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Autisme : pourquoi des députés LR veulent interdire la psychanalyse

Près de 100 députés, dont Bernard Accoyer, Laurent Wauquiez ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, veulent interdire la psychanalyse dans la prise en charge de l'autisme.

Un enfant autiste avec une éducatrice (illustration)
Un enfant autiste avec une éducatrice (illustration) Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

C'est une proposition de résolution qui provoque l'ire des proches de la psychanalyse. Près de 100 députés, principalement Les Républicains, défendent une proposition qui sera présentée jeudi 8 décembre à l'Assemblée nationale. Dans ce texte, le gouvernement est invité à "condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes" dans la prise en charge de l'autisme. Les soutiens de ce texte jugent en effet la psychanalyse "inefficace". Seuls les thérapies et les programmes éducatifs pour autistes conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) devraient être "autorisés et remboursés", souligne ce texte.

Cette proposition de "résolution", signée de 94 députés, dont Daniel Fasquelle, Laurent Wauquiez, Bernard Debré, Bernard Accoyer et Nathalie Kosciusko-Morizet et Thomas Thevenoud (ex-PS), n'a pas la valeur contraignante d'une loi. Elle s'adresse au gouvernement afin de l'encourager à une meilleure prise en charge des autistes. Les proches du milieu psy dénoncent "une science d'État" et "une attaque inadmissible contre la liberté du médecin". "Cette colère est justifiée car ce serait la première fois que les pouvoirs publics s’immiscent dans l’intimité des choix cliniques des thérapeutes", analyse un professeur de santé publique dans Libération.

Daniel Fasquelle, qui dépose cette proposition, s'appuie sur les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) émises en 2012. La HAS estimait alors que les pratiques psychothérapeutiques n’avaient pas montré "un niveau de preuve suffisant dans la prise en charge de l’autisme". Selon la résolution, le gouvernement doit amener la Fédération française de psychiatrie à reconnaître "sans aucune réserve et officiellement" les recommandations de la HAS afin de "renoncer au packing (enveloppement du patient dans des linges froids et humides), à la psychanalyse et à toutes les approches maltraitantes".

Une proposition "diffamatoire et calomnieuse"

Du côté des "psy", l'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse (réunissant 12 associations) crie au "liberticide", jugeant la proposition déposée par Daniel Fasquelle "diffamatoire et calomnieuse". Cette proposition serait "préjudiciable à la majorité des sujets autistes", affirment ces psychanalystes outrés par les menaces sur le plan économique et pénal. Le collectif des 39 (des professionnels signataires d'un appel visant à restituer leur honneur aux patients) réclame le retrait des recommandations de la HAS et appelle à signer une pétition sur change.org, contre la "science d'État" approuvée notamment par des psychiatres d'enfants. 

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La CIPPA (coordination internationale de psychothérapeutes psychanalystes s'occupant d'autisme) présidée par le pédopsychiatre Bernard Golse estime que la psychanalyse "ne peut être tenue responsable des dérives maltraitantes" et qu'elle représente "un moyen irremplaçable pour atténuer la souffrance psychique" des autistes. L'Union syndicale de la psychiatrie s'élève aussi contre ce projet "funeste". 

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