4 min de lecture Parti socialiste

Parti socialiste : comment tente-t-il de se relever après la débâcle ?

DÉCRYPTAGE - Samedi 30 septembre, le Conseil national a donné les clefs du Parti à la rose à une direction collégiale.

Le siège du Parti socialiste, rue de Solférino
Le siège du Parti socialiste, rue de Solférino Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
109127536140888961261
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Il y a cinq ans, il était majoritaire à tous les échelons de la vie politique française. Les pétales du Parti socialiste ont depuis perdu de leur éclat. 2017 a été le point d'orgue d'une série de désillusions. Plongé dans les eaux profondes de l'impopularité, François Hollande a déclaré forfait avant la présidentielle et la ligne de Benoit Hamon, en contradiction avec la logique de gauche de gouvernement défendue par les ténors en place, n'a convaincu ni le parti, ni les électeurs.

Les législatives du début de printemps ont enterré la force de frappe du parti au Parlement. Le groupe Nouvelle gauche, emmené par Olivier Faure, ne compte plus désormais que 31 membres. C'est quasiment dix fois moins que sous la précédente législature (295 membres pour le groupe Socialistes, républicains et citoyens).

Une fois l'échec encaissé, les irréductibles du PS croient à un avenir meilleur. Samedi 30 septembre, le Conseil national a confirmé la direction collégiale pléthorique à 28, mise en place en juillet dernier - après le départ programmé de Jean-Christophe Cambadélis - en étendant ses prérogatives. Pour la première fois depuis sa fondation au Congrès d'Épinay de 1971, le parti à la rose n'a plus de premier secrétaire.

À lire aussi
Le député du Val-de-Marne Luc Carvounas Parti socialiste
Parti socialiste : Luc Carvounas veut jouer la ligne "rose, rouge, vert"

Quel futur leader ?

En adoptant cette motion, le PS a choisi de ne pas froisser les sensibilités qui le composent et de reporter au Congrès du premier trimestre 2018 le moment de choisir son leader. Une position largement soutenue par Luc Carvounas, qui ne s'émeut pas de la disparition (provisoire) du poste de premier secrétaire.

Joint par RTL.fr, le député du Val-de-Marne appelle le parti à "repérer des talents" pour "faire émerger des équipes nouvelles. Je pense à la Bretagne qu'il faut reconquérir." Les maires de Nantes et Rennes, Johanna Rolland et Nathalie Appéré, sont régulièrement prises pour exemple par Solférino. Le calendrier électoral peut jouer en faveur du PS : trois voire quatre ans nous séparent en effet des prochaines élections intermédiaires. "D'ici-là, je ne veux plus qu'un socialiste ait honte de dire qu'il est socialiste. Il faut leur redonner de la fierté", assure l'élu.

Il faut redonner de la fierté aux socialistes

Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne
Partager la citation

Adepte de la formule prononcée par le candidat François Hollande en 2012 - "réenchanter le rêve français" -, Luc Carvounas multiplie les apparitions médiatiques. Faut-il y voir un indice ? Peut-il devenir le fer de lance du PS après le Congrès ? "J'ai accepté un challenge (en intégrant la direction collégiale, ndlr) et j'y consacre toute mon énergie. L'heure est au jeu collectif", se contente-t-il de préciser sans se dévoiler.

Pourtant, certains observateurs le voient déjà affronter Stéphane Le Foll au printemps 2018. L'ami de François Hollande, dont il a été ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, n'a pas caché ses ambitions, malgré le cinquième des dix commandements signés par 200 militants socialistes le 2 octobre : "Dans la phase de transition, le Parti socialiste ne peut être représenté ou dirigé par d’anciens ministres au risque de jeter le trouble sur le sens et la réalité de cette refondation."

La liste des postulants est encore difficile à établir. La nouvelle génération, qui pourrait vouloir faire table rase du passé, est sur les rangs. Sont régulièrement cités Matthias Fekl, l'éphémère dernier ministre de l'Intérieur de François Hollande, mais aussi Boris Vallaud, député des Landes et époux de Najat Vallaud-Belkacem, ou encore Olivier Faure, actuel patron des députés Nouvelle gauche à l'Assemblée nationale.

Quid de l'influence de Cambadélis ?

Un temps pressenti pour succéder à Jean-Christophe Cambadélis dès le Conseil national du 30 septembre, l'ancien numéro deux, Rachid Temal, a finalement hérité du secrétariat national à l'organisation et à la coordination. Il sera "en charge de conduire les affaires courantes jusqu'au Congrès". Et après ? "Ce sera aux militants de trancher les questions centrales", a-t-il simplement déclaré auprès de RTL.fr.

Présenté comme "l'homme de paille" de Jean-Christophe Cambadélis, qui voudrait conserver une mainmise sur le parti malgré son départ, Rachid Temal refuse d'être enfermé dans cette case. "On me présente comme un proche de Jean-Christophe Cambadélis. Mais j'ai bossé pour la campagne de (Benoît) Hamon. J'étais en charge des relations avec le parti. J'ai fait la campagne de Hollande (2012), de Bartolone, de Huchon, des socialistes", se défend-t-il, en appelant "au rassemblement".

Quelle ligne politique ?

Au-delà de l'événement politique que représente la succession de Jean-Christophe Cambadélis, le parti est surtout à la recherche d'une ligne pour prétendre de nouveau aux destinées de la France. Les forums, qui vont se dérouler dans les semaines qui viennent dans tout le pays, sont censés les aider à définir précisément leur cap.

Sur le nouvel échiquier politique, Luc Carnouvas et Rachid Temal le confirment : le Parti socialiste siège dans l'opposition. Il serait même, à les écouter, la "première force d'opposition de gauche" à Emmanuel Macron.

D'ici-là, le positionnement du PS, coincé entre la vision libérale d'Emmanuel Macron et celle, plus radicale, de Jean-Luc Mélenchon, peut-il tenir ? "Comment voulez-vous que l'on soit audible ? C'est notre purgatoire", relativise le député, qui compare la situation actuelle à celle trouvée par François Mitterrand après le résultat de l'élection présidentielle de 1969 (Gaston Deferre avait réuni 5,01% des voix pour la SFIO, ndlr).

Entre les sociaux-démocrates, artisans du quinquennat Hollande, et les frondeurs, Luc Carnouvas se présente en adepte de l'alliance "rose-rouge-verte". "Certains au sein du parti voudraient revisiter cette alliance historique. Mais je vais les convaincre et leur dire qu'ils s'égarent." Et le député de conclure : "Que les grands partis de gauche se regroupent dans une grande fédération de partis démocrates, sûrement." Et le nouveau nom du parti ? Encore une question que le Congrès devra trancher...

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Parti socialiste Présidentielle 2017 Législatives 2017
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790250998
Parti socialiste : comment tente-t-il de se relever après la débâcle ?
Parti socialiste : comment tente-t-il de se relever après la débâcle ?
DÉCRYPTAGE - Samedi 30 septembre, le Conseil national a donné les clefs du Parti à la rose à une direction collégiale.
http://www.rtl.fr/actu/politique/parti-socialiste-comment-tente-t-il-de-se-relever-apres-la-debacle-7790250998
2017-10-04 08:50:00
http://media.rtl.fr/cache/CpqCa4fWLe11QsXT-uYA9w/330v220-2/online/image/2017/0928/7790269934_le-siege-du-parti-socialiste-rue-de-solferino.jpg