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Carlos Ghosn, l'homme de nulle part

PORTRAIT - France, États-Unis, Brésil, Japon, Iran... Le patron de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi réussit partout où il passe, sans faire l'unanimité pour autant.

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Carlos Ghosn, l'homme de nulle part Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : Isabelle Choquet | Durée : | Date : La page de l'émission
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet Journaliste RTL

Le salon de l'Auto ouvre demain au public, porte de Versailles à Paris, en présence du patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, l'homme de nulle part. Il a 3 passeports, il parle 7 langues, et il est le seul homme au monde à diriger deux multinationales éloignées de 10.000 kilomètres : 470.000 salariés, 122 usines dans 200 pays.

 "Je me prends deux ou trois jets lags par mois" dit-il. Ses déplacements sont calés un an à l'avance. Il faut cinq personnes pour gérer son agenda. Pour tenir, il s'impose une discipline de moine, l'amateur de médoc et de saké renonce à l'alcool, et voyage le plus possible d'ouest en est.

 Au pays du soleil levant justement, le sauveur de Nissan est vénéré. Ghosn San est même devenu un personnage de manga. Poutine l'a enrôlé pour redresser le constructeur des Lada, Obama le voulait pour booster General Motors. Le samourai réussit partout, parce qu'il est bon mais aussi parce qu'il s'adapte à toutes les cultures. C'est ce qui le rend assez irremplaçable.

Personne ne le déteste mais personne ne l'aime

Il réussit mais il n'est pas forcément aimé, en tout cas en France. Personne ne le déteste mais personne ne l'aime. On le dit loin, trop loin, physiquement mais aussi humainement. 

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Gros ego parfaitement assumé, aucune empathie, il vouvoie tout le monde. Cette froideur, il la revendique et parle d'un contrôle de soi indispensable. Le pouvoir l'a rendu incroyablement soupçonneux. Il faut dire qu'au Japon, il a reçu des menaces de mort des yakuzas.

Un salaire de 7 millions d'euros par an

En France, l'affaire des faux espions de Renault l'a profondément blessé. Les Frenchies lui reprochent ses méthodes de cost killer, et son salaire astronomique, 7 millions d'euros par an. Lui il admire "l'exigence intellectuelle française", mais il est agacé, dit-il, par notre "côté petit bras face à la mondialisation et par notre relation torturée avec l'argent".

C'est que la France, ce n'est qu'une partie de son histoire. La France, c'est sa mère : le pays de ses études et de ses débuts professionnels. Il était alors le fêtard de Polytechnique, le pitre de Michelin, celui qui faisait des blagues téléphoniques en pleine nuit. 

Ses racines sont au Liban

Mais son pays natal c'est le Brésil, son grand-père avait émigré en Amazonie, et ses vraies racines sont au Liban. C'est là qu'il a grandi, rapatrié à cause de sa santé fragile. C'est là qu'il retrouve encore ses amis d'enfance, et ses vignes. 

Carlos Ghosn aime aussi les États-Unis, ses quatre enfants y ont fait leurs études. Il ne les voit pas assez à son goût alors à 64 ans, le patron globe-trotteur songe à raccrocher. Mais ne comptez pas sur lui pour poser ses valises : "C'est quand je me déplace, dit-il, que je me sens à la maison".

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