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Les joueuses de tennis désormais obligées de passer un test génétique pour déterminer le "sexe biologique"

La WTA a mis en place une nouvelle politique d'éligibilité depuis mardi 21 juillet, forçant les joueuses à réaliser un test de détection du gène SRY pour déterminer leur sexe biologique. La décision a été déplorée par Amélie Oudéa-Castéra.

Illustration balles de tennis

Crédit : EZRA SHAW / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Marine Langlois

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Après l'athlétisme et les JO, c'est au tour du tennis d'imposer un test génétique aux femmes. Le principal circuit international professionnel féminin, le Women’s Tennis Association (WTA), a une nouvelle politique d'éligibilité depuis mardi 21 juillet : les joueuses doivent désormais se soumettre à un test génétique de dépistage du sexe biologique, comme indiqué sur le site de la WTA

Cette nouvelle politique a pour but "d'établir des critères d'éligibilité clairs pour la participation aux tournois de la WTA" pour maintenir "l’intégrité du tennis professionnel féminin et garantir des conditions de compétition équitables pour toutes les joueuses", assure l'instance. Elle reconnaît qu'il s'agit "d’une question sensible et complexe" et assure n'avoir "aucune intention de manquer de respect ou de remettre en cause l’identité de genre ou la dignité de quiconque". 

Les Grand Chelem concernés ?

Les joueuses du circuit vont donc devoir passer un test génétique pour déterminer le présence ou non du gène SRY, localisé que le chromosome Y et donc généralement utilisé pour la différenciation sexuelle des mâles. "On entend par 'homme biologique' une personne qui, indépendamment de son sexe légal ou de son identité de genre, possède le gène SRY et qui, de ce fait, possède ou a possédé des testicules ou des traces de testicules, et on entend par 'femme biologique' une personne qui, indépendamment de son sexe légal ou de son identité de genre, ne possède pas le gène SRY et qui, de ce fait, possède ou a possédé des ovaires ou des traces d’ovaires", peut-on lire dans la politique de la WTA. 

Les joueuses, y compris les mineures, devront donc réaliser ce test de dépistage (prélèvement buccal, échantillon sanguin ou de salive) une seule fois dans leur carrière. Les frais seront pris en charge pas la WTA qui ne divulguera pas publiquement les résultats. D'après L'Équipe, la campagne de dépistage devrait débuter dès le mois d'août et pour le moment ne concerne que les tournois de la WTA, pas les Grand Chelem (Open d'Australie, US Open, Wimbledon et Roland-Garros) qui sont régis par une instance différente, World Tennis. 

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Cette dernière "prend acte de l'annonce de la WTA concernant l'introduction de critères d'éligibilité révisés pour le circuit WTA", assure qu'elle va continuer "à collaborer avec toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la mise en place des procédures nécessaires pour assurer le respect des critères d'éligibilité féminins" et que sa "démarche sera guidée par des données scientifiques, l'équité de la compétition et le bien-être des joueuses", d'après le quotidien sportif.

"C'est un recul en matière d'inclusion"

Cette décision de la WTA est dans la lignée de la Fédération internationale d'athlétisme et du World Boxing, qui ont déjà mis une mesure similaire en place en 2025. Près de trente ans après y avoir renoncé, le Comité international olympique a également rétabli les tests génétiques de féminité à compter des Jeux de Los Angeles, bannissant ainsi du sport féminin les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes.

Dans l'histoire du tennis féminin, une seule femme transgenre s'est imposée dans le circuit féminin : Renée Richards dans les années 1970. Une décision de justice lui avait permis de participer aux compétitions féminines de tennis professionnel. Avant de quitter le sport dans les années 80, elle avait atteint la 20e place du classement mondial. 

Les joueuses en activité n'ont pour le moment pas réagi à la nouvelle. Mais Martina Navratilova, ancienne n°1 mondiale et coachée notamment par Renée Richards, a défendu la décision. "Je n'ai joué aucun rôle dans cette décision en particulier, mais je suis très heureuse que la WTA affirme clairement que nous sommes une association féminine et que seules les femmes, c'est-à-dire les personnes de sexe féminin, peuvent concourir au plus haut niveau du tennis féminin", a-t-elle déclaré sur X

Auprès de l'Équipe, l'ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a quant à elle dénoncé une décision qui va "trop vite et trop loin". Ajoutant : "Je suis secouée par cette politique, parce qu'elle ne correspond pas au socle de valeurs de la France. C'est un recul en matière d'inclusion, c'est intrusif pour les femmes."

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