Présidentielle 2017 : les 4 fois où François Hollande a conditionné sa candidature avec la baisse du chômage

ÉCLAIRAGE - Depuis 2014, le chef de l'État a mis sa candidature en jeu à cinq reprises. Avant de briguer une deuxième fois l'Élysée, le chômage doit baisser.

François Hollande avait promis d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année 2013.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
François Hollande avait promis d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année 2013.

François Hollande a une nouvelle fois fait de l'inversion de la courbe de chômage la condition sine qua non à une deuxième candidature à l'Élysée. Le président de la République l'a dit : il veut être jugé sur son bilan sur le front de l'emploi. Au grand dam du chef de l'État, la courbe du chômage n'a pas été docile pendant son mandat. À gauche, personne n'a oublié la promesse ratée du président sur une inversion de la courbe du chômage dès l'automne puis la fin de l'année 2013.

Après avoir été contraint de reconnaître que son pari était raté en janvier 2014, François Hollande ne s'est plus risqué aux pronostics. Mais il a lié son destin présidentiel à cette inversion de la courbe du chômage. Il a déjà répété cette phrase au moins à cinq reprises en moins de deux ans. À un peu plus de quatorze mois de la prochaine présidentielle, elle prend tout son sens.

1. 18 avril 2014 : une phrase glissée aux salariés de Michelin

"Si le chômage ne recule pas d'ici à 2017, je n'ai aucune raison d'être candidat à un deuxième mandat". Le 18 avril 2014, le chef de l'État s'est livré à une confidence qui n'a pas été sans conséquence. La scène se déroule lors d'un déjeuner avec des dirigeants et des salariés de Michelin.

Ce jour-là, le président de la République avait assuré que l'emploi des jeunes était sa priorité. "On va y mettre toute notre énergie parce qu'il n'y a pas d'autre enjeu", avait-t-il précisé. François Hollande n'est pas le premier président à faire une telle promesse. Nicolas Sarkozy, son prédécesseur à l'Élysée, avait promis de ne pas se présenter s'il n'atteignait pas le plein emploi. Ça ne l'avait pas empêché de tenter sa chance en 2012.

2. 5 novembre 2014 : François Hollande confirme sur TF1

Interviewé sur TF1, François Hollande, combatif, a expliqué que "si je n'y parvenais pas (à réduire le chômage, ndlr) à la fin de mon mandat, vous pensez que j'irai devant les Français en leur disant : 'ben voilà, je n'y suis pas arrivé pendant cinq ans, mais je vous promets les cinq prochaines années, je vais y parvenir. Ça ne marche pas comme ça. Les Français seraient implacables et ils auraient raison".

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France : à moins d'une baisse du chômage, le Président Hollande de se représentera pas

3. 14 juillet 2015 : une question de "crédibilité"

Comme le veut la tradition, le chef de l'État a été interviewé par TF1 et France 2 pour le 14 juillet 2015, jour de fête nationale. Interrogé sur ses ambitions pour 2017, il est revenu sur ses propos prononcés au printemps 2014. Et il a de nouveau confirmé : "S’il n’y a pas de baisse du chômage, je l’ai dit plusieurs fois, je ne serai pas candidat."

Deux semaines plus tard, le 27 juillet, François Hollande précise encore sa pensée lors du dîner annuel de l’Association de la presse présidentielle. "Il faut qu'il y ait une baisse du chômage tout au long de l'année 2016 permettant de faire un choix dans le cadre d'une campagne présidentielle possible et qui n'est pas aujourd'hui à l'ordre du jour".

Le président a précisé son plan de bataille : "C’est dans l’année 2016 que cette baisse crédible doit apparaître. Il faut qu’il y ait une baisse du chômage tout au long de l’année 2016, a-t-il ainsi affirmé. L'objectif est de faire diminuer le chômage suffisamment longtemps pour que ce soit suffisamment crédible." Il faut tout de même apporter une nuance de taille : le seuil de référence choisi par le président n'est pas celui de mai 2012, précise Le Monde.

4. 19 février 2016 : "Il doit y avoir une baisse du chômage"

À quatorze mois de l'élection présidentielle de 2017, le président de la République s'est exprimé sur ses intentions alors qu'une partie de la gauche qui l'avait soutenu en 2012 demande l'organisation d'une primaire. Le chef de l'État a entretenu le doute concernant son destin personnel mais il a rappelé sa promesse. Il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle s'il n'y a "pas de baisse du chômage". 

Il a poursuivi : "Je n'ai de ce point de vue-là qu'une seule parole. J'ai été candidat pour que nous créions les conditions pour qu'il y ait une baisse du chômage et il doit y avoir une baisse du chômage. Et s'il n'y a pas de baisse du chômage, vous savez quelles conclusions j'en tirerai", a-t-il dit sur France Inter.

Pour l'heure, les clignotants sont toujours au rouge sur le front de l'emploi. En effet, les derniers chiffres de l'année 2015 sont mauvais. La France a compté 3.590.600 demandeurs d'emploi en décembre, soit une hausse de 0,4%, selon le ministère du Travail.

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2016-02-20 08:30:00
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