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"L'absence de Pogacar change son statut" : à seulement 20 ans, Paul Seixas a les épaules pour devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire

Deuxième du Grand Prix de Montréal il y a deux semaines et médaillé de bronze sur le contre-la-montre des Mondiaux québécois le week-end passé, le Lyonnais espère décrocher le maillot arc-en-ciel sur la course en ligne, dimanche 27 septembre, en profitant du forfait du double tenant du titre, Tadej Pogacar.

Le coureur français Paul Seixas sur le podium du contre-la-montre des championnats du monde de cyclisme, le 20 septembre 2026 à Montréal.

Crédit : Andrej Ivanov / AFP

Gabriel Joly

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Déjà l'étoffe d'un champion du monde en puissance. Trois jours après avoir fêté son 20e anniversaire, Paul Seixas va tenter de décrocher la plus grande victoire de sa précoce carrière et de se parer du mythique maillot arc-en-ciel à l'issue de la course en ligne des Mondiaux de cyclisme sur route, dimanche 27 septembre dans les rues de Montréal.

En l'absence de l'ogre Tadej Pogacar, double tenant du titre mais blessé sur chute lors de la dernière Vuelta, le prodige français s'avance comme l'un des principaux favoris avec Remco Evenepoel, déjà sacré en 2022 dans l'exercice et vainqueur du contre-la-montre pour la quatrième édition de suite dimanche dernier.

En bronze sur le chrono derrière le Belge et l'Italien Filippo Ganna, les deux meilleurs rouleurs de la planète, Seixas a montré qu'il était particulièrement en forme, après avoir déjà joué la gagne avec son rival mexicain Isaac Del Toro lors du dernier Grand Prix de Montréal, étant seulement battu au sprint il y a deux semaines.

"C'est sûr que c'est une grande fierté d'être avec ces mecs-là. Les sensations sont bonnes donc ça me donne encore plus de confiance en vue de la semaine prochaine. J'espère faire mieux et être sur une autre marche du podium", expliquait-il alors, jurant ne pas avoir volontairement pris trop de risques sur l'épreuve chronométrée. "L'objectif forcément c'est de gagner. Avec la forme que j'ai en ce moment, ce serait une déception de faire autre chose", a-t-il d'ailleurs de nouveau insisté mercredi lors d'un point presse, lui qui deviendrait le plus jeune champion du monde de l'histoire en cas de succès, devant le Belge Karel Kaers (20 ans et 76 jours) en 1934.

Une équipe de France entièrement dévouée au phénomène

"Il est un cran au-dessus physiquement. Il me rappelle Tadej : quand on va rouler ensemble, il nous broie. Quand ils sont sur le vélo, ce sont des leaders incontestés, ça se ressent, c'est une aura qu'ils ont. Après, Tadej a beaucoup d'expérience, alors que Paul vient de commencer. C'est peut-être là où je peux lui apporter quelques conseils, quelques trucs que je connais, qu'il n'a pas encore eu l'opportunité de voir", a confié son coéquipier Pavel Sivakov, qui sera son lieutenant au sein de la sélection tricolore, lui qui épaule habituellement "Pogi" chez UAE-Emirates.

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"Paul arrive avec un statut complètement changé. L'an passé, c'était un coureur qui découvrait. Maintenant, il vient avec l'ambition de gagner. Il a fait une saison extraordinaire et l'absence de Tadej aussi change son statut ici", a poursuivi celui qui se dit prêt à rouler dès le kilomètre zéro pour son futur leader avec Decathlon CMA CGM, qu'il rejoindra l'an prochain.

Une constante chez les Bleus, tous mis au service du 4e du dernier Tour de France, comme souhaité par le sélectionneur Thomas Voeckler : "Il n'y a pas de plan B", a ainsi résumé Nicolas Prodhomme qui est avec Jordan Labrosse l'un des deux coéquipiers de Seixas toute la saison. "Paul a montré qu'il méritait d'avoir les sept mecs à son service", a encore abondé le grimpeur Valentin Paret-Peintre, passé par AG2R, l'ancien nom de Decathlon.

"Thomas est en train de construire un groupe autour de Paul pour les années futures, a confirmé pareillement Alex Baudin. La sélection, ce n'est pas juste sur la puissance et les résultats. C'est aussi sur la capacité à travailler en équipe et avoir ce petit truc en plus pour se dépouiller pour un leader." 

"On aura intérêt à durcir la course"

"Il n'y a pas débat. À la pédale, il est beaucoup plus fort que nous. J'ai vraiment hâte de courir pour lui parce qu'on sait qu'il va aller chercher un résultat", a-t-il ajouté, voulant veut "rendre la course la plus dure possible pour avantager Paul et éliminer ces mecs comme [Mathieu] Van der Poel et [Wout] Van Aert". Comme le Néerlandais et le Belge, le Britannique Thomas Pidcock, l'Irlandais Ben Healy et l'Américian Brandon McNulty pourraient tenter de tirer leur épingle du jeu.

Mais ils ne semblent pas aussi armés que Seixas, qui a encore prouvé lors du Grand Prix de Montréal qu'il avait un sacré punch, sortant tout le monde de sa roue, avant de voir Del Toro recoller et le coiffer en profitant d'une erreur d'inattention du Lyonnais à quelques hectomètres de la ligne. Cette fois, sur un parcours plus long, il devrait avoir plus d'opportunité de mettre au supplice ses concurrents. Au programme ? 273,7 kilomètres au départ de Brossard, pour près de 6h40 d'effort, sachant que les 400 derniers mètres offriront des raidillons autour de 6%.

"C'est un parcours qui est assez ouvert : on peut se rapprocher plus d'un profil puncheur-grimpeur ou d'un profil puncheur-sprinteur. Ça dépendra beaucoup du scénario de course. Pour nous, on aura intérêt à durcir la course. Mais arriver avec un ou plusieurs coureurs peut aussi me convenir, parce que je ne suis pas non plus lent au sprint", a estimé le Français, le seul à avoir un temps rivalisé avec Pogacar sur le dernier Liège-Bastogne-Liège, quand Evenepoel avait rapidement baissé pavillon après la grosse attaque du Slovène fin avril.

Mieux vaudrait toutefois pour lui d'arriver à décramponner tout le monde avant une grande explication finale, comme avait par exemple pu le faire un certain Julian Alaphilippe, lors de ses deux titres planétaires en 2020 et 2021, à Imola et Louvain.

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