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Un an après l'arrivée de Trump, une gauche de gauche est-elle née aux États-Unis ?

DÉCRYPTAGE - En réaction aux engagements très conservateurs du 45e président des États-Unis, des voix libérales se sont soulevées, plus bruyantes que d'habitude.

Donald Trump, le 27 mars 2017, à la Maison Blanche
Donald Trump, le 27 mars 2017, à la Maison Blanche Crédit : JIM WATSON / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Un an déjà que Donald Trump a commencé à engager ses promesses de campagne. Son investiture à la Maison Blanche, le 20 janvier 2017, a été suivie par des protestations d'une partie de la population, par exemple avec la Women's March. Plus généralement, dès ses premières actions en tant que 45e président des États-Unis, une vague d'opposants a commencé à se faire entendre.

Entre l'État d'Alabama passé côté démocratela réélection du maire de New York Bill De Blasio et sa politique anti-Trump clairement affichée, ou encore des étudiants d'université qui se mobilisent pour défendre les minorités, en réaction à son élection une gauche de gauche est-elle en train de naître outre-Atlantique ?

Si Hillary Clinton était l'adversaire politique principale de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, rien de comparable entre son programme et celui d'un candidat socialiste en France. Même Bernie Sanders n'est pas aussi à gauche que Jean-Luc Mélenchon, explique à RTL.fr Nicole Bacharan, politologue spécialiste des États-Unis. "On a fait un parallèle entre les deux par rapport à l'image qu'ils renvoient, mais Bernie Sanders, dans les propositions réelles, est même à la droite de Benoît Hamon". 

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Bernie Sanders, dans les propositions réelles, est à la droite de Benoît Hamon

Nicole Bacharan, politologue spécialiste des États-Unis
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La spécialiste n'assimile pas cette frange de la gauche plus bruyante que d'ordinaire à une nouvelle gauche. Pour elle, entre Sanders et Clinton, par exemple, "c'est une division de plusieurs tendances de gauche qui existaient déjà". 

Soufian Alsabbagh, auteur de La Nouvelle droite américaine (Demopolis), joint par RTL.fr, estime lui que ce n'est "pas vraiment marqué". Selon lui, "il est difficile de dire si le parti démocrate s'est vraiment durci". Les deux experts doutent de voir émerger une toute nouvelle gauche, comparable à la gauche française.

La figure anti-Trump de Bill De Blasio

Bill De Blasio construit pourtant son image politique sur un axe d'opposition forte à la Maison Blanche. Le maire réélu de la Big Apple veut explicitement combattre les mesures prises par le président républicain : "Nous allons défendre le système de santé" ; "Nous allons défendre les immigrés (…) Quand les immigrés sont attaqués, c’est nous tous qui sommes attaqués !" ; Ou encore établir "une taxe sur les millionnaires". Des promesses marquées à gauche.

"Bill De Blasio essaye de sortir du lot" et se placer pour la prochaine élection présidentielle américaine en 2020. Et s'il parvient à devenir la figure anti-Trump par excellence auprès de l'électorat, il peut miser là-dessus. "Obama a été élu comme l'exact opposé de Bush, et Trump comme l'exact opposé d'Obama", résume Soufian Alsabbagh.

Mais avant la grande course, il y a l'étape des primaires qui n'est pas gagnée d'avance. Le spécialiste des États-Unis souligne que là-bas, il y a un "tropisme fort autour de l'élection présidentielle", mais qui retombe dans la période de mi-mandat. Il va donc falloir tenir cet engouement pendant encore 2 ans. "Deux ans, c'est long", insiste-t-il. Surtout que pour gagner cette primaire, il précise qu'il faut "être à gauche, mais pas trop". D'autant que d'après lui, ils sont nombreux sur la ligne de départ : environ 50, "du jamais vu".

Une opinion publique qui bouge

Si elle n'est pas nouvelle, "cette gauche se fait plus bruyante, pour Nicole Bacharan, car elle a le sentiment d'être assiégée et que la démocratie est en danger". Les associations féministes qui combattent les mesures anti-avortement prises par l'administration Trump, en sont un exemple. Mais aussi le militantisme dans les universités, dans la presse, dans la science, sur les sujets d'immigration...

Pour ce qui est de l'opinion publique, le spécialiste Soufian Alsabbagh la décrit comme "fluide" et "mouvante". Et en ce moment, le président est à un niveau historiquement bas dans les sondages. Fin décembre, il a enregistré un record : seulement 32% d'opinions favorables. Même si ses plus fervents soutiens continuent à être derrière lui, certains électeurs n'ont pas caché leur déception cette année. "C'est le centre de l'électorat américain qui fait bouger les lignes, reste à savoir à quel point il va revenir vers la gauche", ajoute-t-il.

Et Soufian Alsabbagh de soulever un point crucial : au prochain scrutin de présidentielle, toute une nouvelle partie de la population va voter, celle que l'on appelle les "millennials", une "génération très anti-Trump"

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Un an après l'arrivée de Trump, une gauche de gauche est-elle née aux États-Unis ?
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2018-01-17 17:41:00
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