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L'équipe d'Italie avant la demi-finale des barrages européens pour la Coupe du monde contre l'Irlande du Nord, le 26 mars 2026 à Bergame.
Crédit : Stefano RELLANDINI / AFP
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Une malédiction à lever. Douze ans après sa dernière Coupe du monde, la Squadra Azzurra est à un match de retrouver le tournoi qu'elle a remporté à quatre reprises dans son histoire : une finale de barrage dans la zone Europe contre la Bosnie-Herzégovine, mardi 31 mars. Une simple formalité sur le papier ? Rien n'est moins sûr au vu du passif de la sélection transalpine qui a échoué à se qualifier aux deux dernières éditions après des fiascos contre la Suède en 2017, puis la Macédoine du Nord en 2022.
D'ailleurs le stade Bilino-Polje de la petite ville de Zenica a tout d'un terrain piégeux, pour les hommes de Gennaro Gattuso, qui ont franchi le premier obstacle nord-irlandais sur leur route vers le Mondial jeudi, malgré une première période pleine de doutes à Bergame (2-0).
"Ce sera l’enfer. Le stade a une capacité de 12.000 places, mais je vous assure qu’une fois dedans, on a l’impression qu’il y en a 25 ou 30.000. Il est vétuste, sa structure n’a rien à voir avec celle des stades modernes. Les équipes qui y viennent se sentent un peu mal à l’aise et intimidées, les vestiaires ne sont pas luxueux et la pression est énorme parce que les supporters sont au bord de la pelouse", résume Miralem Pjanic, ex-international bosnien passé par Lyon, la Roma, la Juventus ou encore Barcelone, auprès de Sky Sport.
Qu'importe que la jauge ait été réduite à seulement 9.000 places, conséquence de débordements survenus, notamment racistes, lors des éliminatoires. L'ambiance s'annonce bouillante, d'autant que certains habitants des hauts immeubles alentours ont mis leur balcon en location - moyennant des sommes folles - pour permettre à des fans d'assister au match. Et ce, alors que la Nazionale a été contrainte de décaler son arrivée sur place de dimanche à lundi à cause des conditions météo, et de la neige annoncée. En bref, le cocktail parfait pour faire dérailler une équipe friable mentalement.
Or, sur ce point, tous les voyants ne sont pas au vert pour l'Italie. "Nous ressentons une énorme responsabilité envers les enfants et le football italien, mais pour nous, cela doit être un privilège et une motivation supplémentaire pour aller de l'avant", estimait pourtant le milieu turinois Manuel Locatelli jeudi, tandis que le dernier match à élimination directe de l'Italie dans un Mondial remonte à la finale de 2006 contre la France. "Nous étions très nerveux et tendus au début", confirmait Sandro Tonali, après avoir sorti les siens d'un potentiel bourbier contre l'Irlande du Nord, ouvrant le score puis délivrant une passe décisive à l'ex-Parisien Moise Kean.
Mais il ne faut pas réduire cette affiche à une opposition de l'Italie contre ses propres démons car la Bosnie-Herzégovine a des arguments à faire valoir. Parvenus à se défaire du pays de Galles au tour précédent (1-1, 4-2 t.a.b.), les Balkaniques ont montré des vertus de courage et d'abnégation pour égaliser dans les dernières minutes, grâce à leur vétéran Edin Dzeko (40 ans), à Cardiff, avant de s'imposer aux tirs au but. Ce dénouement a justement été scruté de près par plusieurs joueurs italiens, dont Federico Dimarco et le gardien Guglielmo Vicario, qui ont été filmés par la Rai en train de célébrer la qualification des Bosniens.
De quoi faire naître une polémique dans la Botte, les tifosi et la presse critiquant une forme de mépris mal placé. "Visiblement, ils les considèrent comme plus abordables que les Gallois. Espérons que cela ne porte pas malheur", craignait la Gazzetta dello Sport. "La légèreté des Azzurri pourrait bien motiver davantage leurs adversaires", s'inquiétait aussi le Corriere dello Sport vendredi.
"Ça a été une réaction instinctive, on était entre amis. J'ai aussi parlé avec Dzeko, c'est un ami, je l'ai félicité. Je le répète, je n'ai manqué de respect à personne. J'ai entendu des gens dire que nous avons été arrogants. Il n'y a vraiment pas de quoi l'être, on a manqué les deux dernières Coupes du monde, s'est défendu le latéral de l'Inter Milan, où il a côtoyé l'attaquant bosnien, en conférence de presse samedi. Tout ça m'a fait de la peine, et je pense que c'était peu respectueux d'avoir été filmé à ce moment-là".
Pas offensé, le légendaire buteur des Dragons - présent en 2014 lors de l'unique participation de son pays à un Mondial - a répondu en rappelant que les partenaires de Gianluigi Donnarumma peuvent "beaucoup souffrir" ce mardi. "Ce que cela dit, c'est que les Italiens avaient peur d'affronter les Gallois et si l'Italie qui est une nation incroyable du football, avec ses quatre titres mondiaux, a peur de jouer contre le pays de Galles, c'est que quelque chose ne fonctionne pas", a-t-il fait remarquer. "Elle n'a plus de Totti ni de Del Piero. Elle a de la qualité, mais une qualité différente de l'Italie d'autrefois".
De son côté, le sélectionneur Sergej Barbarez a annoncé la couleur : "Si on prend l'avantage, on garera le bus devant notre but", a-t-il prévenu, comptant également sur l'avant-centre de Stuttgart Ermedin Demirovic, mais aussi les anciens Marseillais Sead Kolasinac et le plus éphémère Amar Dedic (désormais à Benfica) pour déjouer les pronostics.
Si l'Italie a un réservoir bien plus conséquent (Nicolo Barella, Alessandro Bastoni, Mateo Retegui ou encore Riccardo Calafiori, quand l'ailier de Liverpool Federico Chiesa est forfait), elle devra sortir le grand jeu au bord du précipice pour s'éviter l'affront d'un troisième Mondial raté de suite, qui plus est à 48 qualifiés aux États-Unis, au Canada et au Mexique (11 juin-19 juillet). En cas de victoire, elle se hisserait dans une poule B abordable avec l'hôte à la feuille d'érable, la Suisse et le Qatar.
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