3 min de lecture Crash A320 Germanwings

Crash d'un A320 de Germanwings : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Marseille

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a confirmé que le copilote de l'avion s'était enfermé seul dans le cockpit au moment du crash et qu'il aurait "volontairement" détruit l'avion.

Le procureur de la République de Marseille (centre), Brice Robin, le 26 mars 2015
Le procureur de la République de Marseille (centre), Brice Robin, le 26 mars 2015 Crédit : FRANCK PENNANT / AFP
James Abbott
James Abbott

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a retracé ce jeudi 26 mars à Marignane le déroulé du vol de l'Airbus A320 de la Germanwings qui s'est écrasé dans les Alpes françaises mardi 24 mars 2015. Chargé du dossier, le procureur a donné une conférence de presse peu après 12h30. Il a dévoilé que, comme nous l'indiquions plus tôt dans la matinée, c'était bien le copilote de l'avion qui était seul dans le cockpit. Brice Robin a dévoilé son identité, Andreas Lubitz, un Allemand de 28 ans qui avait "pleinement la capacité de conduire seul cet avion".

L'analyse audio des boîtes noires par les enquêteurs a permis au procureur d'expliquer ce qu'il s'est véritablement passé dans le cockpit de l'avion, avec le verbatim des conversations en allemand des deux pilotes. Le copilote, "pas répertorié comme terroriste", se serait donc enfermé volontairement dans le cockpit jusqu'au crash.

À l'annonce du briefing d’atterrissage, le copilote semble "laconique"

La conversation entre les deux pilotes était initialement "normale, enjouée, courtoise", souligne le procureur de la République. Il n'y avait donc rien d'anormal jusqu'à la préparation du briefing d'atterrissage par le commandant de bord. À ce moment-là, "le copilote semble laconique, avec des réponses brèves", révèle le procureur. "Puis, on entend le commandant de bord demander au copilote de prendre les commandes, et on entend le bruit d'un siège qui recule, certainement pour aller satisfaire un besoin naturel."

Le commandant de bord enfermé en dehors du cockpit

Brice Robin explique qu'ensuite le commandant de bord a tout fait pour essayer de revenir dans le cockpit, "s'il avait eu les moyens d'ouvrir cette porte il l'aurait fait". "Le copilote, par une abstention volontaire, a refusé d'ouvrir la porte de la cabine de pilotage au commandant, et a actionné le bouton commandant la perte d’altitude."

Le "silence" et un "bruit de respiration jusqu'à l'impact final"

À lire aussi
Andreas Lubitz est le copilote responsable du crash de l'A320 de la Germanwings (illustration). Crash A320 Germanwings
Crash de la Germanwings : les proches des victimes choqués par une initiative des parents d'Andreas Lubitz

Le procureur de la République a écarté la thèse d'un malaise en soulignant le fait qu'une respiration est entendue jusqu'au moment du crash. "On entend plusieurs appels du commandant de bord qui veut accéder à la cabine de pilotage. Il s'est identifié, mais il n'y a aucune réponse de la part du copilote, aucun mot jusqu'au crash. Il a tapé, et n'a eu aucune réponse du copilote, puis on entend un bruit de respiration normale jusqu'à l'impact final."

Une "volonté de détruire l'avion"

À ce moment là, le copilote est donc seul aux commandes et ne donne aucun contact radio malgré les appels répétés de la tour de contrôle de Marseille, et "aucun Mayday (appel de secours) n'a été reçu par les contrôleurs". "Le copilote manipule les boutons du "Flight monitoring system" pour actionner la descente de l'appareil. L'action ne peut être que volontaire." "Pour une raison que nous ignorons, ceci peut s'analyser comme une volonté de détruire cet avion", conclut-il.

Les passagers ne se seraient rendus compte du drame qu'au dernier moment

Aucun élément audio ne témoigne de l'état des passagers, mais le procureur a précisé que l'on pouvait "entendre des cris peu avant l'impact", mais pas durant les huit minutes de perte d'altitude.

L'identification des corps pourrait durer

Brice Robin a également précisé que "le relevage des corps a commencé depuis mercredi après-midi et l'identification ADN aussi". Mais cette identification, "devrait prendre plusieurs semaines", nuance-t-il.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Crash A320 Germanwings Marseille Crash
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7777139737
Crash d'un A320 de Germanwings : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Marseille
Crash d'un A320 de Germanwings : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Marseille
Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a confirmé que le copilote de l'avion s'était enfermé seul dans le cockpit au moment du crash et qu'il aurait "volontairement" détruit l'avion.
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/crash-d-un-a320-de-germanwings-ce-qu-il-faut-retenir-de-la-conference-de-presse-du-procureur-de-marseille-7777139737
2015-03-26 13:31:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/yJRqh_XClYEUgaTpRUEffg/330v220-2/online/image/2015/0326/7777140420_000-par8130913.jpg