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Coupe du monde 2026 : Odegaard, Haaland, Sorloth… Mais d’où sort la génération dorée de la Norvège qui défie les Bleus ?

Troisième adversaire de la France en poules, la Norvège espère ravir la première place, vendredi 26 juin (21h), avec sa génération dorée. Grâce à une ambitieuse politique de formation des jeunes lancée il y a plus de dix ans, la sélection d'Erling Haaland peut rêver grand pour son retour à la Coupe du monde, 28 ans après sa dernière participation.

Martin Odegaard, Erling Haaland et Alexander Sorloth avec la Norvège à la Coupe du monde 2026.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

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S'ils rament au Mondial, c'est uniquement pour célébrer ! Plus qualifiés pour une Coupe du monde depuis 28 ans, les Norvégiens traversent ce premier tour comme dans un enchantement, à l'image de leurs supporters devenus l'une des attractions outre-Atlantique avec leur "viking row" en tribunes. Après deux victoires probantes contre l'Irak (4-1) et le Sénégal (3-2), la sélection scandinave a déjà décroché son ticket pour les seizièmes de finale et dispute la première place du groupe I à l'équipe de France, qu'elle récupérerait en cas de succès, vendredi 26 juin au Gillette Stadium de Boston (21h, diffusé en direct sur M6 et M6+).

Une surprise ? Pas forcément. Dès le tirage au sort, la Norvège s'avançait comme un adversaire à éviter après une campagne de qualifications exceptionnelle : 8 victoires en autant de matchs, 37 buts marqués pour 5 encaissés mais surtout un 7-1 cumulé face à l'Italie. Autrement dit, c'était l'épouvantail du chapeau 3 et sa simple présence risquait de donner une poule de la mort, ce qui n'a pas manqué. Le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, avait même avancé en avril qu'il la considérait comme "la meilleure équipe européenne du moment". 

Reste que voir un pays peuplé de seulement 5,5 millions d'habitants, avec aussi peu de références dans les grands tournois dernièrement (aucune participation depuis l'Euro 2000), afficher ce niveau de performance a de quoi dérouter. Mais alors comment l'expliquer ? 

L'accent mis sur une formation fidèle aux valeurs scandinaves

À première vue, on pourrait se dire que cela tient énormément aux arrivées à maturité concomitantes de leurs trois stars offensives : Erling Haaland (Manchester City, 4 buts déjà dans la compétition et un ratio fou de 52 réalisations en 59 sélections), le capitaine Martin Odegaard (Arsenal, 2 passes décisives) et Alexander Sorloth (Atlético de Madrid), respectivement âgées de 26, 27 et 30 ans.

"C'est vrai qu'ils sont tous entourés : leurs pères étaient eux-mêmes footballeurs dans les années 1990-2000, avec de l'expérience donc", note auprès de RTL.fr le journaliste norvégien Daniel Roed-Johansen. Mais les trois figures de proue étaient déjà avec les Lions scandinaves lors des précédentes campagnes d'éliminatoires ratées depuis 2020. Pour l'envoyé spécial de l'Aftenposten actuellement aux États-Unis, il faut donc surtout y voir l'aboutissement d'une politique fédérale entamée il y a plus de dix ans.

"L'une des clés, c'est le système de développement des talents qui s'est amélioré. En 2014, un programme a été lancé pour améliorer les niveaux de compétence dans les clubs sportifs à travers le pays. Le but était d'uniformiser la qualité du coaching et du développement des jeunes dans toutes les régions", détaille Daniel Roed-Johansen. Puis, le "Landslagskolen" (l'école des équipes nationales norvégiennes) a vu le jour. Concrètement, il s'agit d'une structure pyramidale organisée par zones géographiques, qui s'élargissent au fil des catégories d'âges.

L'idée est ainsi de repérer les jeunes entre 12 et 16 ans et de les mener jusqu'à l'équipe A, mais avec une sélection beaucoup plus tardive que dans les centres de formation en Europe de l'Ouest. "La différence, c'est que les jeunes ne sont pas à plein temps dans des académies. En Norvège, c'est commun pour les joueurs de rester plus longtemps dans leur club local : cela représente les valeurs du sport norvégien, où la participation communautaire et la santé mentale sont considérées comme plus importantes que de former directement des joueurs élites", explique encore Daniel Roed-Johansen.

À cela, vont s'ajouter d'autres mesures pour inciter les clubs professionnels à investir dans le développement des futures prodiges, notamment avec des dotations supérieures liées aux droits TV s'ils emploient plus de coachs dédiés au développement. Une manière également de tenter de faire progresser le championnat national, alors que seulement quatre internationaux sur les 26 conviés à la Coupe du monde jouent en Eliteserien, la première division norvégienne, dont trois à Bodø/Glimt, le récent huitième de finaliste de la Ligue des champions (une première depuis Rosenborg en 1997)

Des profils plus techniques en raison des terrains

Cette attention portée à la formation, couplée à la construction de plus en plus de terrains synthétiques depuis deux décennies pour résister aux très faibles températures a également permis d'attirer plus de jeunes vers le football (375.000 licenciés, soit près de 7% du pays). "Avant, les gens faisaient uniquement du ski pendant l'hiver", sourit Daniel Roed-Johansen, selon qui ces pelouses artificielles ont "aidé à produire des joueurs beaucoup plus doués techniquement".

De fait, là où la Norvège se distinguait avant tout par des gabarits robustes à la fin du XXe siècle, l'éclosion des plus vifs Antonio Nusa (21 ans, Leipzig), Andreas Schjelderup (22 ans, Benfica) ou encore Oscar Bobb (22 ans, Fulham) dans de bons clubs du Vieux continent témoignent de ces nouveaux profils. Même si cela a eu pour conséquence d'affaiblir le réservoir de défenseurs et de gardiens, cette demande formulée par le sélectionneur Ståle Solbakken, qui était de l'équipe vainqueure du Brésil en poules du Mondial 1998, pour se hisser en huitièmes de finale.

En poste depuis six ans, il n'avait plus le droit à l'erreur après avoir échoué à ramener cette talentueuse génération à l''Euro 2024 mais il a finalement réussi son pari. "Il a été beaucoup critiqué après cet échec car il avait dit qu'il était sûr à 99% sûr que le pays se qualifierait pour le tournoi. Cela a été une énorme déception... Ça a pris beaucoup de temps mais depuis, les résultats montrent qu'il a su construire une équipe très résiliente, avec un bon état d'esprit", juge Daniel Roed-Johansen.

"Je n’ai jamais connu la Norvège en Coupe du Monde de toute ma vie, et je crois qu’il était temps. Le sujet était un peu… Je ne dirais pas gênant, mais ça fait tellement longtemps. Notre effectif est solide, nous travaillons vraiment bien ensemble. Pour moi, on est une équipe prometteuse grâce à ses joueurs et à leur créativité. Je pense aussi que c’est important d’être une équipe agréable à regarder", se confiait Erling Haaland auprès de la Fifa avant de se rendre aux États-Unis.

Désormais, la Norvège se prend à rêver : "Si on passe un tour de plus, ce sera une réussite incontestable. Ils savent qu'ils peuvent battre tout le monde sur un bon jour, surtout sans la pression du résultat. C'est une bonne position dans laquelle être", assure le journaliste. Avant le tournoi, les bookmakers faisaient des Scandinaves la 9e équipe favorite pour remporter la Coupe du monde. Et si c'était eux la grande surprise ?

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