou des décisions malheureuses, prises quand la personne était sous l'influence de l'alcool".

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Surtout, l'équipe médicale avait retrouvé le cas d'un patient dont le tatouage n'était pas à prendre au sérieux. En 2012, un homme de 59 ans avait été hospitalisé avec la mention "N.P.R." sur sa poitrine, alors que son dossier ne mentionnait pas d'ordre de ne pas réanimer. L'homme a confirmé que le message tatoué n'était pas à prendre en compte. Interrogé alors sur le sens de ce tatouage, il avait expliqué qu'il était la trace d'un pari alcoolisé perdu dans sa jeunesse. Il n'avait jamais pensé que quelqu'un le prendrait un jour au sérieux, et avait expliqué considérer la possibilité de faire retirer son tatouage.

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