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Blois : annulation d'une vente aux enchères d'objets nazis

Au total, une trentaine d'objets du IIIe Reich devaient être vendus lors d'une mise aux enchères le 16 janvier prochain.

Un marteau de vente aux enchères (illustration)
Un marteau de vente aux enchères (illustration) Crédit : KTSDESIGN / SCIENCE PHOTO LIBRARY / KTS / Science Photo Library via AFP
Florine Boukhelifa et AFP

Une trentaine d'objets emblématiques du IIIème Reich, qui devaient être vendus aux enchères à Blois le 16 janvier, ont été retirés de la vente, a annoncé samedi 9 janvier la maison de vente organisatrice. Deux autres ventes prévues à Albi et Soissons ont également été annulées. 

Parmi les objets litigieux de cette vente "militaria" figurent une dizaine de casques de la Waffen-SS, de nombreux ceinturons à tête de mort, des médailles et fanions avec des croix gammées, ou encore un drapeau de la Milice, selon un lanceur d'alerte qui se fait appeler Axel et traque toutes les ventes aux enchères d'objets nazis.

"Nous avons retiré ces objets de la vente même si la loi nous y autorise", a indiqué à l'Agence France-Presse l'étude blésoise Pousse-Cornet, précisant que les insignes à l'effigie du régime nazi avaient été masquées sur le catalogue de vente, conformément à la loi. Captures d'écran à l'appui, Axel reproche pourtant à l'étude blésoise de ne pas avoir masqué toutes les insignes, rappelant qu'on "peut détenir et vendre ces objets, mais pas les exhiber".

Des objets vendus à prix d'or

"Il y a eu trois ventes de ce type la semaine dernière", souligne ce juriste qui juge cela "intolérable", citant une veste d'Adolf Hitler partie à 275.000 euros il y a quelques années en Allemagne, ou d'une boîte de Zyklon B.

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"Il y a une poussée de la vente de ce type d'objets néfastes et une forte demande de prétendus collectionneurs, qui ont plus des troubles du comportement qu'autre chose, et se portent acquéreurs à des prix défiant toute concurrence", ajoute le lanceur d'alerte. 

Interrogé par l'Agence France-Presse, l'historien et avocat Serge Klarsfled, qui collabore avec le juriste pour empêcher ces ventes, explique ne pas avoir d'objection à la vente d'objets militaires qui viennent de l'armée régulière allemande. "Mais l'exposition publique, notamment par internet, de symboles nazis tels que l'emblème SS ou la croix gammée, doit être réservée aux musées sérieux", souligne-t-il, ajoutant qu'il y a "malheureusement une fascination pour une période où l'Europe voulait diriger le monde à travers l'Allemagne et qui s'exprime ensuite dans les profanations de cimetières".

"La grande masse des gens qui achètent sont des personnes fascinées par le nazisme et l'achat de ces emblèmes ne peut que les renforcer dans une idéologie qui a été criminelle", met-il en garde.

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