2 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : "Si j'avais su, je l'aurais tué avant", assure le père du troisième kamikaze du Bataclan

Le dernier kamikaze identifié du Bataclan, un Strasbourgeois de 23 ans, était parti en Syrie en 2013. Son père n'aurait jamais imaginé "qu'il reviendrait pour faire ça".

Le 3e terroriste du Bataclan, Fouad Mohamed-Aggad, était un jeune de 23 ans originaire de Strasbourg, était parti en Syrie en 2013 en compagnie de son frère et d'un groupe d'amis.
Le 3e terroriste du Bataclan, Fouad Mohamed-Aggad, était un jeune de 23 ans originaire de Strasbourg, était parti en Syrie en 2013 en compagnie de son frère et d'un groupe d'amis. Crédit : HO / OFF / AFP
Marine Cluet et AFP

Près d'un mois après les attentats de Paris, le troisième kamikaze de l'attaque du Bataclan a finalement été identifié a confirmé ce mercredi 9 décembre une source policière. Il s'agit de Foued Mohamed-Abbag, un Strasbourgeois de 23 ans qui était parti en Syrie en 2013 pour combattre dans les rangs jihadistes. S'il savait son fils radicalisé, son père n'en revient pas qu'il ait été mêlé à tout ça. 

"Dans les vapes" depuis qu'il a appris dans les médias l'implication de son fils dans les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, dont 90 au Bataclan, Saïd Mohamed-Abbag s'est confié au Parisien. "Il nous avait menti, faisant croire qu'il partait en vacances, pour se rendre en fait en Syrie il y a deux ans. Depuis 2013, je n'en dormais plus", explique-t-il. Il imaginait que son cadet "mourrait en Syrie ou en Irak, pas qu'il reviendrait pour faire ça".

Resté en Syrie

Le jeune homme était parti avec son frère et un groupe d'amis du quartier sensible de la Meinau de Strasbourg et bien connu de la justice française. Deux d'entre eux, sont morts sur place dans les rangs de Daesh, qui a revendiqué les attaques de Paris. Sept autres sont rentrés en France de manière échelonnée à partir de février 2014, avant d'être interpellés en mai de la même année à Strasbourg. Seul Foued Mohamed-Aggad était resté sur place. Son frère est actuellement incarcéré à Strasbourg.

Les dernières nouvelles qu'il avait donné à son père remontaient à "quatre ou cinq mois, via Skype" assure ce dernier selon qui l'échange fut très sommaire. "Comme d'habitude, il ne disait rien de son quotidien (...) parlait souvent du jihad". "Ce n'était plus lui, c'était une autre personne avec qui je parlais. Quelqu'un à qui on avait lavé le cerveau" déplore-t-il. 

Si j'avais su qu'il commettrait un jour une chose comme ça, je l'aurais tué avant.

Saïd Mohamed-Abbag, père du troisième kamikaze du Bataclan
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Saïd Mohamed-Abbag ne comprend pas ce qui a pu se passer. Né et élevé en France, le jeune homme, qui vivait avec sa mère, était "un enfant calme" assure son père. En 2013, des premiers signes de sa radicalisation étaient apparus. Comme son frère, il se laissait pousser la barbe et s'était mis à faire sa prière. "Mais de là à imaginer ce qui se passerait ensuite... Franchement, on a rien compris à tout ça, rien vu venir."

Il s'attendait à apprendre sa mort d'un moment à l'autre, mais pas dans ces conditions. "Chaque fois, je m'attendais à ce que l'on m'annonce sa mort, dans un bombardement, ou pour une autre raison. J'aurais préféré qu'il meurt là-bas, plutôt qu'ici". Visiblement très ému, il s'interroge : "Quel être humain peut faire ce qu'il a fait ? Si j'avais su qu'il commettrait un jour une chose comme ça, je l'aurais tué avant."

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