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Dounia Bouzar, spécialiste de la déradicalisation, "vit dans la peur"

Lorsqu'elle a été missionnée par Bernard Cazeneuve, Dounia Bouzar a suivi 1.184 jeunes. Pour le moment, aucun n'a essayé de passer à l'acte ou de repartir. Certains sont complètement stabilisés, ont repris des études.

Dounia Bouzar, anthropologue française.
Dounia Bouzar, anthropologue française.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Dounia Bouzar, spécialiste de la déradicalisation, "vit dans la peur"
07:10
micros
La rédaction numérique de RTL

C'est l’événement cinématographique de la semaine. Le ciel attendra, réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar, campe l'histoire de Sonia et Mélanie, deux adolescentes qui basculent dans l'islamisme radical. Dounia Bouzar, spécialiste de la déradicalisation, a tenu à participer à cette fiction en jouant son propre rôle. Une présence qui donne au film le réalisme d'un documentaire. 

Les profils de Sonia et Mélanie, happés par les filets de l'État islamique (EI), n'ont eux, rien d'une fiction. "C'est pour cela que [la réalisatrice] a choisi ces personnages-là. Daesh va faire parler le jeune sans s'annoncer sur Internet en se présentant comme un ami ou un professeur. Il va ainsi cerner le profil psychologique du jeune et lui proposer un idéal qui correspond à sa volonté de s'engager et à son malaise", explique la fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam.

On vit dans la peur sans arrêt car Daesh est toujours dans le jeu avec nous

Dounia Bouzar

Le film vise également à casser les idées reçues, montrant que le phénomène de radicalisation touche toutes les couches de la société. Pour détecter le début de la radicalité, il faut s'attacher à percevoir non pas des comportements religieux, mais de rupture. "Il n'y a pas un radicalisé qui continue à faire confiance en son entourage", confie Dounia Bouzar.

Lorsqu'elle a été missionnée par Bernard Cazeneuve, Dounia Bouzar a suivi 1.184 jeunes. Sur l'ensemble de ces jeunes, 805 étaient "pro-Daesh", les autres étaient "plutôt salafistes quiétistes". "Pour le moment, aucun n'a essayé de passer à l'acte ou de repartir. Certains sont complètement stabilisés, ont repris des études. D'autres se trouvent encore dans l'ambivalence", relate l’anthropologue. "On vit dans la peur sans arrêt, car Daesh est toujours dans le jeu avec nous", confie Dounia Bouzar, qui se trouve actuellement sous la protection de policiers et "n'a plus le droit de s'acheter une baguette de pain".

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