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Européennes : ce que proposent les populistes en matière économique

Ce week-end, les partis européens d'extrême-droite se réunissaient à Milan, sous l'égide du ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini. Qu'ont-ils à proposer en matière d'économie ? Qu'est-ce que le populisme économique ?

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Le populisme, c'est "plus d'État, plus de frontières et moins de marché", décrypte François Lenglet Crédit Image : AFP / TIZIANA FABI | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Leia Hoarau

Il y a différentes espèces de populistes, selon les pays et les continents, car leur poussée en Europe n'est qu'une partie d'une vague mondiale. Mais il y a des traits communs entre ces partis nationalistes. Le premier, peut-être le plus important, c'est leur souhait de rétablir les frontières nationales. Des frontières nationales pour le commerce, par exemple, avec les taxes que Donald Trump impose sur les produits venant de Chine. 

Les populistes détestent le libre-échange, y voyant non sans raison une source de concurrence parfois déstabilisatrice pour les entreprises nationales. En Europe, pas question de rétablir les frontières commerciales, puisqu'il y a un grand marché. Aussi, Viktor Orban en Hongrie, ou Matteo Salvini en Italie, se concentrent sur la protection contre l'immigration. 

Est-ce du protectionnisme ? Tout à fait. Associé à cela, les leaders de ces partis contestent tous les organismes internationaux : l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Commission européenne, qui sont vues comme des structures technocratiques limitant le pouvoir politique. Ils ne croient pas au multilatéralisme, et ne veulent que des relations d'État à État, ce qu'ils appellent la souveraineté.

Le populisme cherche à réhabiliter l'État dans l'économie

On les entend souvent critiquer la finance et les financiers, avec parfois un arrière-plan antisémite, comme en Hongrie où le financier George Soros, lui-même d'origine hongroise et juif, est désigné comme l'ennemi national, sur des affiches. Mais là encore, il y a des différences. 

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Trump lui, est plutôt en train de déréguler la finance, au risque de provoquer une catastrophe. Ce qui est vrai, c'est que les populistes n'aiment pas le tout marché, et surtout pas le marché international, car ils y voient une source d'asservissement. Ils veulent réhabiliter l'État dans l'économie. 

En Europe de l'Est, ce retour vers l'État est alimenté par les excès que ces pays ont connus après la chute du mur, lorsqu'on a privatisé à tout-va et qu'une oligarchie s'est emparée de l'appareil productif. Idem en matière monétaire, où l'indépendance des banques centrales est contestée, au profit de l'État qui, disent ces dirigeants politiques, doit garder le contrôle de la monnaie. Plus d'État, plus de frontières, et moins de marché, c'est la meilleure définition du populisme.

Quid en matière sociale ?

En Europe, les populistes veulent développer les allocations, comme en Italie, sans jamais préciser le financement. Un peu comme le programme du Front National, très nourri sur ce point, mais pas plus convaincant que ses homologues lorsqu'il faut expliquer où trouver l'argent. D'où leur tentation de mettre la main sur les coffres des banques centrales. 

En Europe orientale, les aides sociales se concentrent sur les familles, avec une visée nataliste. En Hongrie, les femmes de plus de quatre enfants sont exonérées d'impôt sur le revenu à vie.

Ces populistes ont-ils des résultats ?

Trump a des résultats, c'est incontestable. Mais premièrement, il bénéficiait d'une dynamique de croissance favorable en arrivant, et deuxièmement, il finance ses baisses d'impôt avec de la dette. En clair, il vide le garde-manger. 

En Europe de l'Est, la situation est éblouissante. Ces pays ont eu une croissance moyenne de 3,7% l'année dernière, avec un chômage de 3,8% seulement. Mais là encore, il y a le rattrapage économique de ces pays émergents et l'afflux massif d'investissement industriel allemand. 

Quant à l’Italie, la situation était désastreuse avant Salvini, elle le reste avec lui. Ce sera croissance zéro en 2019, avec un gros déficit qui menace. En clair, les populistes ne font pas de miracles.

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