3 min de lecture Star Wars 7

"Star Wars 7" : J.J. Abrams est resté fidèle au mythe du père

ON L'A VU - Le réalisateur du "Réveil de la Force" ne pouvait occulter la tradition familiale sur laquelle George Lucas a basé son oeuvre.

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La bande-annonce finale de "Star Wars : le Réveil de la Force" Crédit Image : Site officiel de Star Wars | Date :
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Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

Attention, si vous n'avez pas vu le septième épisode de Star Wars 7 cet article contient des spoilers. C'est une constante dans la saga Star Wars. Le héros, ou plutôt le personnage principal, entretient toujours une relation trouble avec son père, réel ou symbolique. Dans la prélogie (à la fin de La Revanche des Sith), le jeune padawan Anakin Skywalker (et futur Dark Vador), né sans père, affronte son instructeur Jedi, Obi-Wan Kenobi. À l'issue de ce terrible combat, Anakin est mutilé par Obi-Wan, qui fut sa figure paternelle, et laissé pour mort sur une planète volcanique. Le lien de filiation entre les deux personnages est dès lors symboliquement rompu. Dans l'épisode VI, Luke Skywalker et Dark Vador se lancent dans un épique duel où le seigneur noir trouve la mort. Dans ce nouvel épisode, Le Réveil de la Force, en salles le 16 décembre, le jeun Kylo Ren, tombé du côté obscur de la Force, tue son père, Han Solo, plongeant sa mère Leia dans une profonde tristesse.

"L'histoire se répète" dans cet épisode 7, avait confié J.J. Abrams à USA Today. Le Réveil de la Force est bourré de références et de clins d’œil à la trilogie originale que ce soit dans les répliques, les personnages, les décors ou la manière de filmer. Le réalisateur a même honoré la tradition du complexe œdipien présente dans les deux trilogies en choisissant une mort hautement symbolique. Dans la mythologie, Œdipe est un roi qui tue son père pour épouser sa mère et finit par se crever les yeux. Dans la psychanalyse, il symbolise les sentiments ambigus et contradictoires que la plupart des enfants ressentent à l'égard de leur père et de leur mère. 

Le bon et le mauvais père

Dans Star Wars, ce complexe œdipien se retrouve dans "l'image du père" qui est toujours "divisée en deux", rappelle Gilles Vervisch dans son livre Star Wars, la philo contre-attaque. Dans la prélogie, Kenobi est le bon père et Dark Vador le méchant. Dans l'épisode 7, Han Solo est le gentil et Lord Snoke le méchant. Pour simplifier le schéma, "lorsque le père devient un obstacle, le petit garçon en vient carrément à vouloir tuer le père", poursuit l'auteur dans son ouvrage de décryptage de la saga. Kylo Ren possède la Force mais est tombé du côté obscur, sous les ordres de Lord Snoke (Andy Serkis). Il veut accomplir le destin de son grand-père Dark Vador et se recueille sur les vestiges de son masque. Mais il reste tiraillé, partagé par des sentiments déchirés vis-à-vis de Han Solo. Ce dernier veut l'empêcher et tente de le ramener à la raison, "à la maison". En équilibre sur une passerelle au-dessus du vide, Kylo Ren a choisi la figure paternelle néfaste en transperçant son géniteur de son sabre laser.

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En fan passionné, J.J. Abrams ne pouvait pas occulter la tradition familiale sur laquelle George Lucas a basé son oeuvre. "Star Wars, c'est vraiment une histoire de mères et de filles, de pères et de fils", disait le réalisateur de 71 ans. Il s'agit surtout de fils qui n'ont pas eu de père. Car Star Wars, film aux nombreux niveaux de lectures, est plus psychologique qu'il peut en avoir l'air, comme le rappelait récemment George Lucas. "Star Wars est un soap opera qui traite des problèmes de famille et non pas un film de vaisseaux spatiaux."

Tout dysfonctionne quand la famille elle-même dysfonctionne...

Thomas Snégaroff
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Dans son livre Je suis ton père : La saga Star Wars, l'Amérique et ses démons, Thomas Snégaroff explique à quel point les valeurs familiales sont importantes et symboliques dans l'univers de la franchise. "L’oeuvre clôt une période hollywoodienne de liberté du cinéma, a expliqué l'auteur aux Inrocks - ce que Peter Biskind appelle le “Nouvel Hollywood” - avec un retour au cinéma des années 1950 où le Bien et le Mal sont extrêmement bien identifiés et où les valeurs familiales sont mises en avant puisque tout dysfonctionne quand la famille elle-même dysfonctionne. C’est d’abord un petit garçon qui est arraché à sa mère, puis c’est un homme qui a des enfants mais ne les reconnait pas et veut même les amener du côté obscur, c’est un fils qui part en quête de son père… C’est à partir du moment où le père reconnait son fils, à la fin du sixième épisode, que Luke accepte que Dark Vador est bien son père et que l’ordre se rétablit dans tout le cosmos."

Dans les épisodes 8 et 9 (2017 et 2019), Kylo Ren devrait alors parcourir le même cheminement, accepter la paternité de Han Solo, pour que la paix soit rétablie dans toute la galaxie.

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2015-12-17 10:59:00
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