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Attentat en Isère : la décapitation, arme psychologique des islamistes

Encore pratiqué vendredi 26 juin lors de l'attaque terroriste à Saint-Quentin-Fallavier, cet acte de barbarie est souvent l'objet de mises en scène macabres faites par les bourreaux du groupe État islamique.

Le Britannique surnommé "Jihadi John" dans une vidéo de l'État islamique (archives).
Le Britannique surnommé "Jihadi John" dans une vidéo de l'État islamique (archives).
Crédit : HO / SITE Intelligence Group / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Plantées sur des pics au vu des populations, comme vendredi 26 juin sur les grilles d'une usine en Isère, les têtes des victimes des islamistes sont exhibées comme des trophées de guerre par les membres du groupe Etat islamique.

Un geste "d'animalisation"

La décapitation est pratiquée par les groupes affiliées à Al-Qaïda en Irak, qui fut le précurseur de l'EI sous la houlette d'Abou Moussab al-Zarqaoui. Le premier occidental à subir ce supplice fut le journaliste américain Daniel Pearl, égorgé puis décapité au Pakistan en février 2002. La décapitation avait décliné après la mort d'al-Zarqaoui en 2006, mais est revenue en force avec l'émergence de l'EI et la création d'un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak.

C'est dans la tête que réside l'humanité"

Michel Porret

Pour l'historien Michel Porret, "la décapitation est un geste de déshumanisation et plus encore d'animalisation. C'est dans la tête que réside l'humanité", explique le professeur à l'Université de Genève. Ces actes visent à "fouler aux pieds l'un des fondements de notre société que sont les droits de l'homme", ajoute ce spécialiste de la peine de mort après l'attentat commis vendredi 26 juin sur un site industriel de l'Isère où une tête décapitée a été retrouvée.

Terroriser sur le terrain, marquer les esprits ailleurs

Rita Katz, directrice de SITE, un mouvement d'observation du terrorisme, expliquait en septembre 2014 que le but de la décapitation et de sa diffusion en vidéo était de "recruter une petite minorité de musulmans radicalisés impressionnés par cette violence", qu'ils interprètent comme "une sorte de victoire". Souvent mise en scène par le biais de tournages vidéo, c'est une arme psychologique destinée aux ennemis de l'extérieur et de l'intérieur qui permet de soumettre par la terreur des populations de zones en guerre.

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Cependant, les dignitaires religieux musulmans affirment qu'il n'y a pas de crime pour lequel la religion prescrit la décapitation, mais cette pratique fut répandue par les musulmans et non musulmans durant les guerres à l'époque de Mahomet et après. De la Rome antique à la guerre civile algérienne, en passant par la Révolution française ou le Japon de la Deuxième Guerre mondiale, la décapitation fut souvent utilisée comme sentence de mort dans de nombreux pays mais n'était pas spécifique aux pays islamiques. Ce type de supplice, abandonné par la plupart des pays islamiques, demeure en Arabie saoudite, provoquant les critiques des associations de défense des droits de l'Homme.

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