3 min de lecture Rafael Nadal

Open d'Australie : pourquoi l'élimination de Nadal n'est pas une surprise

DÉCRYPTAGE - L'Espagnol est tombé en quarts de finale mardi 27 janvier face au Tchèque Tomas Berdych. Ce revers était prévisible.

Rafael Nadal le 27 janvier 2015 à Melbourne
Rafael Nadal le 27 janvier 2015 à Melbourne
Gregory Fortune
Gregory Fortune
Journaliste RTL

Tomas Berdych a créé la sensation en balayant Rafael Nadal en trois sets dont une humiliante "roue de bicyclette" au 2e (6-2, 6-0, 7-6) mardi 27 janvier en quarts de finale de l'Open d'Australie. Le Tchèque restait sur une série record dans l'ère Open de 17 revers face à l'Espagnol, qu'il n'avait battu depuis... 2006. Pourtant, son succès est loin d'être une surprise. Explications.

1. Parce que Berdych arrive à maturité

Septième joueur mondial (il fut 5e en août 2013), Berdych est, avec Novak Djokovic, le seul des huit quart-de-finalistes à n'avoir concédé aucun set depuis le début du tournoi. Même au tour précédent face à l'Australien Bernard Tomic. À 29 ans, entouré d'un nouvel entraîneur depuis l'intersaison, officiellement fiancé avec le mannequin Ester Satorova, le grand Tchèque (1,96 m) dispute sans doute le meilleur tennis de sa carrière. Service, coup droit, revers, volée : tous ses coups sont plus tranchants que jamais. 

S'il rivalise depuis un moment avec les tous meilleurs, l'année 2014 a en outre marqué un changement radical : alors qu'il a toujours eu un "trou" dans l'un des quatre tournois du Grand Chelem de 2007 à 2013, autrement dit une élimination au 1er tour, le vainqueur de la Coupe Davis 2012 et 2013 est désormais régulier. Demi-finaliste, déjà, à Melbourne il y a un an, il avait enchaîné avec des quarts à Roland-Garros et à l'US Open, après une petite déception, il est vrai, à Wimbledon (16e de finale), où il a atteint sa seule finale en Grand Chelem (2010).

Tomas Berdych le 27 janvier 2015 à Melbourne
Tomas Berdych le 27 janvier 2015 à Melbourne Crédit : AFP/G.Wood

Comme le Suisse Stanislas Wawrinka ici-même en janvier dernier puis le Croate Marin Cilic en septembre à New York, Tomas Berdych est clairement en mesure d'inscrire son nom au palmarès de l'un des plus grands tournois. D'autant plus avec le match référence de ce mardi 27 janvier. Sa demi-finale face au Britannique Andy Murray, lui aussi impressionnant face à l'Australien Nick Kyrgios, promet.

2. Parce que Nadal n'est pas encore revenu à son meilleur niveau

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S'il a assuré en conférence de presse d'après-match s'être "senti bien" et n'avoir pas eu de soucis physiques, contrairement à son 2e tour face à l'Américain Tim Smyczek (crampes abdominales), Nadal a reconnu "évidemment", qu'il a "besoin de jouer davantage pour être plus compétitif", comme il l'a "été dans le troisième set". "Avant ce set, je n'avais pas la bonne attitude, je jouais trop court et je lui ai rendu les choses faciles", a précisé le numéro 3 mondial. 

Rafael Nadal à Doha le 6 janvier 2015
Rafael Nadal à Doha le 6 janvier 2015 Crédit : AFP/K.Jaafar

De fait, celui qui a remporté neuf des dix derniers Roland-Garros n'avait disputé que sept matches lors de la deuxième moitié de saison 2014, ralenti par une blessure au poignet droit puis une opération de l'appendicite. Sa défaite dès son entrée en lice à Doha début janvier pour sa reprise, face au modeste allemand Michael Berrer, ne l'avait pas rassuré. À Melbourne, après son fameux 2e tour, il avait donné l'impression de monter en puissance ensuite. C'est passé en trois manches contre l'Israëlien Dudi Sela et le Sud-Africain Kevin Anderson. Mais contre un joueur comme Tomas Berdych, c'est logiquement une autre histoire. 

3. Parce que l'Open d'Australie ne réussit généralement pas à Nadal

Dernier point, le premier Grand Chelem de la saison est celui qui réussit le moins au Majorquin. Il ne s'y est imposé qu'une fois (2009) pour deux succès à Wimbledon et Flushing Meadows, et neuf, donc à Paris. Surtout, il y a connu de grosses désillusions. L'an passé, en finale face à Wawrinka, il n'avait réellement pu défendre ses chances en raison d'une blessure au dos. En 2006 et 2013, il avait été contraint de déclarer forfait. En 2007, 2010 et 2011, il s'était arrêté en quarts de finale en raison d'une blessure, à une cuisse ou un genou.

Jo-Wilfried Tsonga et Rafael Nadal en janvier 2008
Jo-Wilfried Tsonga et Rafael Nadal en janvier 2008 Crédit : AFP/R.Garcia

Enfin, en 2008 et 2012, il avait été dominé par plus fort que lui. En demi-finale, il y a sept ans, face à un ouragan nommé Jo-Wilfried Tsonga, pour l'une des défaites les plus cuisantes de sa carrière, avec celle de ce mardi (6-2, 6-3, 6-2). Il y a deux ans, en finale, il avait poussé Novak Djokovic au 5e set mais avait finalement du s'incliner (5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5) face à un Serbe sur la lancée d'un exceptionnel cru 2011.

Open d'Australie : les résultats de mardi 27 janvier

Simple messieurs (quarts de finale) : 
Tomas Berdych (CZE) bat Rafael Nadal (ESP) 6-2, 6-0, 7-6 (7/5)  
Andy Murray (GBR/N.6) bat Nick Kyrgios (AUS) 6-3, 7-6 (7/5), 6-3

Simple dames (quarts de finale) : 
Ekaterina Makarova (RUS/N.10) bat Simona Halep (ROM/N.3) 6-4, 6-0 
Maria Sharapova (RUS/N.2) bat Eugenie Bouchard (CAN/N.7) 6-3, 6-2 

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