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Deux ans après le 13 novembre, des victimes passent devant l'objectif

Pour le triste anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, l'Agence France-Presse a réalisé des photos-portraits de victimes.

Sophie, blessée lors de l'attentat du 13 novembre au Bataclan, montre son tatouage
Sophie, blessée lors de l'attentat du 13 novembre au Bataclan, montre son tatouage
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Le Son de l'Image du 10 novembre 2017
00:02:31
micros
La rédaction numérique de RTL

Des jeunes femmes et des jeunes hommes, Laura, David, Ludmila, Ruben, Fanny, rescapés de ce cauchemar ont choisi de se faire tatouer... D'inscrire leur mémoire dans la peau. Sur ces photos intimes, réalisées par Joël Saget, tous posent sobrement sur fond noir. 

Parmi eux, il y a Sophie. 33 ans. Au Bataclan, le 13 novembre 2015, elle a reçu 2 balles dans la jambe. Sur la photo, elle est debout, légèrement de trois quart. En débardeur, ses jambes dévêtues. Elle porte des créoles aux oreilles. Une auréole de lumière entoure son visage et son buste. Sur sa cuisse, un tatouage représentant la Catrina, cette femme à tête de mort issue de la tradition mexicaine, rappelle que l'on est tous égaux face à la mort.


Sophie n'a pas hésité à prendre la pose, c'était une autre façon pour elle de témoigner. "Je suis vraiment fière, du tatouage, du tatoueur et de la photo. On se met à nue car c'est l'expérience qui m'a le plus marqué dans la vie. Je ne voyais pas ça comme ça, mais la photo montre une certaine confiance en moi que je ne pensais pas avoir parce qu'à l'heure actuelle, je n'ai toujours pas accepté ma jambe, ce qui s'est passé. C'était l'une des étapes, au bout d'un moment je vais reprendre possession de mon corps".

4 victimes du Bataclan
4 victimes du Bataclan
Crédit : Joël Saget / AFP

lle a longuement interrogé plusieurs rescapés tatoués. Les photos ont ensuite été prises individuellement au cours de l'été, en studio. À la dernière minute, certains ont finalement renoncé. 

Joël Saget de l'AFP était derrière l'objectif. "T'es simplement un vecteur, toi tu t'effaces par rapport à ce que eux veulent bien montrer. C'est eux le sujet. T'accompagnes. Tu vas dans une forme d'intimité, tu as une forme de synthèse entre le tatouage, ce qu'ils ont vécu et ce que leur visage exprime à ce moment-là quand tu fais une image". 
 
Il y a ce corps et ses séquelles qu'il faut encore, deux ans après, soigner. Et puis il y a la tête, ses hauts et ses bas à l'approche du 13 novembre. Lundi prochain, Sophie ne sera pas Paris. C'est trop douloureux pour elle.

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