Présidentielle 2017 : ces 4 mesures économiques que Marine Le Pen défendait déjà en 2012

ÉCLAIRAGE - Marine Le Pen participe à sa deuxième élection présidentielle. Elle avance des idées qui ne sont pas toujours neuves.

Marine Le Pen le 2 décembre 2015.
Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Marine Le Pen le 2 décembre 2015.

Pour la deuxième fois de sa carrière, Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle. Celle qui a pris les commandes du Front national en 2011 arbore une nouvelle affiche et un nouveau slogan. "La France apaisée" remplace "La voix du peuple, l'esprit de la France". Toujours dans un esprit de communication, elle a lancé son blog Carnets d'espérances, qui a pour but d'adoucir son image.

Si la campagne de communication est en marche, la campagne d'idées bat elle aussi son plein à treize mois de l'échéance suprême. Mais celle qui, selon de nombreux sondages, se qualifierait au second tour de la présidentielle 2017 dans tous les cas de figures, a-t-elle de nouvelles propositions dans sa besace ? Invitée de RTL ce jeudi 17 mars, la présidente du Front national a été particulièrement diserte à propos de son programme économique. Si l'on compare son programme économique de 2012 avec celui des dernières élections locales et ses déclarations récentes, plusieurs idées sont similaires.

1. "Le retour à une souveraineté monétaire"

C'est sans doute la proposition économique du Front national la plus identifiée, celle que l'on a le plus entendue dans la bouche de Marine Le Pen et des dirigeants du parti. L'abandon de l'euro au profit du franc alimentera une fois encore les débats de l'élection de 2017. Marine Le Pen en convient elle-même : sa proposition date de 2011, année de son investiture à la tête du Front national. La députée européenne rejette toutefois la notion de "retour au franc", à laquelle elle préfère "le retour de la souveraineté nationale".

Au micro de RTL, elle défend ce projet, se vantant par la même occasion d'avoir été suivie par la Grande-Bretagne. Elle "est en train de mettre en oeuvre ce que j'ai proposé en 2011, à savoir une négociation avec l'Union européenne sur des points qui sont essentiels à la maîtrise de notre économie et au retour de la croissance", explique-t-elle. La présidente du Front national est toutefois moins radicale que par le passé. À l'issue de ces négociations sur la souveraineté, elle promet de laisser le choix aux Français, en proposant un référendum, bien que ce dispositif soit, pour l'heure, contraire au droit européen.

Pour la présidente du Front national, "il est utile d'avoir notre monnaie nationale. Nous récupérerons une très grande compétitivité face à l'Allemagne. Ce sera un instrument pour financer les TPE et les PME et ça permettra d'éviter la déflation", poursuit-elle. Pour le Front national, l'euro est responsable de l'"explosion des prix, du chômage, des délocalisations et des dettes."

Marine Le Pen avance un autre argument : la France se serait trop endettée pour financer l'Union européenne. En 2012, elle dénonçait le versement des "60 milliards d'euros pour renflouer la Grèce, l'Irlande et le Portugal" et l'engagement de la France à consacrer une enveloppe de 143 milliards d'euros "dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité". Au micro de RTL, elle inverse toutefois son argument de départ. "La Banque centrale européenne fait du chantage aux Nations. Elle a fait du chantage au Portugal, elle a fait du chantage à la Grèce. Le chantage est clair : 'Si vous n'obéissez pas à ce que nous souhaitons, alors nous couperons les robinets'. Et ça, ce n'est pas supportable. Je ne veux pas que les Français vivent sous le chantage."

2. Revaloriser les petits salaires de 200 euros net

Pour le Front national, allègement du coût du travail va de pair avec augmentation du pouvoir d'achat. Le Front national propose de "financer une diminution des charges des cotisations sociales salariales par l'institution d'une Contribution sociale aux importations égale à 3% du montant des biens importés." Selon la députée européenne, cette contribution permettrait "d'augmenter de 200 euros net (page 73 du programme du Front national) les rémunérations des salaires jusqu'à 1,4 fois le Smic."

Cette mesure figurait déjà dans le programme de "relance de l'économie" porté par Marine Le Pen en 2012. D'après les chiffres de 2012 de Marine Le Pen, la mesure coûterait 58,6 milliards d'euros sur cinq ans. La taxe, elle, rapporterait 74 milliards d'euros. 

3. Revenir à la retraite à 60 ans

Bien qu'elle en soit à l'origine, la gauche n'a pas souhaité, à l'heure des restrictions de budget, revenir à la retraite à 60 ans. L'âge légal de départ à la retraite a été maintenu par François Hollande à 62 ans en France, sauf pour les actifs ayant commencé une carrière professionnelle très jeune ou ceux qui exercent des travaux dans lesquels la pénibilité est importante. Des personnalités de droite, tels que Nicolas Sarkozy envisagent, eux, de le porter à 63 ans, voire 65 ans - c'est l'idée d'Alain Juppé.

Le Front national envisage, lui, de restaurer la retraite pleine à 40 annuités et l'âge de départ en retraite à 60 ans (page 81 de son programme). Dès novembre 2011, Marine Le Pen avait fait part de son sentiment. "Et je dis aux Français : ne vous soumettez pas à l'escroquerie qui consiste à vous faire croire que nous n'en avons pas les moyens, nous en avons les moyens."

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Marine Le Pen : « Je suis pour la retraite à 60 ans »

En décembre 2015, elle ajoutait un bémol : "Je pense que la retraite à 60 ans est viable sur le plan économique", en précisant toutefois que si elle "se rendait compte" qu'il fallait travailler plus longtemps", elle "dirait précisément les raisons pour lesquelles il faut le faire."

4. Le protectionnisme économique

L'idée de protectionnisme économique a longtemps été portée par le Front national. Dans son projet pour l'élection présidentielle 2012, la présidente du Front national soutenait "une protection intelligente aux frontières". Marine Le Pen promettait que "l'État et les administrations auront l'obligation de se fournir auprès des entreprises françaises."
Une fois encore, cinq ans plus tard, elle emploie les mêmes mots : "Nous prônons un protectionnisme intelligent, permettant d’inverser à la fois la désindustrialisation de la France (500.000 emplois perdus en 5 ans) mais aussi d’endiguer les transferts de technologie. Sur la base du plan de planification de réindustrialisation nous mettrons en œuvre un protectionnisme stratégique qui sera ajusté, ciblé et flexible."

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par Ludovic GaltierJournaliste RTL
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2016-03-17 18:09:00
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