5 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : qui pourrait remplacer François Fillon ?

ÉCLAIRAGE - Le candidat a affirmé qu'il serait candidat jusqu'au bout. Des noms circulent toutefois déjà pour le remplacer.

François Baroin, Alain Juppé, Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy
François Baroin, Alain Juppé, Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy Crédit : AFP/ MATTHIEU CUGNOT/ SIPA/ MATTHIEU ALEXANDRE/ MARTIN BUREAU
Léa Stassinet
Léa Stassinet

Affaibli mais pas à terre. François Fillon l'affirme, il ira "jusqu'au bout". Mercredi 1er février, en visite au Salon des entrepreneurs, le vainqueur de la primaire de la droite, empêtré dans une affaire de soupçons d'emplois fictifs, ajoutait : "Je ne vais pas vous dire que je passe un moment agréable. Mais quand on choisit d'être candidat à l'élection présidentielle, on ne vient pas se plaindre de la violence des attaques, on les accepte et on les affronte. Je vais les affronter jusqu'au bout." Mais ces déclarations n'ont pas pu empêcher certains membres de son parti d'évoquer publiquement son retrait.

C'est le député Georges Fenech qui a brisé le tabou en premier. "Nous ne pouvons pas continuer avec un candidat en extrême difficulté", a-t-il estimé le 1er février. D'autres voix se sont élevées depuis, comme celles des élus sarkozystes Renaud Muselier et Sébastien Huygue. Le premier a notamment expliqué dans une interview donnée à France bleu Provence que François Fillon "n’a plus la capacité de défendre son projet. Il n’a plus la capacité de défendre notre famille politique". Depuis ces derniers jours, la possibilité d'un changement de candidat fait son chemin dans les rangs de la droite, et une liste de possibles remplaçants circule. 

François Baroin, le point d'équilibre

C'est un nom qui revient avec insistance. Le maire de Troyes, chiraquien par filiation, mais qui a soutenu Nicolas Sarkozy à la primaire avant de se rapprocher de François Fillon, pourrait faire la synthèse. Selon un député francilien qui s'est confié au Parisien, "François Baroin a commencé à s'activer très discrètement (...) en approchant quelques parlementaires pour les sonder sur cette hypothèse." Il faut dire que le président de l'association des maires de France ne manque pas d'atouts. Malgré son "jeune" âge en politique, le sénateur-maire de 51 ans a déjà une solide expérience. 

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Ministre pour la première fois en 1995, il a participé aux gouvernements d'Alain Juppé, Dominique de Villepin et François Fillon. Selon ses proches, il pourrait également rivaliser avec Emmanuel Macron sur le thème de la modernité. Enfin, coïncidence ou hasard de calendrier, François Baroin sortira un livre le 15 février prochain intitulé Un chemin français, dans lequel il livre sa vision des valeurs républicaines. En attendant, celui qui a affirmé devant les caméras que son soutien à François Fillon était "plein et total", le recevra mardi 7 février dans sa ville de Troyes. 

Le retour d'Alain Juppé

Il l'a assuré plus d'une fois, "en toute hypothèse", il ne sera pas un plan B. Il ne veut pas jouer les roues de secours. Pourtant, à l'image du député Philippe Gosselin qui a appelé mercredi 1er février Alain Juppé à se poser la question du recours, certains membres du parti le voient comme le meilleur des remplaçants. Sa stature d'homme d'État le place dans les favoris. Ses opposants estiment toutefois qu'il a été désavoué par le vote de la primaire, qui l'a placé très loin derrière François Fillon. Cependant, Stéphane Jacquot, un proche d'Alain Juppé, confie au JDD : "Si on vient le chercher, il ira". Mais pourrait-il défendre un projet qu'il a combattu pendant toute la campagne de la primaire de la droite ?

Nicolas Sarkozy, le deuxième come-back ?

Il s'était retiré une première fois après sa défaite face à François Hollande en 2012, pour mieux se frotter à ses camarades lors de la primaire de la droite, en 2016. Après un deuxième échec, peut-il encore revenir jouer le rôle de l'homme providentiel ? En tout cas, selon des proches, Nicolas Sarkozy se délecterait de ce qui arrive à son ancien adversaire de la primaire. "Il savoure, on le sent qui rigole. Il a toujours dit que Fillon n'était pas quelqu'un de franc", raconte l'un de ses visiteurs au Parisien. De là à envisager un possible retour ? 

"Je pense qu'il se dit qu'il y a un petit trou de souris", estime un ténor de la droite. Un autre renchérit : "Sarkozy peut faire une opération blitzkrieg : je vous emm... tous, je suis candidat ! S’il fait ça, qui va aller contre lui ? Ni Baroin, ni Wauquiez. Ça ne m’étonnerait pas qu’il prenne une initiative". En tout cas son entourage a tenté de mettre fin au suspense mercredi 1er février, en démentant à l'AFP "toute intention de revenir dans le jeu". 

La surprise Xavier Bertrand

Depuis sa victoire sur Marine Le Pen aux élections régionales de 2015, Xavier Bertrand se concentre sur la gestion de sa région des Hauts-de-France. "Bertrand, il ne dit rien pour le moment et ne bouge pas une oreille. Mais c'est sûr qu'il y pense forcément", expliquait un sénateur filloniste au Parisien. Certains le voient déjà à la place de François Fillon, le quotidien local du Courrier Picard a même titré son édition du 2 février "Le plan b comme Bertrand". 

Loin du tumulte parisien, Xavier Bertrand, qui a un temps envisagé de se présenter en 2017, a cultivé sa discrétion et a réussi à se placer au-dessus de la mêlée. Interrogé à ce sujet par des journalistes lors d'une visite sur le site du constructeur ferroviaire Bombardier dans le Nord, le président de la région s'est contenté de répondre par une pirouette : "Le "B" aujourd’hui, c’est "B" comme "Bombardier" ! Pendant que certains font de la politique à l’ancienne, celle dont les gens ne veulent plus, moi je m’attache à l’essentiel ; le travail, le pouvoir d’achat, les transports, l’emploi…". Cette option pourrait néanmoins se révéler sérieuse. "Sa fibre droite sociale serait de nature à rassurer les électeurs troublés par le programme radical de Fillon", avait estimé un sénateur filloniste interrogé par le Parisien

Gérard Larcher, le "sage"

Ce vendredi 3 février, L'obs affirmait que le président du Sénat souhaitait "débrancher" François Fillon, autrement dit lui retirer son soutien. Mais Gérard Larcher a aussitôt démenti sur Twitter : "Je tiens à démentir avec la plus grande fermeté les allégations extravagantes des médias : je confirme ce matin mon total soutien à François Fillon". 

Il n'empêche que l'information de L'obs a rapidement donné des idées à plusieurs figures de la droite, qui ont vu en Gérard Larcher le fameux plan B à François Fillon. À l'image de Christine Boutin, qui sur Twitter demandait à ce que "François Fillon apporte des preuves dès demain (soit vendredi 3 février) sinon que Les Républicains désignent le seul sage qui s'impose". Par ce terme, elle désignait bien Gérard Larcher. "C'est un filloniste" et un "homme d'expérience", "de grande responsabilité", expliquait-elle sur l'antenne de BFMTV. Comme le relevait Alain Duhamel sur RTL, le président du Sénat "a toujours été l'homme en réserve" depuis son institution en 1875. Il s'agit en effet du deuxième personnage de l'État, l'homme ou la femme qui prendrait les rênes de l'État en cas de vacance du pouvoir.

Laurent Wauquiez, héritier du sarkozysme

L'ancien président par intérim des Républicains se fait discret depuis que l'affaire a éclaté. Et pour cause, il serait en train de compter ses forces. Selon RTL, plusieurs personnes assurent avoir reçu un texto de la part du vice-président des Républicains. Un message adressé à des têtes de réseau, et dans lequel Laurent Wauquiez cherchait des informations justement sur le conseil national et sa composition. Un proche de François Fillon a même lâché mercredi 1er février :"Je ne sais pas s’il y au un plan B, mais il y a un plan W". 

Il paraît toutefois peu probable de voir cette hypothèse se concrétiser. Laurent Wauquiez a toujours affirmé qu'il refuserait une place dans un gouvernement en 2017 pour se consacrer uniquement à son mandat de Président de la région Rhône-Alpes-Auvergne. 

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2017-02-04 11:30:00
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