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Ardennes : un cas de grippe aviaire détecté, les volailles confinées dans les zones sensibles

Des mesures de prévention ont également été mises en place dès vendredi 10 septembre pour éviter toute nouvelle flambée de la grippe H5N8 dans le pays.

Un cas de grippe aviaire a été détecté dans les Ardennes (image d'illustration).
Un cas de grippe aviaire a été détecté dans les Ardennes (image d'illustration).
Crédit : IROZ GAIZKA / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

"Ce cas ne remet pas en cause le statut recouvré par la France le 2 septembre de +pays indemne d'influenza+", a-t-on souligné au ministère de l'Agriculture. Un cas de grippe aviaire a été détecté dans une basse-cour des Ardennes, entraînant immédiatement le relèvement du niveau de risque en France à "modéré" et le confinement des volailles dans les zones sensibles dès vendredi 10 septembre.

À peine une semaine après l'annonce officielle de la fin de l'influenza qui avait conduit à l'abattage de plus de 3,5 millions de volailles l'hiver dernier, un nouveau cas détecté non loin de la frontière belge sonne l'alerte générale chez les éleveurs français. Confirmé jeudi, il a été détecté chez un particulier dont les volailles ne sont pas commercialisées. Tous ces animaux ont été euthanasiés.

Depuis début septembre, deux cas de H5N8 ont été déclarés en Belgique, chez un négociant d'oiseaux d'ornement et chez un particulier. Le Luxembourg a également confirmé mercredi un cas chez un particulier, en lien direct avec les ventes effectuées par le négociant belge, selon un communiqué de l'agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Le danger est là. Et l'élévation du niveau de risque en France, de "négligeable" à "modéré", sur "l'ensemble du territoire métropolitain", entre en vigueur "immédiatement", selon l'arrêté publié vendredi au Journal officiel.

De mesures pour contenir toute nouvelle flambée

Des mesures de prévention sont rendues obligatoires dans les communes situées dans des zones dites à risque particulier (ZRP), c'est-à-dire abritant des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs - essentiellement les couloirs de migration des volatiles. Parmi celles-ci, la mise à l'abri des volailles dans les exploitations (et non plus en plein air), l'interdiction de rassemblement d'oiseaux (pour les concours), ou la vaccination obligatoire dans les parcs zoologiques pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

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Ces mesures sont destinées à contenir toute nouvelle flambée, après une année désastreuse pour les éleveurs de canards. Entre novembre et mai, la France avait recensé près de 500 foyers d'influenza aviaire dans des élevages de volailles, principalement dans le Sud-Ouest réputé pour sa production de foie gras.

"Pas d'affolement. C'est une mesure d'extrême prudence et de précaution. C'est tôt, mais cela permet de mieux se préparer", a déclaré à l'Agence France-Presse Éric Dumas, président du Cifog, l'interprofession des palmipèdes à foie gras. "Notre ADN, c'est le plein air", rappelle-t-il, tout en convenant que la mise à l'abri est nécessaire. "Personne ne veut revivre ce qu'on a subi cette année". Éleveur dans les Landes, département qui a concentré avec le Gers et les Pyrénées-Atlantiques 95% des foyers d'influenza hautement pathogène cet hiver, Éric Dumas fait partie des producteurs qui doivent confiner dès à présent.

"Il y aura du foie gras à Noël"

"On sait qu'on n'aura plus de dérogation dans les petits élevages pour laisser les canards dehors", a souligné pour sa part Florian Boucherie, président de la commission circuits courts du Cifog, qui élève, gave et transforme ses oies et canards sur son exploitation du Périgord noir. "On se dit que si on joue tous le jeu, le futur sera plus vert", a-t-il ajouté.

Le risque est énorme pour la France, de loin numéro un mondial, avec des ventes annuelles estimées à 2 milliards d'euros, pour une production d'environ 30 millions de tonnes de foie gras de canard. Un chiffre tombé à 21 millions de tonnes cette année.

Le ministère a précisé que toutes les mesures engagées vendredi seraient "accompagnées d'une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux)". Si une nouvelle épizootie se développait, entraînant la perte du statut indemne, cela impliquerait la fermeture automatique de certains marchés, comme la Chine et la Corée du Sud.

En attendant, Éric Dumas se veut rassurant : "On veut montrer qu'on rebondit, on sera présent" dans les rayons en fin d'année, "il y aura du foie gras à Noël".

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