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Victor Wembanyama lors du match 1 du premier tour des playoffs (phases finales NBA) de la Conférence Ouest face aux Portland Trail Blazers, au Frost Bank Center, le 19 avril 2026 à San Antonio, au Texas.
Crédit : Ronald Cortes / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Victor Wembanyama n'en finit plus d'impressionner. À 2,24 m, le Français des San Antonio Spurs marche sur la NBA... Sacré meilleur défenseur de la saison ce lundi 21 avril, il s'invite désormais dans la course au trophée individuel le plus prestigieux : le MVP (Most Valuable Player, meilleur joueur sur une saison).
Sur le parquet, "Wemby" continue d'empiler les performances. Pour lancer les playoffs (les phases finales de NBA), il a inscrit 35 points face à Portland, confirmant une dynamique exceptionnelle. Une montée en puissance qui coïncide avec l'annonce de sa présence parmi les trois finalistes, aux côtés de Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City) et Nikola Jokic (Denver).
Historiquement, la récompense couronne une superstar d'une équipe dominante. Mais avec Wembanyama, le débat évolue. Son impact défensif inédit pourrait en effet rebattre les cartes dans une ligue où l'attaque a longtemps primé.
Car cette saison, le Français ne s'est pas contenté de performer. Il a aussi pris la parole pour défendre sa candidature. Un exercice inhabituel en NBA, qui a surpris jusque dans les médias américains. "Il n'y a pas vraiment de campagne organisée", explique le journaliste de L'Equipe Maxime Aubin auprès de RTL.fr. "En général, ce sont les franchises, les coachs et les coéquipiers qui poussent leur joueur MVP. Mais avec Wemby, c'est différent : il a lui-même pris la parole, et ça a créé un énorme buzz".
Tout est parti d'un échange dans un vestiaire, avant une conférence de presse. Installé depuis près de trois ans à San Antonio pour suivre le tricolore, le journaliste raconte : "Il était dans une discussion assez spontanée, et il a commencé à défendre ses arguments. Ensuite en conférence, il a structuré son discours. Ce qui est fou, c'est que tu ne sais pas si c'est improvisé ou totalement réfléchi. Mais dans tous les cas, c'était très maîtrisé."
"Je pense que je suis le joueur le plus impactant de la Ligue défensivement", avait vanté Victor Wembanyama le 24 mars. "Nous avons quasiment balayé Oklahoma City, le tenant du titre de cette saison. Quatre victoires en cinq matchs. Et puis l'impact offensif ne se résume pas aux points marqués. Il y a un débat, c'est vrai, et je pense mener la course. Il faut désormais faire en sorte qu'il n'y ait plus de débat."
Pour Maxime Aubin, ce discours a marqué un tournant : "Au début, je me suis demandé pourquoi il se justifiait. Et puis en réalité, il a raison sur beaucoup de points. La défense est sous-valorisée. Ça a vraiment relancé le débat sur ce qu'est un MVP".
Le mode de scrutin a évolué avec le temps. Jusqu'en 1980, ce sont les joueurs eux-mêmes qui élisaient le MVP. Aujourd'hui, un panel d'environ 100 journalistes du monde entier vote, à la manière du Ballon d'or pour le football. Chaque votant classe cinq joueurs : le premier reçoit 10 points, puis 8, 5, 3 et 1 point. Celui qui cumule le plus de points est sacré.
Aucun critère officiel strict n'existe, laissant place à l'interprétation : statistiques individuelles, impact collectif, régularité ou influence globale sur le jeu. Seule contrainte : avoir disputé au moins 65 matches de saison régulière.
Maxime Aubin, qui fait partie des votants, souligne justement cette part de subjectivité : "Quand tu votes, tu te demandes toi-même : qu'est-ce que veut dire MVP ? C'est quoi un 'Most Valuable Player' ? Comment on mesure la valeur ? Qu'est-ce que c'est ? Il n'y a pas de définition claire, donc chacun construit sa propre grille de lecture. C'est à toi de faire tes critères. De mon côté, j'essaie d'être le plus objectif possible".
Le processus de vote s'accompagne aussi d'une intense activité des franchises autour des votants. "C'est assez fou, parce que non seulement il y a tout ce qui se dit en conférence de presse, mais les équipes contactent aussi les votants", relate Maxime Aubin. "On reçoit des emails, parfois des appels, de franchises qui essaient de défendre leur joueur."
Ce lobbying peut aller plus loin. "Il y a même des équipes qui nous envoient des cadeaux. C'est important de préciser : ce n'est pas un chèque. C'est plus subtil". Et d'ajouter en exemple : "Un jour, on m'a envoyé chez moi un cadenas pour montrer que tel joueur est un super joueur défensif". Dans le cas de Victor Wembanyama, aucun envoi particulier n'a été reçu directement par le journaliste de la part de son entourage.
Sur le plan sportif, la lutte reste toutefois très serrée. Le sortant canadien Shai Gilgeous-Alexander conserve une légère avance sur l'ensemble de la saison. Mais le débat dépasse les seuls chiffres. Certains estiment que Wembanyama est déjà entré dans une autre dimension.
Questionné sur RTL, Boris Diaw, ancien champion NBA avec les Spurs et aujourd'hui manager de l'équipe de France estime que "ce titre lui correspond" qu'il "est accessible pour lui dès cette année".
Une analyse nuancée par Maxime Aubin : "Sur les derniers mois, Wemby est peut-être le meilleur joueur de la NBA. Mais sur la saison complète, la régularité de Shai reste au-dessus. Il me semble que Shai le mérite."
Mais la campagne de Wembanyama a malgré tout fait bouger quelques lignes. Stephen A. Smith, figure incontournable de la chaîne sportive ESPN suivie par près de 14 millions d'abonnés, a revu sa position après les arguments du joueur des Spurs : "Wemby m'a fait changer d'avis, je le mets en tête. Il a mon vote." Un vote qui en appelle d'autres ? La réponse tombera entre la fin mai et début juin.
En attendant un éventuel trophée de MVP, Victor Wembanyama a déjà marqué les esprits. Le Français des Spurs a ainsi remporté, lundi 20 avril, le titre de meilleur défenseur de la saison à l'unanimité. À 22 ans, le pivot devient le plus jeune joueur de l'histoire à décrocher cette distinction, confirmant son impact hors norme des deux côtés du terrain.
Mais au-delà des distinctions de saison régulière, une autre dynamique peut encore tout changer : celle des playoffs. Dans une NBA où tout se joue à ce moment-là, une grande campagne pourrait rebattre les cartes. Maxime Aubin va même plus loin : "On n'est pas à l'abri qu'il fasse un gros parcours en playoffs... En général, ça le chauffe quand il ne gagne pas quelque chose."
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