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Dopage : pas de corruption de l'UCI mais un traitement de faveur pour Armstrong

Un rapport dévoile les liens qui unissaient les dirigeants de l'Union cycliste internationale à Lance Armstrong.

Lance Armstrong, le 29 août 2012
Lance Armstrong, le 29 août 2012
Crédit : ROGERIO BARBOSA / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

L'Union cycliste internationale (UCI) n'est pas coupable de corruption mais ses anciens dirigeants ont accordé "un traitement préférentiel" à Lance Armstrong, affirme un rapport d'une commission indépendante publié ce lundi. "Il y avait un échange tacite de faveurs entre les dirigeants de l'UCI et Lance Armstrong et ils ont présenté un front commun contre quiconque oserait l'attaquer", explique le rapport de cette commission qui a travaillé durant treize mois.

Si aucun nouveau scandale n'est mis au jour, la commission (CIRC) dresse un tableau à charge sur la très grande proximité des anciens présidents de l'UCI, surtout le Néerlandais Hein Verbruggen, avec l'ex-septuple vainqueur du Tour. "L'UCI l'a vu comme le choix idéal pour la renaissance de ce sport après la scandale Festina (du Tour 1998)", estime la CIRC. Tant par sa nationalité américaine qui "a ouvert un nouveau continent pour le cyclisme" que par son statut de survivant du cancer qui lui a permis de devenir rapidement "une star mondiale".

Règles bafouées

Les trois enquêteurs établissent aussi qu'à plusieurs reprises, l'UCI n'a pas respecté ses propres règles. Entre autres sur les certificats médicaux établis a posteriori pour justifier l'utilisation de corticoïdes, pour le Français Laurent Brochard lors de son titre mondial en 1997 et pour Armstrong dans le Tour 1999. La commission a reconnu une absence de preuve sur deux autres affaires. D'une part le lien supposé entre le faux contrôle positif du Tour de Suisse 2001 et l'achat par l'Américain de matériel antidopage offert à l'UCI, d'autre part l'éventuel financement par Armstrong, pour partie, du rapport Vrijman commandité par l'UCI en 2005 et censé enquêter sur les révélation de dopage le concernant.

Il reste que le Texan, écarté du sport de compétition en 2012 après sa suspension par l'agence antidopage américaine (Usada), a bénéficié des années durant d'un traitement de faveur de la part de la fédération internationale. Par exemple, la possibilité de recourir en 2009 dès le Tour Down Under en Australie avec quelques jours d'avance par rapport au règlement. En somme, résume le rapport long de 227 pages, "la direction de l'UCI ne savait pas faire la différence entre le héros Armstrong, le septuple vainqueur du Tour survivant du cancer et modèle pour des milliers de fans, et le coureur Armstrong, doté des mêmes droits et obligations que tout autre cycliste professionnel".

Déficit de bonne gouvernance

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La commission présidée par le Suisse Dick Marty, un juriste qui a enquêté notamment sur les prisons de la CIA, se montre sévère pour les deux prédécesseurs du Britannique Brian Cookson, président de l'UCI depuis 2013. Pour l'Irlandais Pat McQuaid et plus encore pour le Néerlandais Hein Verbruggen, le tout-puissant président de l'UCI jusqu'en 2005. La CIRC accable la politique menée jusqu'en 2006. Elle la qualifie d'"insuffisante", car surtout soucieuse de l'image et tournée vers une approche quantitative. Par la suite, reconnaît le rapport, la période est "marquée par des améliorations constantes et une volonté croissante de lutte contre le dopage au niveau de ses racines".

L'UCI a sévèrement souffert d'un déficit de bonne gouvernance

Brian Cookson

Développement des tests inopinés, ciblage, passeport biologique, financement de la lutte antidopage... "Toutes ces mesures ont considérablement modifié le comportement de l'élite du cyclisme", relève la CIRC, mais sans pour autant rétablir la confiance. L'explication de la commission ? la gestion des crises (Armstrong, Contador), les litiges avec d'autres acteurs de la lutte antidopage, les relations étroites avec des coureurs, notamment Armstrong, le problème de la gouvernance de la fédération, ont "ruiné la crédibilité de l'UCI aux yeux du public". D'où la volonté de la direction actuelle de faire la lumière après le séisme provoqué par l'affaire Armstrong. "Très peu de sports, voire aucun, ont accepté de se soumettre à un examen indépendant d'une telle ampleur", a relevé Brian Cookson. "Il est clair que l'UCI a sévèrement souffert d'un déficit de bonne gouvernance, avec des individus prenant seuls des décisions cruciales".

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