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Contraception : le stérilet séduit, malgré les réticences des médecins

ÉCLAIRAGE - L'utilisation du stérilet est en hausse après les révélations sur les dangers des pilules contraceptives. Cependant, les gynécologues sont réticents quant à sa prescription.

Photo prise le 14 juillet 2001 dans un cabinet médical à Arcueil présentant une malette contenant différents contraceptifs féminins, parmi lesquels un stérilet (à gauche).
Photo prise le 14 juillet 2001 dans un cabinet médical à Arcueil présentant une malette contenant différents contraceptifs féminins, parmi lesquels un stérilet (à gauche).
Crédit : AFP / DIDIER PALLAGES
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Les ventes de stérilet ont augmenté de 47% en 2013. Ce moyen de contraception profite de la polémique autour des . Il y a un an, l'Agence française du médicament (ANSM) envoyait à l'ensemble des médecins une sévère "mise en garde" en ce qui concerne la prescription de ce mode de contraception.
 
Très populaire dans certains pays, le stérilet n'était jusqu'à présent utilisé que par 20% de la population féminine française en âge de procréer, selon une enquête Inserm effectuée en 2010.

Un moyen de contraception sans hormone

À noter qu'il existe deux types de stérilets : un avec hormones et un sans hormones, en cuivre. C'est justement, ce dernier qui provoque un engouement auprès des patientes. "Le stérilet doit être posé par un médecin ou une sage-femme, qui contrôle immédiatement que la pose a été correctement effectuée. Le stérilet est efficace pendant cinq ans et un contrôle doit être fait tous les ans", explique Lauren, étudiante sage-femme.
 
Cependant, en France, les gynécologues rechignent à le prescrire à des femmes n'ayant jamais accouché. La Haute Autorité de Santé concédait d'ailleurs, dans un "état des lieux des pratiques contraceptives et des freins à l'accès et au choix d'une contraception adaptée", publié en 2013, que certaines "représentations socioculturelles [notamment sur la sexualité des femmes] ont un impact sur l’identification a priori des besoins contraceptifs des femmes et des hommes par les professionnels de santé". Un phénomène qui pourrait s'expliquer, entre autres, par le fait que "les médecins qui exercent aujourd'hui ont commencé leur carrière avec la pilule, qui est considérée comme une révolution. Il peut donc être dur de s'en détacher", estime Lauren.

"Ils ont principalement peur d'avoir recours à ce type de contraception car ils ne sont pas forcément équipés pour poser un stérilet. Cela se fait 'à l'aveugle'", ajoute-t-elle.

Un risque d'infection pour les femmes sans enfant

Un gynécologue se base principalement sur deux critères lors de la prescription d'un moyen de contraception : l'âge et l'activité sexuelle. Le stérilet est le plus souvent prescrit pour les femmes ayant déjà eu des enfants. Les risques d'infections peuvent augmenter pour les femmes n'ayant pas eu d'enfant, "mais le lien entre l'infection et la pose du stérilet n'a pas été avéré", nuance l'étudiante sage-femme.

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Si ce risque est souvent évoqué pour ce type de patientes, "c'est parce qu'elles sont plus à risque de multiplier les partenaires, ce qui peut entraîner un risque d'infection".

Le risque de grossesse sous stérilet est inférieur à 1%, explique le site de la Haute autorité de la santé (HAS). Quant à la pilule, ce risque est de 0,6%. En comparant, le risque de grossesse est plus élevé avec un stérilet. Mais pour Lauren, cela s'équilibre puisque avec la pilule, "il y a des risques d'oublis importants qui peuvent altérer son efficacité, tandis que le stérilet est posé pour cinq années".

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