3 min de lecture Société

Après "120 battements par minute", les réunions d'Act Up font salle comble

INTERVIEWS - Deux semaines après la sortie du film "120 battements par minute", la fréquentation des réunions d'Act Up-Paris a été multipliée par cinq.

"120 battements par minute", réalisé par Robin Campillo
"120 battements par minute", réalisé par Robin Campillo Crédit : Memento Films Distribution / Céline Nieszawer
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Une salle de classe aux bancs remplis de militants, plus ou moins attentifs. L'image est tirée du film 120 battements par minute, réalisé par Robin Campillo en salles depuis mercredi 23 août. Primé à Cannes, ce long-métrage retrace l'historique du combat de l'association Act Up contre le sida, et pour la défense des droits des personnes séropositives.

"Une aubaine", reconnaît Rémy Hamet, joint par RTL.fr. Militant à Act Up et responsable de commission depuis deux ans, il note immédiatement un "effet 120 battements par minutes" sur la fréquentation des réunions de l'association.

"On a des gens qui se présentent à l’association en grand nombre et qui sont motivés”, se réjouit-il. Selon lui, sans être directement la cause d'un soudain esprit militant, le film a très certainement été le "déclencheur" de l'engagement de ces nouveaux venus. 

Une salle de réunion trop étroite

"À la dernière réunion hebdomadaire on était 45, dont 35 nouveaux !" Joint également par RTL.fr, Christophe Matthias note une réelle différence depuis la sortie de 120 battements par minute. Après deux semaines en salles et plusieurs mois de communication autour du film, la fréquentation des réunions nocturnes de l'association a été multipliée par cinq.

Si bien qu'il a fallu changer de salle lors de la dernière réunion et trouver un autre local. "On était trop serrés", sourit-il. 

"Les nouveaux sont tous venus ou revenus parce que le film est là.”

Christophe Matthias, militant Act Up Paris
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Ce militant de longue date cumule huit ans d'engagement à Act Up, il est aujourd'hui à la tête de la commission "Vivre Avec" qui s'occupe des droits sociaux et de l'accès au soin pour les personnes malades du sida. "Les nouveaux sont tous venus ou revenus parce que le film est là. Parce que le combat n’est pas fini", souligne le militant.

Car parmi les nouvelles recrues se trouvent des jeunes, "d'une vingtaine d'années", précise Rémy Hamet, mais également des anciens. "Il y a aussi des militants des années 90, 93, 95 qui reviennent et connaissent déjà très bien la question".

Des nouvelles recrues motivées et disciplinées

Faux sang déversé sur les trottoirs, obélisque de la Concorde recouverte d'un préservatif géant... Les actions d'Act Up-Paris marquent les esprits depuis plus de trente ans. Une opportunité saisie par les nouveaux venus. “Ils sont très motivés, tout de suite ils ont envie de se mettre sur les sujets et de voir quelles réponses ils peuvent apporter”, explique Rémy Hamet.

"5-6 d'entre eux se sont par exemple portés volontaires pour enquêter sur les pharmacies parisiennes qui ne distribuent pas de seringues à usage unique pour les toxicomanes", renchérit Christophe Matthias. 

Un engouement qui n'empêche pas le respect des règles spécifiques lors des débats, qui comme le montre le film, sont très codifiées pendant les réunions. "Les nouveaux sont très disciplinés, surtout en ce qui concerne les claquements de doigts (ndlr : pour manifester son soutien à la personne qui prend la parole lors d'une réunion). Ils ne sont pas timides, intervenants, à propos et constructifs." Un nouvel élan qu'il faut désormais faire perdurer. 

"Les médias ont généralement beaucoup trop parlé du film et de notre combat au passé, ils n'ont pas du tout parlé de la lutte aujourd'hui", déplore Rémy Hatet. À 23 ans, il souhaite sensibiliser le public au travail de militant qu'il fournit presque à temps plein. Parce qu'après 30 ans d'existence et un film, Act Up doit encore se battre pour que l'on puisse un jour en finir avec le sida.

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