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Démission d'Emmanuel Macron : "Le ministre a beaucoup parlé, mais il a peu agi"

ÉDITO - François Lenglet dresse le bilan de l'action du ministre de l'Économie démissionnaire. Un homme aux deux visages.

Emmanuel Macron le 22 août 2016. Le ministre de l'Économie a démissionné du gouvernement ce mardi 30 août dans l'après-midi pour se consacrer intégralement à son mouvement politique.
Emmanuel Macron le 22 août 2016. Le ministre de l'Économie a démissionné du gouvernement ce mardi 30 août dans l'après-midi pour se consacrer intégralement à son mouvement politique.
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Démission d'Emmanuel Macron : "Le ministre a beaucoup parlé, mais il a peu agi"
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François Lenglet & Loïc Farge

Il y a deux Macron. D'abord celui qui agit, le ministre de l'Économie et de l'Industrie. Il a à son actif des réformes éparses et assez modestes. C'est une action "pointilliste". Par exemple sur le travail du dimanche, un sujet ô combien polémique en France. Par exemple sur le fonctionnement des prud'hommes - là c'était un très bon texte. Mais aussi sur les fameuses lignes autocars qui relient les villes françaises. Il a également facilité l'investissement dans les start-up et les PME.

Au plan industriel, il y a deux dossiers qui émergent. D'abord la restructuration du nucléaire français, avec la faillite d'Areva, mais il part en cours de route, ça n'est pas fini. Ensuite l'affaire Renault, où son conflit avec Carlos Ghosn, le patron, a débouché sur une déstabilisation de l'alliance avec les Japonais de Nissan.
Au final, Emmanuel Macron n'a pas modernisé l'économie française comme d'autres ministres de l'Économie de gauche (Jacques Delors, par exemple). C'est vrai aussi qu'il n'a pas été libre de conduire ses initiatives jusqu'au bout, tantôt à cause du Président lui-même, tantôt à cause des députés socialistes, dont certains lui sont très hostiles.
L'autre Macron, c'est celui qui parle. Celui-là a un bilan florissant. Depuis le premier jour de sa nomination, il a multiplié ce qu'on a appelé improprement des "gaffes" qui n'en étaient pas : sur les 35 heures qui plombent la compétitivité, sur l'ISF à réformer, sur le statut des fonctionnaires, sur la dure vie des entrepreneurs. Une toute les six semaines à peu près, avec la régularité d'un métronome. Ce n'était pas des gaffes, parce qu'il pense tout cela.

Emmanuel Macron est devenu celui qui dit la vérité qui dérange

François Lenglet

Si cela lui a profité, c'est parce que bon nombre de Français pensent cela aussi. Macron est devenu celui qui dit la vérité qui dérange. Plus les éléphants socialistes se fâchaient contre lui, plus il était populaire. Comme la vindicte des hiérarques lui donnait une légitimité supplémentaire.

Sa popularité s'explique avec un paradoxe. Alors qu'il est le prototype de l'élite "à la française", il critique les élites "à la française". Toutes ses vraies fausses gaffes convergent vers la critique du vieux monde, du vieux système, des vieilles idées, des vieux politiques, alors que justement les citoyens sont lassés par leurs ritournelles et leurs échecs.

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Emmanuel Macron a su incarner la modernité, le nouveau. Il donne le sentiment de pouvoir être un passeur pour faire comprendre l'économie qui vient. Et ça, pour un ministre de l'Économie, c'est un atout essentiel, qu'avait aussi un Dominique Strauss-Kahn. Un atout essentiel à Bercy, mais insuffisant pour être Président. Tout l'enjeu pour lui, c'est maintenant de développer un vrai projet, pour un campagne qui ne se jouera pas seulement sur l'économie, loin s'en faut.

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