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NBA : le bilan de la saison des Français

ÉCLAIRAGE - Des anciens qui prennent leur temps, un petit jeune qui monte et beaucoup de blessures, les Frenchies de la balle orange ont vécu une année contrastée.

NBA : Le bilan de la saison des Français
NBA : Le bilan de la saison des Français
Crédit : AFP / RTL.fr
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet

Avec onze joueurs présents dans les différentes équipes NBA, la France fait partie des pays les mieux représentés dans le championnat américain de basket aux côtés du Canada et de l'Espagne notamment. Forte de deux champions en titre aux Spurs, des cadres chez les outsiders et d'une bande de jeunes aux dents longues, la colonie tricolore pouvait espérer de grandes choses pour les six mois de saison régulière qui se sont achevés le 15 avril.

La fusée Gobert

Brillant avec l'équipe de France lors du Mondial espagnol de l'été, Rudy Gobert est revenu dans son équipe d'Utah avec l'ambition de confirmer les très belles promesses entrevues sous le maillot bleu et d'utiliser son formidable physique à son maximum. Et le Français a surpassé toutes les attentes.

En quelques mois, le joueur formé à Cholet a conquis une place de titulaire dans une équipe débordante de talent et d'espoirs et montré qu'il avait véritablement le potentiel pour peser dans un championnat aussi compétitif que la NBA. D'abord sceptiques, les spécialistes américains sont devenus admiratifs d'un joueur avide d'apprendre.

Résultat : depuis que "Gobzilla" a été promu dans le cinq de départ, le Jazz d'Utah a réussi une fin de saison remarquable, remportant plusieurs victoires de prestige, posant ainsi les bases d'un futur radieux. Si la géant Gobert ne sera pas au rendez-vous des play-offs, il a sans doute possible été le meilleur tricolore cette saison

Un long rodage pour les Spurs

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Après un titre remporté au terme d'une campagne de play-offs somptueuse, la quasi-totalité des observateurs NBA voyaient les Spurs de San Antonio débouler à toute allure dans la nouvelle saison et pourquoi pas aller chercher le premier doublé de leur histoire. Mais le sport serait trop simple sans ses aléas. Les Texans ont donc connu une saison compliquée, marquée par de nombreuses blessures, mais terminée en boulet de canon. Symboles de cette année pour le moins étrange, les deux Frenchies d'une effectif très international : Tony Parker et Boris Diaw

Tous deux adulés lors des finales, impressionnants de régularité et parfaitement intégrés au collectif soyeux des Spurs, les deux Français ont peiné cette année. Tony Parker n'avait pas aussi peu marqué en saison régulière depuis sa première année en NBA, il y a onze ans, et a collectionné les blessures. Boris Diaw, lui, a longtemps semblé perdu, incapable d'apporter ce qui fait habituellement sa force : son incroyable polyvalence. 

Longtemps inquiétants et après avoir paru capables de manquer la "postseason", les Français se sont pourtant parfaitement ressaisis, à mesure que leur forme et celle de leurs coéquipiers revenaient. En quelques semaines, les Spurs ont retrouvé leur meilleur niveau, au point d'arriver en play-offs sûrs de leur force, tout proche même d'une étiquette de favoris à leur propre succession. 

La surprise Ajinça

Mais sur leur route vers le doublé, les Spurs pourraient bien rencontrer un obstacle de taille, la meilleure équipe de la saison : les Golden State Warriors, une franchise qui affrontera d'abord au premier tour un autre Français, Alexis Ajinça. Après un passage presque parfait en Europe et quelques belles campagnes sous le maillot bleu, l'immense intérieur (2,18m) a retrouvé une équipe NBA, les surprenants Pélicans de la Nouvelle-Orléans

Et aux côtés d'un des plus grands talents du basket mondial, Anthony Davis, le Français a su grappiller des minutes importantes et même faire gagner quelques matches avec des paniers de dernière minute. Sept ans après avoir débuté dans le championnat américain, le pivot semble avoir enfin trouvé la stabilité et un rôle intéressant dans une équipe prometteuse.

Des habitués en petite forme

Ce qui n'est pas forcément le cas d'autres tricolores de la NBA, habitués aux premiers rôles, mais bien moins en vue cette année. Dans cette catégorie, comment ne pas citer Joakim Noah. Dans une équipe des Bulls que beaucoup imaginaient pourquoi pas aller jusqu'au titre, celui qui avait croulé sous les honneurs l'an passé, n'a pas su confirmer. Souvent blessé, peinant à s'accorder avec son nouveau compère de la raquette, Pau Gasol, le meilleur défenseur 2014 n'a pas sorti de grosse performance. Reste à voir s'il saura se reprendre au meilleur des moments. Tout de même troisièmes, les Bulls auront une belle carte à jouer dans une faiblarde conférence Est.

Autre cadre français du championnat, Nicolas Batum a lui aussi connu une saison galère, qu'il tentera de sauver par un gros coup en play-offs. En panne d'adresse, souvent très (trop) utilisé par son coach, "Batman" est en perte de vitesse et semble à court de forme, comme toute son équipe de Portland. Une triste habitude pour les Blazers, régulièrement auteurs de saisons régulières solides, mais épuisés au moment de disputer les matches couperets. 

Trop souvent sur la touche, mal exploités par leurs entraîneurs ou victimes de défaillances, trois autres tricolores ont aussi vécu six mois difficiles, à commencer par Evan Fournier. Alors qu'il devait enfin exploser au grand jour, le prodige français avait parfaitement commencé avant de voir son entraîneur perdre les pédales, multiplier les erreurs grossières de coaching et ruiner la belle dynamique du Magic d'Orlando. 

Après avoir loupé toute la fin de saison sur blessure, l'arrière se retrouve désormais dans une position inconfortable, malgré un talent immense et maintes fois démontré. Une situation qui ressemble à celle de Kévin Séraphin, le sous-utilisé intérieur des Wizards de Washington, qui peine comme chaque année à se faire une place au soleil, malgré des performances solides. Finalement, Ian Mahinmi a souffert comme toute son équipe d'Indiana des transferts et blessures, à tel point que le finaliste à l'Est 2014 manquera tout simplement les play-offs. 

Durs débuts pour les novices

Damien Inglis, fait partie des nombreux Rookies, les joueurs débutants, qui n'ont pas franchement connu une saison idyllique. Blessé avant même le premier match de l'année, le joueur formé à Roanne attend encore sa première apparition dans la grande ligue. Mais avec Jason Kidd comme coach, et une belle bande de jeunes surdimensionnés, son équipes des Bucks a brillamment obtenu sa qualification en play-offs, une expérience dont Damien Inglis devra se servir l'an prochain, quand il foulera enfin les parquets NBA. 


Pour Joffrey Lauvergne, l'autre Français novice, les débuts américains ne se sont pas tout à fait déroulés comme dans un rêve. Véritable idole des supporters dans les clubs européens pour lesquels il a brillé, l'intérieur a vécu des débuts contrastés aux États-Unis. Signé à la va-vite par une équipe de Denver en perdition et qui venait de renvoyer son entraîneur, l'ailier-fort n'a pas débarqué dans les Montagnes Rocheuses bardé de certitudes.

Résultat : un temps de jeu variable, quelques performances solides, mais un flou artistique autour d'une franchise qui devrait considérablement changer à l'intersaison. Bref, Joffrey Lauvergne devra sans doute attendre encore quelques mois avant de pouvoir véritablement se poser, s'imposer et lancer sa carrière outre-Atlantique.

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