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Attentats en France : une tragédie qui cache des ressentiments

Si les attentats des derniers jours en France ont traumatisé la France, tout le monde néanmoins "n'est pas Charlie".

La statue de la République à l'heure de la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats, le 11 janvier 2015. (Illustration)
La statue de la République à l'heure de la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats, le 11 janvier 2015. (Illustration)
Crédit : JOEL SAGET / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Non tout le monde "n'est pas Charlie". L'émotion qui a saisi la France traumatisée par trois jours d'horreur, symbolisée par le slogan "Je suis Charlie", cache des ressentiments, certes minoritaires, mais qui battent en brèche l'idée d'une unanimité de la société française face aux attentats.

"Il ne faut pas mettre le couvercle sur la marmite. J'en suis marri, mais une partie, certes marginale, des élèves ont refusé de faire la minute de silence" jeudi en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, confie à un professeur d'un lycée de Clichy, dans la banlieue de Paris.

"Il ne fallait pas les tuer, mais on n'insulte pas le prophète"

Les caricatures de Mahomet publiées en 2012 par l'hebdomadaire satirique avaient provoqué une vague d'indignation dans le monde musulman. Le professeur relate des réactions d'élèves sur le thème "les gens de Charlie Hebdo ne l'ont pas volé", "il ne fallait pas les tuer, mais on n'insulte pas le prophète".

Barbara Lefebvre, professeur d'Histoire Géographie et co-auteur d'un livre sur la montée de l'antisémitisme, du sexisme et du racisme dans les écoles de banlieues ("Les territoires de la République") , relate des incidents du même ordre que lui ont rapporté des collègues.

Certains ont refusé de faire une minute de silence "pour des juifs et des flics", souligne-t-elle. Dans un lycée parisien, des élèves arboraient un badge "Je suis Saïd", du nom d'un des deux frères Kouachi, responsables de la tuerie à Charlie Hebdo. En tout, le ministre de l’Éducation nationale a recensé "certains cas de perturbations de la minute de silence par des élèves (...) dans environ 70 établissements sur 64.000".

"Je suis Kouachi"

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Sur Twitter, en réponse au "Je suis Charlie" qui s'est imposé partout dans le monde comme le signe de la condamnation de l'attentat contre l'hebdomadaire, des appels à diffuser des "Je suis Kouachi" ou "Je suis Coulibaly" (du nom de l'auteur de la prise d'otages sanglante dans un magasin casher de Paris), circulaient depuis vendredi soir sur la toile.

A Besançon, des pétards de feux d'artifice ont été tirés dans un quartier populaire pour fêter l'attentat contre Charlie Hebdo, a rapporté la presse locale.

L'émergence d'une "minorité tyrannique"


Pour Barbara Lefebvre, on assiste à l'émergence d'une "minorité de musulmans, d'une minorité tyrannique qui prend le pouvoir sur les autres. Si on ne la neutralise pas, il ne faut pas s'étonner que la République ne se fasse pas respecter", dit-elle.

Dès mercredi, "Je ne suis pas Charlie" circulait sur le net, principalement de la part de twittos prônant un islam rigoriste. Mais également venant de sympathisants d'extrême droite hostiles à l'hebdomadaire satirique.

Samedi, le président d'honneur du Front national (extrême droite), Jean-Marie Le Pen, a clamé : "Moi, je suis désolé, je ne suis pas Charlie", tout en déplorant "la mort de douze compatriotes" lors de l'attentat contre l'hebdomadaire.

L'hypocrise derrière l'unanimité ?

D'autres dénoncent une forme d'hypocrisie derrière l'unanimité affichée. Dans un billet posté vendredi, Bruno Bertez, homme de presse spécialisé dans l'information financière, montre du doigt "la grande mystification" de l'union nationale. Il rappelle que "dans leur combat" les journalistes de Charlie Hebdo étaient "relativement isolés". "Charlie Hebdo était bien seul quand il était vivant, mais ils sont tous là, maintenant qu'ils sont morts", écrit-il.

Jean Ortiz, universitaire et collaborateur au quotidien communiste L'Humanité, refuse d'aller au rassemblement de dimanche à Paris, où devaient être présents le président François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et de nombreux chefs d’État ou de gouvernement étrangers.

"Que viennent-ils pleurnicher aujourd'hui sur la liberté de la presse alors que Charlie hebdo était sur le point de déposer le bilan", écrit-il, accusant l'exécutif d"'instrumentaliser la douleur et l'émotion".

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