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Le jour où Damien Touya a triomphé malgré une main transpercée

Jean-Michel Rascol

2004, Athènes. Jean-François Lamour, ministre des sports, va dénouer sa cravate pour répondre à l'appel de ses héritiers. Double champion olympique dans une première vie, il est sollicité par l'entraîneur de l'équipe de France de sabre. Les Bleus ont failli dans l'épreuve individuelle. Celle par équipe s'annonce mal. "Evidemment je leur remonte le moral", explique Lamour.
Le lendemain, les sabreurs se hissent en demi-finale face aux Américains. Damien Touya est sur la piste. Le score est de 44 touches à 44 lorsqu'un drame se produit : le sabre de l'Américain lui transperce la main. "Ça rentre de quelques centimètres, explique Lamour. Le médecin le désinfecte, lui fait un gros strap. Damien renfile le gant, se remet en piste. Et il gagne".
"Une fois la demie gagnée, la main gonfle, poursuit Lamour. Damien n'enlève pas le gant, parce que sinon il ne peut pas le remettre. Et les voilà en finale contre l'Italie, l'équipe à battre. Et c'est Damien qui met la dernière touche pour gagner".