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Confinement et amitié : pourquoi Aristote n'aurait pas supporté les "apéros visio"

PODCAST - La crise sanitaire nous a poussés à trouver des stratagèmes pour maintenir le lien avec nos proches. Force est de constater que nous avons passé beaucoup de temps à nous parler à nous-mêmes en cette période de repli imposée. Avons-nous vraiment besoin de nos amis ?

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INÉDIT - Peut-on être heureux sans ami ?
07:12
Marie-Pierre Haddad

On les considère souvent comme notre deuxième famille. On dit d'eux d'ailleurs qu'ils sont celle que nous avons choisie. Eux, ce sont nos amis. Ils peuvent être nos confidents, nos partenaires de soirées de vie quotidienne ou encore nos camarades de voyage.

Le confinement a réduit nos interactions physiques, mais nous avons trouvé des stratagèmes pour maintenir le lien, notamment grâce à la technologie. Plus de possibilités de trinquer à la sortie du bureau ? Qu'à cela ne tienne, on se fait un "apéro visio" ! Mais force est de constater que nous avons passé beaucoup de temps à nous parler à nous-mêmes en cette période de repli imposé. 

Alors, nos amis nous ont-ils manqué ? Comme en amour, l'amitié peut devenir étouffante, déséquilibrée, voire même toxique, mais aussi euphorique, apaisante, entraînante. Alors, avons-nous vraiment besoin d'eux ? Peut-on être heureux, sans amis ? Nous avons posé la question à Gilles Vervisch, professeur de philosophie et écrivain. 

Les stoïciens, en autarcie

Des philosophes de l'Antiquité, en particulier les stoïciens, nous apprenait à vivre sans amis, de manière générale, sans s'attacher à rien ni personne. Selon Épictète, "il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui n'en dépendent pas, explique le professeur en philosophie Gilles Vervisch. Et le meilleur moyen d'être heureux, c'est donc d'être libre, de ne dépendre de rien ni de personne". 

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Mais le problème est quand on est attaché à quelqu'un. "Le problème, c'est qu'on se rend dépendant de choses et qu'on est capable de perdre sur l'amitié (...) Il faut que rester de glace, et ne rien éprouver", explique-t-il au micro de RTL. 

L'amitié au-delà des intérêts personnels pour Aristote

Aristote, lui, dit que l'homme est un animal social et sociable. "C'est à dire que non seulement nous avons besoin de vivre avec nos semblables, mais nous en avons même envie. Aristote a beaucoup développé ce que l'on appelle la philia, qu'on retrouve dans la philosophie (l'amour ou l'amitié, ndlr). Il estime que le vrai ami, c'est celui dont on n'attend rien. La vraie amitié implique une relation d'égalité et sans que personne ne cherche son intérêt personnel", détaille Gilles Vervisch. 

Un désir naturel pour Épicure

Autre philosophe, autre approche. Épicure reconnaît l'existence des désirs naturels et nécessaires qui permettent la tranquillité de l'âme. "Dans ses désirs naturels et nécessaires, il y a l'amitié", souligne-t-il. Gilles Vervisch évoque aussi le réalisateur Sean Penn et le film Into the Wild. Inspiré par une histoire vraie, ce long-métrage raconte l'histoire d'un jeune homme qui qui décide de partir tout seul en Alaska. Il cherche quitter cette société matérialiste, avec ses parents consuméristes, pour partir à l'aventure. Sa vie de Robinson Crusoé se termine par son décès.

"Et la dernière phrase qu'il écrit sur son journal intime, c'est qu'il n'y a de vrai bonheur que partager. Après avoir cherché à s'évader de la civilisation, il finit, semble t-il, par découvrir que on ne peut pas vivre sans amis", conclut Gilles Vervisch. 

Pour découvrir les vidéos de Gilles VervischChaîne Youtube

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