3 min de lecture Société

#3novembre11h44, le "mouvement pour l'égalité salariale" de Rebecca Amsellem

INTERVIEW - Le 3 novembre 2017, à 11h44, les femmes cesseront d'être payées pour leur travail. Une donnée qui ne passera pas inaperçue grâce à Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter "Les Glorieuses".

Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe "Les Glorieuses"
Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe "Les Glorieuses" Crédit : Arièle Bonte pour RTL Girls
ArièleBonte
Arièle Bonte

C'est le genre d'événement auquel on aimerait ne plus assister années après années. Le 3 novembre 2017, à 11h44 (et 9 secondes), les femmes arrêteront d'être payées pour leur travail. C'est cinq jours plus tôt que l'année dernière, où la date et l'heure étaient fixées le 7 novembre à 16h34 (et 7 secondes) précisément.

Ces données ont été publiées en 2017 par Eurostat, l'organisme statistique évaluant l'Union européenne. Elles font état d'un écart de salaires entre les femmes et les hommes de 15,8% pour l'année 2015. La dernière étude de l'organisme, moins pessimiste, se basait sur des données de 2010. 

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Face à ce recul de l'égalité salariale en France, Rebecca Amsellem, derrière la newsletter féministe Les Glorieuses, n'a eu d'autres choix que de réitérer son action de 2016 : un appel à la mobilisation sur les réseaux sociaux et "dans la vraie vie" pour faire bouger les lignes au sein des entreprises et inciter le gouvernement français à s'emparer de ces questions avec plus de fermeté. 

La prise de conscience n'est pas suffisante, il faut de vraies actions

Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter "Les Glorieuses"
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Girls : Cette année, les inégalités salariales se manifestent 5 jours plus tôt par rapport à l'année dernière (pour des chiffres datant de 2015 et de 2010). En tant que militante, comment as-tu réagi face à cette nouvelle ?
Rebecca Amsellem : Même si Les Glorieuses n'existaient pas encore à cette époque, d'autres organisations travaillaient sur cette thématique. Avec ces chiffres, on se rend compte que la prise de conscience qui a pu être effectuée n'est pas suffisante. Il faut de vraies actions. Les lois déjà existantes ne sont par exemple pas incitatives à embaucher plus de femmes. Dans certaines entreprises, on préfère payer des amendes plutôt que de payer des femmes ! Rien n'a été fait au niveau des politiques publiques et le "name and shame" de Marlène Schiappa (secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, NDLR.) ne fait pas des révolutions ! Il faut des actions beaucoup plus fortes comme en Norvège, en Suède ou encore en Islande.

Tout comme l'année dernière, tu lances une campagne de communication qui encourage les gens à prendre la parole sur les réseaux sociaux. Mais comment transformer ce mouvement en action concrète ?
C'est la grande question. Ce que j’avais imaginé en créant cette action c'est un hashtag pour donner naissance à de vraies discussions au niveau des entreprises. Depuis le mouvement l'année dernière, on a reçu plein de mails de personnes nous disant qu'elles ont organisé des réunions avec leurs collègues, par exemple. L'idée c'est de se dire que chacun et chacune peut entreprendre quelque choses à son échelle : ce n'est pas qu'un privilège de président de la République ! Au niveau des salariées par exemple : elles peuvent ne serait-ce que demander à leurs collègues combien ils gagnent, ou encore demander une transparence des salaires au sein de l'entreprise.

Tu proposes également de signer une pétition, dans quel but ?
L'objectif c'est de dire aux gens qu'elles ou ils peuvent s’investir sur cette question sans pour autant avoir à sortir dans les rues. On ne demande pas à chaque personne de faire la révolution mais on peut créer un mouvement extrêmement large, réuni sous la même valeur : celle de l’égalité. De cette manière, on peut faire en sorte que Marlène Schiappa s'investisse plus. D'autant plus qu'on ne lui demande pas d'être extrêmement inventive mais de reprendre des mesures qui fonctionnent dans d'autres pays comme en Islande avec son certificat égalité salariale en entreprise, en Norvège avec la transparence des salaires en entreprise ou en Suède avec un congé parental équivalent. Sans ces trois mesures là, on ne va pas y arriver, c'est un trio indispensable !

On l’a vu avec #MeToo, il est possible de mobiliser à la fois les gens en ligne et sur le terrain, est-ce que tu penses que cette année, la mobilisation, du fait de l’actualité, sera plus importante que l’année dernière ? 
Ici ce n'est pas la même mobilisation. Les organisations locales s'occupent des rassemblements, comme à Toulouse par exemple. L'idée principale c'est qu'il y ait une mobilisation à l'intérieure des entreprises. On ne peut pas demander à toutes les femmes de manifester tous les jours quand elles ont un travail, des enfants, une vie. 

Pour télécharger les éléments visuels de la campagne #3novembre11h44 et participer au mouvement, rendez-vous sur le site des Glorieuses.

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INTERVIEW - Le 3 novembre 2017, à 11h44, les femmes cesseront d'être payées pour leur travail. Une donnée qui ne passera pas inaperçue grâce à Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter "Les Glorieuses".
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2017-10-31 07:08:00
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