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Sophie Cunningham lors d'un match de la WNBA entre Indiana et Chicago, le 8 août 2026.
Crédit : Michael Reaves / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Après l'athlétisme ou le tennis, c'est au tour du basket de débattre de la place des femmes transgenres dans le sport. La ligue de basketball américaine - la WNBA - est secouée depuis plusieurs semaines par des divisions autour de ce sujet, un des grands combats de Donald Trump. Tout a commencé fin juillet, avec cette petite phrase de Sophie Cunningham, joueuse phare de la discipline (3,7 millions de followers sur Instagram), lors d'une interview avec le média sportif ESPN.
La joueuse des Indiana Fever, régulièrement surnommée "MAGA Barbie" (après le mouvement de Donald Trump, Make America Great Again), a mis le feu aux poudres en déclarant : "Je veux protéger les petites filles dans les vestiaires, ou les jeunes filles dans le sport, qui ne devraient pas avoir à affronter des hommes biologiques." Si elle assure ne pas "être une personne politique", ses propos ont pourtant eu l'effet d'une bombe dans la ligue. Elle n'a d'ailleurs pas voulu revenir dessus, malgré les critiques, assurant qu'il s'agissait de "bon sens".
Dans une Amérique où les mesures discriminantes contre les personnes transgenres se multiplient depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les propos de Sophie Cunningham n'ont pas tardé à être repris par le gouvernement américain.
La porte-parole du président a estimé que les attaques contre la joueuse étaient "ridicules" et orchestrées "par la gauche". Donald Trump "suit cette histoire. Comme vous le savez c'est un sujet qui lui tient à cœur, et aux Américains aussi", a-t-elle ajouté, alors que le vice-président JD Vance qualifiait la joueuse "d'inspirante".
Sur les bords des terrains de basket, quelques pancartes "merci Sophie" ont été aperçues après l'interview de la basketteuse mais surtout, cette dernière a été énormément sifflée à chaque fois qu'elle touchait la balle, comme lors du match contre les Minnesota Lynx, le 2 août dernier. L'entraîneuse de ces dernières, Cheryl Reeve, arborait fièrement un tee-shirt "Les enfants trans ont leur place" ("Trans kids belong").
"Le discours que je trouve problématique consiste à laisser entendre que les athlètes transgenres représentent le problème majeur du sport féminin. Une partie de la population de notre pays transforme cette question en un problème considérable", a-t-elle déclaré.
D'autres joueuses se sont de leur côté exprimées pour l'inclusion des femmes transgenres, comme Gabby Williams, ailière des Golden State Valkyries, qui a assuré qu'elle les accueillerait "dans mon équipe ou dans l'équipe adverse à tout moment". La WNBPA, le syndicat des joueuses, a même publié un communiqué assurant défendre "la justice, l'équité, la diversité et l'inclusion".
"La haine, les abus et la diabolisation de toute personne ou de tout groupe, y compris les personnes transgenres, ne font qu'alimenter la peur, la division et la souffrance. Nous continuerons à mener des discussions difficiles. Mais nous ne nous laisserons pas utiliser comme des pions", peut-on lire dans le communiqué.
Car techniquement, les femmes transgenres ont le droit de jouer dans la WNBA, même si aucune ne l'a encore fait. Le règlement de la WNBA stipule que "seules les joueuses sont éligibles pour jouer", ne précisant rien sur l'identité de genre ou des possibles tests sur les niveaux de testostérone, comme il est le cas dans d'autres sports.
Plusieurs ont dénoncé cette "faille" comme deux anciens joueurs de NBA, Enes Kanter Freedom et Royce White. Ces derniers ont poussé la dénonciation d'un cran, annonçant qu'ils étaient éligibles au draft de l'année prochaine, s'identifiant comme des femmes.
"Après mûre réflexion et examen des critères d'éligibilité en vigueur, je me déclare officiellement éligible pour la WNBA. Si cette auto-déclaration suffit à remplir les conditions, alors je remplis toutes les conditions requises pour évoluer dans la ligue. Mon équipe et moi avons minutieusement analysé les critères d’éligibilité de la WNBA ainsi que le cadre réglementaire entourant l’auto-identification et l’inclusion. Sur la base des directives actuelles, je peux et je déclare officiellement mon éligibilité pour la draft WNBA d’avril 2027", a écrit Enes Kanter Freedom sur ses réseaux sociaux.
"Je suis maintenant transgenre. Je vais tenter une carrière en WNBA. Je m’identifie comme une femme transgenre. Je souhaite être traitée équitablement et je refuse toute discrimination. C’est un projet sérieux. Après 35 ans, je réalise que je suis une femme", a assuré de son côté Royce White, connu pour être un pro Trump.
Face à l'emballement politique, reflet des fractures de la population américaine, la WNBA n'a eu de choix que de réagir. Cathy Engelbert, la commissaire de la ligue, a adressé une note à toutes les équipes, qu'Associated Press a pu consulter. "Je tenais à vous écrire pour vous expliquer comment nous abordons ces discussions au siège de la ligue et pour remercier ceux d'entre vous qui ont répondu aux questions des médias avec réflexion et professionnalisme", a-t-elle écrit. Un groupe de travail, composé des présidents et des directeurs généraux des équipes, va se pencher sur la question la semaine prochaine, "dans le respect et en accord avec les valeurs de longue date de notre ligue".
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