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Corruption à la FIFA : la semaine où la fédération s'est fait épingler

VIDÉO - Le scandale qui a touché la FIFA a fait l'objet d'un véritable séisme dans le monde du football. Seul son président, Sepp Blatter n'a pas été déstabilisé par l'onde de choc.

Sepp Blatter, le président de la FIFA, le 29 mai 2015
Sepp Blatter, le président de la FIFA, le 29 mai 2015
Crédit : FABRICE COFFRINI / AFP
Marie-Pierre Haddad

La semaine a été agitée pour la FIFA. La fédération internationale de football est au cœur d'une enquête menée par la justice américaine. Neuf élus actuels ou passés par l'instance ont été inculpés de corruption, racket et blanchiment. Ils sont accusés d'avoir reçu ou distribué plus de 150 millions de dollars depuis 1991. Ces révélations ont surgi la semaine de l'élection du président de la FIFA. Rapidement, les pros et les anti-Blatter se sont manifestés par médias interposés. Le président de la FIFA n'est cependant pas directement concerné par ces accusations.

Lundi : Michel Platini opposé à la réélection de Sepp Blatter

Avant même les interpellations faites par la justice américaine, Michel Platini, le président de l'UEFA, n'avait pas hésité à montrer son soutien au Prince Ali, principal concurrent de Sepp Blatter au poste de président de la FIFA. "J'ai l'intime conviction qu'Ali (...) pourrait faire un grand président de la FIFA", déclarait-il dans un entretien au journal L'Équipe, avant d'ajouter que la fédération "a besoin d'un nouveau leader, de sang neuf et d'air frais". 

Même constat du côté de l'ancien footballeur Diego Maradona, qui appelle Sepp Blatter "l'homme de glace". "Il lui manque l'inspiration et la passion qui constituent le cœur même du football. S'il incarne le visage du football international, alors nous sommes bien mal embarqués (...) Sous Sepp Blatter, la FIFA est devenue une honte et une douloureuse gêne pour nous autres qui aimons le football", a notamment déclaré Maradona dans une interview au Daily Telegraph

Mercredi : Neuf personnes inculpées pour corruption

C'est le mercredi 27 mai que tout va basculer, avec l'arrestation à Zurich de plusieurs responsables de la FIFA. Le ministère de la Justice suisse explique dans un communiqué que "la police cantonale a arrêté sept fonctionnaires du football (...) à la demande des autorités américaines. Des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d'organisations footballistiques (des délégués de la FIFA et d'autres personnes appartenant à des organisations affiliées à la Fédération Internationale de Football Association) en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux États-Unis et en Amérique du Sud".

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Les accusations de corruption choquent peu Pascal Praud. Le journaliste estime que "la FIFA est corrompue par nature. Elle agit sans contrôle depuis toujours et le pouvoir de Sepp Blatter dépasse celui d'un chef d'État". Il critique le fait que moins d'une vingtaine de personnes décident d'attribuer la Coupe du monde. Ainsi, il ne s'étonne pas qu'ils puissent avoir été influencés dans leurs choix par des compensations financières. Mais pourquoi ce système tient-il depuis si longtemps ? "Parce que dans 9 cas sur 10 la corruption est improuvable, explique Pascal Praud. Et parce que tout le monde se tient par la barbichette. La FIFA est richissime, elle redistribue à tous les pays membres".

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"La Fifa est corrompue par nature", dit Pascal Praud
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Jeudi : Platini et les sponsors en guerre contre Blatter

À la veille de l'élection du président de la FIFA, Nike, Adidas et Coca-Cola, entreprises associées au sponsoring de la Coupe du monde, font front contre Sepp Blatter et demandent que le ménage soit fait, afin d'avoir une politique plus transparente. La marque de cartes de crédit Visa a même été jusqu'à menacer de se désengager. Faute de changements, "nous avons informé (la FIFA, ndlr) que nous réévaluerions notre parrainage", a fait valoir Visa dans un communiqué, évoquant ses "profondes déception et inquiétude".

La FIFA est avant tout une puissance financière. "Elle encaisse beaucoup d'argent, grâce à l'organisation de la Coupe du monde de football, dont elle est chargée (...) À l'heure du virtuel et des réseaux, le foot est le spectacle vivant le plus prisé au monde. D'où l'envolée des tarifs pour retransmettre les matches en direct à la télévision et puis l'arrivée d'investisseurs richissimes dans les clubs de réputation mondiale, l'essor du sponsoring et puis tous les produits dérivés : des vêtements jusqu'aux jeux vidéo. Par exemple, le jeu FIFA pour consoles, qui a une nouvelle version chaque année, est l'un des plus vendus au monde", analyse François Lenglet.

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La FIFA, un empire financier
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En 2014, la fédération a réalisé un chiffre d'affaires de près de 2 milliards d'euros. Cette année était record en raison de la Coupe du monde au Brésil. Sur quatre ans, c'est-à-dire d'une compétition à l'autre pour tout un cycle, la FIFA a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Vendredi : Sepp Blatter fait taire ses détracteurs avec sa réélection

À chaque jour, sa révélation. Constant Omari, le président de la Fédération congolaise de football, défend Sepp Blatter et estime qu'"au sein de la FIFA, le principe est clair, une association est égale à une voix, que vous vous appelez Fédération française de football ou non. On ne peut pas parler avec un tel mépris". Il évoque aussi l'attribution du Mondial à l'Allemagne en 2006 : "L'Allemagne avait racheté la voix de l'Océanie, illégalement, pour obtenir l'organisation de la Coupe du monde".

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Corruption à la FIFA : "L'Allemagne a racheté la voix de l'Océanie illégalement en 2006", dit Constant Omari
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À quelques heures du vote, Sepp Blatter semblait encore avoir toutes ses chances pour briguer un cinquième mandatSur les 209 fédérations qui sont appelées au vote, les 100 voix de l'Afrique et de l'Asie devaient revenir au président sortant. De leur côté, les États-Unis et le Canada ont soutienu le Prince jordanien. Mais si Michel Platini a appelé au vote massif des fédérations européennes contre Sepp Blatter, elles n'ont pas pas toutes suivies ses consignes : la fédération française était, par exemple, encore indécise. L'élection d'Ali bin Al Hussein était mal engagée.

Son opposant, le prince Ali, est le demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie. Il est vice-président de l'instance dirigeante du football mondial depuis 2011 et dirigeant de la Fédération jordanienne de football depuis 1999. Ce candidat entendait redorer le blason de l'institution et bénéficie de soutien de poids, à commencer par celui de Michel Platini.

Mais cela n'a pas suffi pas à évincer Sepp Blatter qui a été réélu président pour un cinquième mandat. À 79 ans, il garde ainsi la tête de la FIFA, après que le prince Ali s'est retiré à l'issue du premier tour. Cependant, un deuxième tour avait été annoncé, car aucun des deux candidats n'avait réuni les deux tiers des votes. Il fallait 140 votes pour être reconduit directement. Sepp Blatter, large favori, n'avait recueilli que 133 suffrages contre 73 pour son challenger jordanien.

Samedi : Sepp Blatter répond à Michel Platini et règle ses comptes

Le fraîchement reconduit Sepp Blatter fait donc un retour en force et en profite pour régler ses comptes avec Michel Platini, dans un entretien à la télévision suisse. Président depuis 1998, il commencera par se dire "choqué" par les accusations de la ministre de la Justice des États-Unis Loretta Lynch envers la FIFA. Celui qui a intégré la fédération internationale de football il y a 40 ans ne digère pas le coup de filet, dans un hôtel de luxe de Zurich (sept responsables de la FIFA arrêtés), à deux jours de sa réélection. 

Il adresse ainsi un message particulier au président de l'UEFA : "On ne m'enlèvera pas de l'idée que (ce n'est pas) une simple coïncidence cette attaque des Américains et la réaction de l'UEFA et de M. Platini", tonne le président réélu de la FIFA. Il dénonce ainsi une "haine, venue non pas seulement d'une personne à l'UEFA, mais d'une organisation, l'UEFA, qui n'a pas compris qu'en (1998) je suis devenu président".

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