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Comment Petit-Palais vit sans ses anciens, un an après l'accident de car

REPLAY - Il y a un an, l'accident de car de Puisseguin faisait 43 morts parmi les anciens de Petit-Palais.

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Comment Puisseguin vit sans ses anciens, un an après l'accident de car Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

C'est une place de village, comme il en existe tant en France, mais celle-ci, depuis un an, parait trop grande avec sa salle des fêtes qui n'a plus de fêtes que le nom et ses places de stationnement devenues trop nombreuses et qui depuis un an sont toujours vides. Nous sommes à Petit-Palais en Gironde, il y a un an, le 23 octobre 2015 le club du troisième âge perdait la totalité de ses membres dans l'accident de car de Puisseguin : 43 morts .


Un an après, le magazine Marianne a voulu savoir comment on revit dans ce village désormais privé de toute une génération, qu'ont emporté avec eux les anciens, c'est à lire dans "Puisseguin, vivre sans les anciens". 

Jour après jour de multiples détails marquent leur absence. Chaque occasion de se réunir le rappelle forcément. Le club du troisième âge n'a pas rouvert faute de membre et sa subvention a été redistribuée. À la fête du village le 27 juin dernier il n'y avait plus ces gâteaux un peu bourratifs que fabriquent les mamies.


On ne se dit plus ces petits secrets que seuls les vieux connaissent encore : les coins à champignons, les endroits de pêche ou de chasse, la façon dont marchait le lavoir dans le temps. L'association de randonnée, l'association de chasse, l’organisation des matchs de foot, c'étaient les anciens. Les jeunes qui habitent à Petit- Palais travaillent en général à Bordeaux, ils habitent ici, ils n'y vivent plus et s'impliquent moins dans la vie locale. "L'accident nous a fait prendre conscience de ces changements de mentalité", dit un jeune conseiller municipal. Pour tenter de renouer le lien distendu, un marché se tient désormais le vendredi après-midi

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Les notaires eux aussi peuvent témoigner de ce que les anciens ont emporté avec eux. Beaucoup n'avaient pas mis leurs affaires en ordre comme on dit et les problèmes de successions se sont multipliés depuis un an. Des familles déchirées ont été amenées à mettre sur la table des choses qui étaient enfouies, d'autres ont vu débarquer des héritiers dont ils n'avaient plus de nouvelles depuis longtemps, alors des maisons sont en vente quand on pensait qu'elles resteraient dans les familles.

les souvenirs d'un fils d'un président de la République

Le passé est présent aussi pour Alain Pompidou, enfant unique de Georges et Claude. Il s'apprête à sortir un livre de souvenir de sa mère décédée en 2007, un livre qui nous parle d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre. Dans une interview pour VSD, Alain Pompidou raconte comment ses parents lui ont toujours caché jusqu’à leur mort le fait qu'il avait été adopté, parce qu'en 42, date de son adoption, ça ne se disait pas, une femme qui ne pouvait pas avoir d'enfant c'était infamant. Il a vécu avec ce secret, "mes parents ne voulaient pas se douter que je savais, c'était de l'intoxication collective". 



Le secret a d'ailleurs marqué toute la vie d’Alain Pompidou, jusque dans son métier de médecin, il a été le premier a savoir que son président de père était malade. Il a reçu les analyses avant lui, mais n'a rien dit ni à Georges ni à Claude. Il venait de découvrir que Pompidou souffrait de la maladie de Waldenstöm, une maladie rare qui a aussi tué le Shah d'Iran ou Golda Meir. Il n' a jamais voulu savoir comment son père l'avait attrapé, Pompidou a-t-il été empoisonné ? "Je n'ai jamais gratté, car je n'ai pas envie de finir les pieds dans le béton", un secret qu'il ne percera jamais.

Conflit de générations autour du téléphone

Le Monde de ce vendredi 21 octobre après-midi pose la question: nos écrans nous coupent ils la parole ? Scène banale et troublantes de l'âge numérique : deux parents et leur deux enfants au resto. Pendant tout le repas chacun pianote sur son portable en se parlant à peine. Même chose à la table à coté avec 5 collègues de bureau, nous avons tous été témoins ou acteurs de ces scènes ou les pratiques numériques rivalisent avec notre vie familiale ou amicale. Des chercheurs en sciences humaines commencent à prendre la mesure de cet impact, la perte d'empathie que génère l'usage intensif des portables, c'est la solitude à plusieurs.


Mais en fait sur ce sujet de l'invasion des nouvelles technologies dans nos vies, ce qu'il faut lire ce vendredi 21 octobre au matin c'est ce que dit le philosophe Éric Sadin dans un entretien passionnant à Libération. Il y parle du techno-libéralisme qui dirige nos vies individuelles et collectives. Individuelles quand on accepte tous ces capteurs qui connectent aussi bien nos maison que notre corps ou notre voiture et qui décident à notre place. Collective quand on réalise que le monde s'est "sili-colonisé" dit-il, c'est-a-dire que des Silicon Valley ont poussé partout. Chez nous on appelle ça des incubateurs, avec des start-up qui sont dit-il "la nouvelle utopie économique et sociale de notre temps. Le mythe est en train de s'effondrer : on va réaliser que tout est aménagé afin de profiter au maximum de la force de travail de chacun."

Dans un entretien mis en ligne sur Le Figaro.fr, Bernard Tapie explique pourquoi selon lui le papier a encore de l'avenir. 

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