2 min de lecture Attentats à Paris

"On était sur une scène de guerre", raconte le médecin du Bataclan

DOCUMENT RTL - Présent dans la salle de concerts le soir du 13 novembre, il s'est rapidement transformé en chirurgien de guerre face à l'ampleur de la tuerie perpétrée lors du concert des Eagles of Death Metal.

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"On était sur une scène de guerre", raconte le médecin du Bataclan Crédit Image : SIPA | Crédit Média : Arnaud Tousch | Durée : | Date : La page de l'émission
Arnaud Tousch
Arnaud Tousch
et Claire Gaveau

"Je connais le Bataclan comme ma poche". Le médecin du Bataclan était présent dans la salle de concert lors de l'assaut des terroristes le 13 novembre dernier. "J'étais au 1er étage sur ma place réservée de médecin, j'ai mes habitudes, explique-t-il. L'ambiance était très bonne, les gens étaient très excités, ils sautaient partout".

Mais la fête s'est soudainement arrêtée lorsque le bruit des premières rafales a retenti. "On s'est retrouvé dans un autre monde", explique-t-il au micro de RTL à quelques jours du premier anniversaire de ces attaques perpétrées à Paris et à Saint-Denis. "J'avais devant moi deux jeunes filles, je vois toujours leurs têtes quand, aux premières rafales, on s'est regardé. J'ai vu le regard de ces filles, complètement hagard, qui ne comprenaient pas". 

Ce que je voulais, c'était qu'il n'y ait personne qui décède pendant que j'étais là

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S'en suivent de longues minutes de rafales incessantes dans une salle où la musique a cessé de jouer : "J'ai vu le premier tireur qui était dans la foule et qui tirait, avec les gens qui s'allongeaient. Il n'y avait pas un bruit". L'instant de survie prend alors le dessus et il s'acharne à faire sortir le plus de personnes possible de ce Bataclan qu'il connaît par cœur. "On s'est mis à ramper, en rampant mes lunettes sont tombées, ma sacoche je l'avais… Je ne l'ai pas lâchée, je ne sais pas pourquoi. J'ai dit à tous les gars qui étaient à côté de moi, venez, venez, venez", détaille-t-il.

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Et si le soulagement d'être sorti "pratiquement les premiers" de cet enfer est inévitable, la réalité reprend rapidement le dessus alors qu'un "pauvre type" s'est pris une balle sous leurs yeux. L'objectif est simple, se mettre en sécurité alors que 89 personnes sont mortes dans l'enceinte du Bataclan ce soir du 13 novembre : "Après le bâtiment, il y a un petit renfoncement, il y a un immeuble et on a crié 'ouvrez-nous, donnez-vous le code'. On a mis à l'abri dix blessés qu'on a pu traîner autant que possible jusqu'à l'appartement".

J'entends encore les rafales, ça par contre, je pense que je les entendrais tout le temps

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Face à lui, une véritable "scène de guerre" : "Il y avait du sang partout dans les parties communes de cette immeuble, il y avait des traînées de sang. Malheureusement, se prendre une balle de kalachnikov ça fait un trou de trois ou quatre centimètres. Il y en avait un qui avait une balle dans la cuisse, une autre qui avait pris une balle dans le thorax... Ce que je voulais, c'était qu'il n'y ait personne qui décède pendant que j'étais là", explique-t-il. 

Et s'il affirme aujourd'hui vivre cela "relativement bien", certaines scènes resteront à jamais gravées. "Le plus pénible, j'entends encore les rafales, ça par contre, je pense que je les entendrais tout le temps", exprime-t-il. Avant de conclure : "Je n'ai pas de haine, je veux que la vie continue, tout simplement".

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DOCUMENT RTL - Présent dans la salle de concerts le soir du 13 novembre, il s'est rapidement transformé en chirurgien de guerre face à l'ampleur de la tuerie perpétrée lors du concert des Eagles of Death Metal.
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2016-11-08 21:27:00
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