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ÉDITO - Comment le Royaume-Uni post-Brexit part à la conquête de l'Europe

Alors que tout le monde pensait que le Brexit allait affaiblir le Royaume-Uni, c'est tout l'inverse. Certaines de leurs stratégies pourraient même faire mal à l'Europe.

Des drapeaux de la Grande-Bretagne qui flottent devant Big Ben, à Londres.
Des drapeaux de la Grande-Bretagne qui flottent devant Big Ben, à Londres.
Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Le Royaume-Uni plus stratégique que jamais
03:42
Le Royaume-Uni plus stratégique que jamais
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François Lenglet - édité par Charlotte Diry

Alors que la France et le Royaume-Uni multiplient les conflits, sur la pêche, sur les migrants de Calais,... Londres déploie alors une stratégie ambitieuse qui pourrait faire mal à l’Europe. 

"Global Britain" ou la Grande-Bretagne mondiale. Tel est le nom de ce programme post-Brexit qui a été conçu par les conservateurs, qui sont au pouvoir en ce moment. De façon familière, les Anglais appellent ce projet "Singapour sur Tamise". Il s’agit de s’inspirer de ce petit état d’Asie du Sud-Est, qui a misé sur la technologie et l’attractivité fiscale pour devenir l’une des nations les plus prospères du monde. 

L’idée, c’est de construire un pays ultra-compétitif aux portes de l’Europe, en lui prenant le maximum de business, tout en restant connecté à l’Amérique et à l’Asie en croissance. Et Londres vient de remporter une victoire importante, en récupérant le siège de la multinationale pétrolière Shell. 

Shell va s'installer au Royaume-Uni

Désormais, Shell va s’installer au Royaume-Uni. Jusqu’ici, cette entreprise anglo-néerlandaise avait ses quartiers généraux aux Pays-Bas, bien qu’ayant aussi des racines britanniques datant du 19ème siècle. Elle s’appelle d’ailleurs Royal Dutch Shell. C’est une double mésaventure qui l’a décidée. 

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D’abord le jugement d’un tribunal de la Haye, à la suite d’une attaque par un groupe environnementaliste, qui lui a enjoint de réduire ses émissions carbone beaucoup plus rapidement que ce qu’elle envisageait. Ensuite, elle devait acquitter une taxe de 15% sur les dividendes versés à ses actionnaires, c’est la loi néerlandaise Elle traverse donc la Manche, il n’y a pas de telle taxe au Royaume-Uni. Et il y a quelques mois, une autre multinationale de premier plan, Unilever, avait fait exactement le même chemin, pour les mêmes raisons.

Une situation qui va s'avérer être tendue

Nos voisins, déjà mieux positionnés que l’Europe en matière fiscale, vont jouer de tous leurs atouts : législation sociale moins contraignante pour un employeur, facilités de financement avec la City de Londres, simplification de l’environnement administratif, Singapour, en somme. Avec d’excellents centres de recherche, et un programme d’immigration pour les meilleurs talents du monde en matière de science. 

Qu'est-ce que cela donne niveau technologie ?

Les Britanniques se plaisent à rappeler qu’ils sont le deuxième pays au monde pour les prix Nobel, avec 99 distinctions reçues depuis que le prix existe, toutes disciplines confondues. On a pu voir leur avance avec le vaccin inventé par Oxford et développé par Astra-Zenecca. En France, ni Pasteur, ni Sanofi n’ont été fichus de produire un vaccin potable à ce jour. 

On le voit aussi avec leurs capacités de séquençage du virus, bien meilleure que les nôtres. Ils mettent maintenant le paquet sur le spatial et les satellites, un domaine où jusqu’ici la France avait de l’avance. Et c’est sans parler du domaine stratégique, où ils nous ont mis une pilée il y a quelques semaines.

C'était à l'occasion de la fameuse vente des sous-marins à l’Australie, qui avait été obtenue par la France, et déjouée par les Américains et les Britanniques, qui ont récupéré la commande. Une victoire stratégique, parce qu’elle réinstalle Londres comme une puissance de l’océan Pacifique, aux côtés des Américains et face à la Chine. Et une victoire de business, car les industriels anglais de la défense, Rolls Royce au premier chef, comptent bien profiter du méga contrat de sous-marin. Ceux qui pensaient un peu naïvement que le Brexit affaiblirait le Royaume-Uni ne sont pas au bout de leurs surprises.

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