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"Je n'ai toujours pas de haine", raconte un rescapé de La Bonne Bière

TÉMOIGNAGE - Claude-Emmanuel Triomphe était installé en salle quand les terroristes ont surgi. Grièvement blessé, il évoque sa vie d'après.

Une banderole "Je suis en terrasse" sur la devanture du bar La Bonne Bière, le 6 décembre 2015
Une banderole "Je suis en terrasse" sur la devanture du bar La Bonne Bière, le 6 décembre 2015
Crédit : SIPA
"Je n'ai toujours pas de haine", raconte un rescapé de La Bonne Bière
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Attentats de Paris : "Je n'ai toujours pas de haine", raconte un rescapé de La Bonne Bière
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Odile Pouget & Loïc Farge

En décembre dernier, un mois tout juste après les attentats, nous avions rencontré Claude-Emmanuel Triomphe à l'hôpital Saint-Antoine, dans le service de chirurgie orthopédique. Alors qu'il était attablé à l'intérieur du café La Bonne Bière, il avait été touché par une rafale de kalachnikov, au pied, à la jambe, à la hanche et au bras. Il était resté totalement immobilisé durant un mois, avant d'entamer dix semaines de rééducation éprouvante à l'hôpital militaire Percy de Clamart.

Un an après, c'est dans son nouveau bureau, au ministère de la Jeunesse et des Sports, qu'il nous reçoit. Cet  expert en organisation du travail a abandonné sa vie professionnelle d'avant. Il s'occupe désormais du service civique pour les jeunes. Il boîte légèrement, mais se déplace sans béquille. Ses yeux bleus pétillent derrière ses fines lunettes lorsqu'il évoque sa "deuxième vie".

Besoin momentané de s'isoler

"Je vais bien. Physiquement j'ai beaucoup récupéré, je monte mes quatre étages sans ascenseur pour monter chez moi", témoigne Claude-Emmanuel Triomphe. "Une vie sans difficulté majeure, même s'il y a des séquelles", raconte celui dont le pied est "plus qu'à moitié paralysé et en partie insensible". Il l'affirme : "Je ne suis pas au trente-sixième dessous. Je me suis demandé si j'allais pouvoir remarcher un jour".

"Dans ma tête aussi aussi ça va bien", rassure-t-il. Les premiers mois qui ont suivi l'attaque ont été compliqués pour lui. "Je savais ce qu'avoir mal signifiait, mais je ne savais pas ce que c'était que souffrir (...) jour après jour", poursuit Claude-Emmanuel Triomphe. Il concède : "Je ne m'attendais pas à être aussi fatigué".

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Vers la fin mai, Claude-Emmanuel Triomphe a ressenti le besoin d'être seul. Il est parti dans la Drôme, où ses parents ont une maison. "Je vivais à mon rythme, je lisais, je glandais", raconte-t-il. "Je me préparais à bouffer. Bien bouffer a toujours été important pour moi", poursuit-il.

"Quel gâchis !"

"Quand je suis revenu à Paris, j'ai eu tout d'un coup l'impression qu'on m'avait rétabli l'électricité", dit Claude-Emmanuel Triomphe, qui explique qu'au même moment on lui a fait "un tas de propositions". Son nouveau job ? "Je me suis dit : tu as une nouvelle vie, essaie de faire quelque chose non seulement d'utile à la société, mais qui était plus en lien avec ce que j'avais vécu".

Il ne se rendra pas aux commémorations du 13 novembre. "Ce n'est pas que je ne me sens pas du tout en empathie avec les autres victimes", assure-t-il. Il y a un an, il disait qu'il n'avait "pas de haine" envers les auteurs de ces attaques. "Je suis plus que jamais dans cet état d'esprit", lance Claude-Emmanuel Triomphe. "Entre-temps j'ai essayé d'avoir de la haine (...) mais c'est impossible", dit celui qui dit avoir "plutôt de la peine pour ces individus, dont la plupart sont morts. Quel gâchis !" pardonne-t-il pour autant ? "Ça c'est une autre question".

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