3 min de lecture Égalité hommes-femmes

De Rugy président de l'Assemblée nationale : les féministes réagissent

ÉCLAIRAGE - Elles sont 224 femmes à siéger à l'Assemblée nationale. Un taux record d'élues pour un hémicycle présidés par... les hommes.

François de Rugy a été élu président de l'Assemblée nationale, ce mardi 27 juin
François de Rugy a été élu président de l'Assemblée nationale, ce mardi 27 juin Crédit : PDN/SIPA
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Ils sont huit hommes à diriger l'Assemblée nationale. Mardi 27 juin, les députés élus lors des élections législatives ont fait leur rentrée dans l'hémicycle français avec, au programme, l'élection de la présidence de cette institution française. 

Cinq députés se sont portés candidats à la présidence de l'Assemblée national : Laurence Dumont, Caroline Fiat, Laure de La Raudière, François de Rugy et, enfin, Jean-Charles Taugourdeau.

Après deux heures de procédure, les résultats sont tombés aux alentours de 17 heures : François de Rugy, ancien candidat de la primaire de la gauche, écologiste marchant désormais dans les rangs du parti d'Emmanuel Macron, a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés avec 353 voix sur 543.

À lire aussi
Marlène Schiappa dans son bureau du secrétariat d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, le 18 janvier 2018 à Paris Marlène Schiappa
Marlène Schiappa : son portrait publié dans le prestigieux "New Yorker"

Jean-Charles Taugourdeau se place en deuxième position (94 voix), suivi de très loin par les trois députées à avoir tenté leur chance pour le poste de présidente de l'Assemblée nationale : Laurence Dumont, Caroline Fiat et Laure de La Raudière qui obtiennent chacune moins de 35 voix. 

8 postes à responsabilité attribués à des hommes

Malgré un taux record de femmes élues le 18 juin dernier, et l'appel de nombreux élus et associations féministes à faire élire une femme au "perchoir", l'Assemblée nationale n'en reste pas moins une institution de pouvoir à 100% masculine. 

Le cru 2017 de l'Assemblée reste en majorité tenu par des hommes. Sur 8 postes à responsabilité (la présidence et les chefs de groupe), 8 ont été attribués à des députés. Soit, après un rapide calcul, une représentation des femmes qui s'élève à 0%. 

Sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent sur la promesse rompue de La République en Marche de nommer une femme à cette fonction.

Brigitte Bourguignond'abord pressentie pour le poste a "félicité François de Rugy" avant de confier être "déçue pour les femmes", jugeant également au micro de LCP que "nous avons peut-être raté un moment important  parce que, symboliquement, il y a des moments qui comptent dans la République, et ici on est sous les ors de la République, et ce sont des moments qui comptent symboliquement".

"Un pas en avant ; deux pas en arrière"

"Nous regrettons de constater le manque de volonté politique de féminiser les plus hauts postes de l’État français. Dans l’ordre de préséance de la République française (...) la première femme de cet ordre est douzième et c’est la nouvelle Garde des Sceaux, Nicole Belloubet", s'indigne l'association Politiqu'Elles dans un communiqué publié dès l'annonce du résultat.

Le groupe d'action féministe "La Barbe" a quant à lui réagi avec humour (noir) en félicitant sur Twitter l'Assemblée nationale pour n'avoir nommé que des hommes aux postes à responsabilité, et s'est dit prêt à "envoyer 224 barbes aux députées pour une action perchoir".  

Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme contactée par Girls, a salué la féminisation de l'Assemblée nationale avant de tempérer : "Elle concentre tous les pouvoirs aux hommes ; c'est un pas en avant et deux pas en arrière", souffle-t-elle au téléphone.

Et d'ajouter : "C'est affligeant notamment concernant les réactions des gens disant qu'Emmanuel Macron n'avait pas vraiment promis (un ministère des Droits des femmes, une femme Premier ministre ou une femme présidente à l'Assemblée, ndlr.). Quand tu es président de la République, tu fais en sorte de mettre les choses en ordre de marche", explique ensuite Raphaëlle Rémy-Leleu avant de s'indigner contre les arguments entendus ici et là pour expliquer le choix de François de Rugy.

"C'est faux de dire que si les femmes n'accèdent pas à ces postes c'est parce qu'elles n'ont pas les compétences. François de Rugy n'a pas été choisi pour ses compétences mais bien parce qu'il est un homme. Mettre en avant une femme à la présidence de l'Assemblée, ce n'aurait pas été un symbole mais donner aux femmes un accès au pouvoir". Mais ça, les députés de l’hémicycle ne semblent pas encore prêt à l'accorder.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Égalité hommes-femmes Assemblée nationale Politique
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7789133646
De Rugy président de l'Assemblée nationale : les féministes réagissent
De Rugy président de l'Assemblée nationale : les féministes réagissent
ÉCLAIRAGE - Elles sont 224 femmes à siéger à l'Assemblée nationale. Un taux record d'élues pour un hémicycle présidés par... les hommes.
http://www.rtl.fr/girls/identites/de-rugy-president-de-l-assemblee-nationale-les-feministes-reagissent-7789133646
2017-06-27 17:45:00
http://media.rtl.fr/cache/ayaTXf8uJEQ_V6PjfoOf5g/330v220-2/online/image/2017/0627/7789133717_francois-de-rugy-a-ete-elu-president-de-l-assemblee-nationale-ce-mardi-27-juin.jpg