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G7 : les États-Unis accusent le Canada de "trahison"

Donald Trump s'en est pris violemment au Premier ministre canadien qu'il a qualifié sur Twitter de personne "malhonnête et faible".

Philippe Corbé Un Air d'Amérique Philippe Corbé
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G7 : les États-Unis accusent le Canada de "trahison" Crédit Image : SAUL LOEB / AFP | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date : La page de l'émission
Caroline Drzewinski
Caroline Drzewinski
et AFP

L'escalade verbale se poursuit. Les États-Unis ont accusé, dimanche 10 juin, le Canada de "trahison" durant le sommet du G7 qui s'est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain. Après avoir désavoué le communiqué commun, Donald Trump a menacé ses alliés de droits de douane alourdis.

S'ensuivit une cascade de réactions des membres du Groupe des Sept. Face à ce brusque revirement, la France a dénoncé l'"incohérence" de la délégation américaine. L'Allemagne a accusé le président américain de "détruire" la confiance des alliés à coups de tweets. Une déclaration qu'Angela Merkel a toutefois nuancé. "C'est dur, c'est décevant cette fois-ci, mais ça n'est pas la fin" du G7, a-t-elle déclaré sur la chaîne allemande ARD.

Cible des virulentes critiques américaines, Justin Trudeau a, pour l'instant, choisi de ne pas répondre. Sur Twitter, il s'est contenté de saluer un accord "historique" qui favorisera, notamment, "la prospérité des citoyens et l'économie". "C'est ce qui compte", a-t-il conclu. 
Une attitude qui n'a pas été imitée par tous les membres de son gouvernement. Sa ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a dénoncé les "attaques ad hominem" qui ne sont ni "utiles", ni "productives". 

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"Il nous a doublés"

Alors dans l'avion pour Singapour, Donald Trump a brusquement retiré samedi 9 juin son soutien au communiqué final du G7, malgré le compromis forgé de haute lutte sur les questions commerciales quelques heures auparavant. Une volte-face du président américain, habitué des réactions épidermiques, qui réagissait à des déclarations de Justin Trudeau. 

Le Premier ministre canadien avait répété que les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sur l'acier et l'aluminium étaient "insultants", au regard de l'histoire entre les deux pays. Comme l'Union européenne, il avait confirmé des représailles pour juillet. "C'est une trahison, il nous a doublés, pas seulement le président Trump mais aussi les autres membres du G7", a tonné Larry Kudlow, principal conseiller économique de Donald Trump. 

Une opinion partagée par Peter Navarro, conseiller présidentiel pour le commerce. "Il y a un siège réservé en enfer à tout dirigeant étranger qui s'engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s'en va", a-t-il renchéri. Selon Larry Kudlow, la réaction de Donald Trump visait aussi à ne pas "montrer de faiblesse" avant son sommet avec Kim Jong-Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

L'avenir incertain des voitures allemandes aux États-Unis

À La Malbaie, le président américain a réitéré sa menace de droits de douane accrus sur les voitures étrangères importées, notamment européennes. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu'à présent frappés. En effet, les États-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures. 

Des déclarations qui inquiètent particulièrement l'Allemagne. Les automobiles représentent en valeur le quart de ce que ce pays exporte vers les États-Unis. La part de marché des marques allemandes sur le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA). 

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l'UE et les États-Unis. L'Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc en particulier américaines, de 10%. Aux États-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%. Un déséquilibre dont Donald Trump s'est souvent plaint. 

Face à ces menaces, Angela Merkel a dit souhaiter un front commun européen. "J'espère que nous agirons ensemble comme nous l'avons fait jusqu'à présent", a-t-elle déclaré dimanche 10 juin.

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