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Ballon d'Or 2015 : pourquoi c'était mieux avant ?

DÉCRYPTAGE - Depuis 2010, ce sont les joueurs et les sélectionneurs qui ont le plus de poids dans le vote du Ballon d'Or qui tient de moins en moins compte du palmarès.

Cristiano Ronaldo, lauréat de l'édition 2013 du FIFA Ballon d'Or, le 13 janvier 2014, à Zurich, en Suisse.
Cristiano Ronaldo, lauréat de l'édition 2013 du FIFA Ballon d'Or, le 13 janvier 2014, à Zurich, en Suisse.
Julien Absalon
Julien Absalon

Lundi 11 janvier, le monde du football se réunit à Zurich pour savoir qui de Lionel Messi, Cristiano Ronaldo ou Neymar va repartir avec le Ballon d'Or de l'année 2015. À en croire une fuite sur le site de la FIFA, l'Argentin devrait récupérer son cinquième trophée (du jamais vu), empêcher son rival portugais d'en obtenir un quatrième et priver son coéquipier brésilien d'en remporter un pour la première fois.

Ce qui est certain, c'est que ce sont les capitaines des équipes nationales, les sélectionneurs du monde entier et un journaliste de chaque pays qui choisissent. Un mode de fonctionnement qui n'est que très récent. Avant 2010, sous l'égide de France Football, le créateur du trophée, seul un collège de journalistes internationaux pouvait voter. 43 joueurs différents ont ainsi été distingués et, parmi eux, seulement 8 ont été élus plus de deux fois : Franz Beckenbauer, Marco van Basten, Johan Cruyff, Alfredo Di Stefano, Kevin Keegan, Michel Platini, Ronaldo et Karl-Heinz Rummenigge. Il y avait ainsi une grande variété parmi les vainqueurs, ce qui était l’un des ingrédients faisant du Ballon d'Or une récompense prestigieuse et particulièrement attendue.

Le récit d'une saison plutôt que les statistiques

Bien sûr, le vote des journalistes n’était pas exempt de critiques. Beaucoup d'observateurs se sont émus que les noms de Thierry Henry ou de Paolo Maldini, par exemple, ne soient pas inscrits à ce palmarès. Nombreux aussi sont ceux à s’être étonné du choix de 2004, lorsque Andriy Shevchenko (AC Milan) l’avait emporté devant le milieu de terrain portugais Deco, pourtant vainqueur de la Ligue des champions avec le FC Porto contre l’AS Monaco et finaliste de l’Euro face à la Grèce. Mais le prolifique attaquant ukrainien symbolisait le “Grand Milan” qui était l’équipe européenne à battre, l’une de celles ayant marqué d’une empreinte indélébile l’histoire du football.

Depuis que la FIFA a pris en charge l’organisation du Ballon d’Or en 2010, seuls Lionel Messi (2010, 2011, 2012) et Cristiano Ronaldo (2013, 2014) ont touché le Graal. Au vu de leurs statistiques absolument affolantes, il est sans doute question ici des deux meilleurs joueurs de la planète, intrinsèquement parlant. Mais à force de privilégier le nombre de buts inscrits plutôt que de faire une photographie d'ensemble du football pratiqué sur une année, le Ballon d'Or semble avoir quelque peu perdu de sa superbe et ne plus susciter autant de ferveur qu'autrefois.

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D'ailleurs, l'élection de Lionel Messi en 2010 est sans doute la plus discutable de toutes. Sacré l’année précédente pour la première fois de sa carrière, l’Argentin sort d’une saison magistrale à 34 buts en championnat d’Espagne et à 8 réalisations en Ligue des champions (meilleur buteur). Seulement, 2010 est avant tout une année de Coupe du monde, compétition que le Ballon d’Or suivait de près pour désigner ses lauréats : Lothar Matthaüs en 1990, Zinédine Zidane en 1998, Ronaldo en 2002, Fabio Cannavaro en 2006. Mais en Afrique du Sud, Lionel Messi réalise un tournoi sans éclat. Deux noms s’imposent alors chez les finalistes : Andrés Iniesta, auteur du but de la victoire pour l’Espagne, et Wesley Sneijder, co-meilleur buteur du Mondial avec les Pays-Bas et vainqueur de la Ligue des champions quelques semaines plus tôt avec l’Inter Milan. Le même genre de reproches existent aussi pour 2014, le gardien allemand Manuel Neuer finissant seulement 3e après avoir remporté la Coupe du monde au Brésil.

Un manque d'objectivité ?

Mais les critiques autour du Ballon d’Or “made in FIFA” viennent surtout de son mode de scrutin qui donne désormais plus de poids aux acteurs du football. Une intention louable qui permet de donner encore plus de légitimité au vainqueur. Quoi de mieux en effet que d’être reconnu comme le meilleur par ses pairs ? Seulement, le vote donne parfois l’impression qu’il n’est plus vraiment question d’élire le “meilleur joueur de l’année” mais plutôt le plus populaire. Pour s'en rendre compte, il suffit de décortiquer le vote des capitaines et des sélectionneurs. On ne compte plus ceux qui votent avant tout pour leurs compatriotes ou leurs coéquipiers en club, comme le montrait L'Équipe en 2014.

D'autres semblent même voter machinalement pour Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo. En 2013, Franck Ribéry termine seulement 3e alors qu'il est l'élément-clé d'un Bayern Munich qui rafle tout. Peu avant l'annonce de ce résultat, le défenseur brésilien Thiago Silva confie alors avoir voté Lionel Messi un peu trop vite : "Si on considère la forme du moment, je pense que Ribéry est proche du trophée, tout comme Cristiano Ronaldo. Si je pouvais avoir une nouvelle occasion de voter, je changerais mon vote".

Tout cela "pose problème", regrettait d'ailleurs Michel Platini, président de l'UEFA, déçu de voir qu'il n'y a désormais plus que la "valeur globale des joueurs" qui compte. Mais après tout, peut-être que dans quelques années, cette domination totale de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sur le Ballon d'Or rappelleront que cette période du football était tout simplement hors-norme.

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