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Paul Seixas et Tadej Pogacar.
Crédit : AFP
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Voilà enfin un concurrent à sa mesure. Annoncé comme le prodige que le cyclisme français attend depuis plusieurs décennies, Paul Seixas se lance à la conquête de son premier Monument, avec Liège-Bastogne-Liège, dimanche 26 avril. Mais face à lui se dresse tout simplement le boss incontesté : Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG), quadruple vainqueur du Tour de France et d'une pelletée de classiques, dont Milan-San Remo en mars. Si les deux hommes ont déjà été alignés plusieurs fois sur les mêmes courses, c'est la première fois depuis que le Français de 19 ans a changé de statut.
Dans le top 10 du Tour de Lombardie remporté par "Pogi", troisième des championnats d'Europe dans la Drôme glanés par "Pogi", dauphin sur les Strade Bianche en février derrière "Pogi"... Paul Seixas avait déjà quelques références, mais ses victoires sur le Tour du Pays basque - aucun coureur tricolore ne s'était imposé sur une course à étapes en World Tour depuis 19 ans - et mercredi, sur la Flèche Wallonne en patron, l'ont fait basculer dans une autre dimension. À tel point qu'on le décrit déjà comme l'un des trois à cinq meilleurs cyclistes du monde.
Qu'a-t-il de plus que les autres ? Un peu de tout. C'est un excellent rouleur qui excelle dès que la route s'élève, s'amuse quand elle redescend, et est capable de défier le chronomètre dans toutes les situations. Le leader de Decathlon CMA CGM est un prodige qui défie la science, est prêt à mettre son corps à l'épreuve, dur au mal, avec des capacités hors du commun, décelées dès le plus jeune âge dans son premier club à Lyon.
"La première sortie sur la route, dès qu'on a monté la première côte, le président qui les accompagnait leur dit d'y aller à leur rythme. Il suivait celui de tête pour ne pas qu'il aille trop loin et d'un seul coup, il s'est fait lâcher. C'est là qu'il a été dit au club : 'Ce gamin a trois poumons'. Mais deux cerveaux aussi. On l'entend quand il est interviewé, il réfléchit d'entrée, il analyse tout de suite", s'émerveille à notre micro Marc Pacheco, son premier entraîneur.
Les proches de "Polo" décrivent un jeune homme "rêveur", "tête en l'air", à toujours oublier un truc, avec sa dégaine de savant fou, les cheveux bruns en pagaille. Mais aussi quelqu'un de "structuré", "bien câblé", très à l'aise en anglais et qui poursuit en parallèle ses études à l'EM Lyon, une école de commerce, un domaine dans lequel il veut "réussir aussi". Malgré son visage juvénile, c'est déjà un monstre de lucidité, qui sait faire preuve d'une grande maturité sur la route et devant les médias. C'est simple : il ne subit pas la pression, il l'absorbe.
De quoi faire dire au consultant cyclisme de RTL, Laurent Jalabert, qu'il est bien plus qu'une simple copie de son aîné slovène. "C'est Pogačar, mais en mieux. Parce que Pogačar a mis quand même deux ans avant d'arriver à ce niveau-là et je ne sais pas jusqu'où Seixas peut progresser encore. J'espère pour les autres qu'il est presque à son maximum. S'il progresse encore, moi je n'aimerais pas être coureur à cette époque", sourit le vainqueur du Tour d'Espagne 1995.
À ce rythme-là, peut-il réécrire le livre d'or de son sport ? Techniquement, il a déjà commencé en alignant les records de précocité. D'ailleurs en 2026, Paul Seixas est l'homme qui a gagné le plus de courses du peloton professionnel : sept au total, à égalité avec le Belge Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe), l'autre épouvantail de cette Doyenne ardennaise.
Si la tâche s'annonce ardue ce dimanche, tant Tadej Pogačar semble intouchable, l'enjeu pour le Français sera de nouveau de prouver sa valeur, afin de définitivement acter sa participation au Tour de France. Depuis plusieurs semaines, son équipe explique que le programme de la suite de sa saison se décidera après Liège, alors que la pression populaire pousse pour que le jeune prodige vienne sur la Grande Boucle. Il faut dire qu'il a un profil crédible pour être le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur bleu du Tour en 1985.
Reste que "le Blaireau", lui, n'en démord pas : Seixas en juillet dès cette année, ce serait une mauvaise idée. "Moi, je ne suis pas persuadé qu'il doive faire le Tour. Si je suis à sa place, je vais me confronter sur une autre course, le Tour d'Italie, et je me retrouve en face de Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike) pour me donner une idée de ma capacité. Est-ce qu'il peut tenir les 23 jours de course ? C'est le seul doute qu'on peut avoir, mais Pogačar ne va pas faire de cadeau", argumente Bernard Hinault.
"On n'a pas vu ça en France depuis 50 ans", s'enflamme néanmoins le directeur du Tour Christian Prudhomme, en espérant accueillir dès cet été ce talent à la fois hyper précoce et bluffant de maturité, un "alien" à la Victor Wembanyama. Pour connaître la réponse à cette grande inconnue, mieux vaut se pencher sur les joutes de "LBL" car une nouvelle démonstration de sa part, deviendrait une évidence absolue.
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