4 min de lecture William Sheller

Sa mère, la bisexualité, le burn-out... Les confidences rares de William Sheller

RENCONTRE - Dans "William", publié aux éditions des Équateurs, le chanteur et compositeur retrace sa vie et sa carrière et dessine une anti-star plus libre que jamais. Visite, à domicile.

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Le si discret William Sheller se raconte dans "William", une autobiographie événement qui vient de paraître aux Éditions Équateurs. Crédit Image : BERTRAND GUAY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Steven Bellery
Steven Bellery
et Aymeric Parthonnaud

C'est un des grands de la chanson française. L'un des plus discrets aussi... William Sheller se raconte dans une autobiographie événement qui vient de paraître. Son nom ? William, publié aux éditions des Équateurs. Le chanteur a longuement reçu RTL, chez lui en Sologne dans le petit village d'Ardon, au sud d'Orléans. William Sheller s'est installé dans cette maison, il y a quelques années. Un endroit paisible, au calme, près d'une forêt. 

C'est là que William Sheller a écrit les plus de 500 pages de ce livre très intime. Un exercice d'introspection débuté après sa dernière apparition publique, aux Victoires de la musique en 2016. Ce soir-là, le Symphoman avait reçu une Victoire d'honneur. Il était apparu très fatigué sur scène. La raison ? On la découvre à la toute fin du livre : un burn-out qui l'a fait plonger dans une spirale infernale. 

Pour RTL, William Sheller raconte comment il a trébuché, il y a une dizaine d'années. "Trop plein de travail, d'abus, plus la possibilité d'écrire... Je jouais la même soupe tous les soirs comme un robot, confie-t-il. J'ai quand même l'éthique de mon métier. Le burn-out vient du fait qu'on ne peut pas mener à bien un travail dans les bonnes conditions. Je me suis retrouvé avec un dysfonctionnement cardiaque traité par des cochonneries qui m'ont attaqué les yeux, la thyroïde... Même le cerveau. C'était effrayant de se voir gonfler comme une baleine parce qu'on a trop de cortisone... Je ne pouvais pas jouer, mes doigts, c'était des boudins. La voix ça n'allait pas. Je ne voulais pas y aller aux Victoires."

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William Sheller, le best of (compilation) | Archive INA

La chanson, c'est fini

Il a tiré un trait sur la chanson. William Sheller serein, silhouette fine, sirote un soda tonic rempli de glaçons. La discussion se poursuit par la première révélation du livre. Son père biologique n'est pas celui qui l'a élevé. Un aveu que sa mère lui a fait en 1998. Son géniteur était un soldat américain. Quelques jours avant de mourir, elle lui a glissé à l'oreille deux prénoms : Colin et Thomas. "J'ai réussi à savoir qu'il devait avoir dans les 80 et quelques années, raconte William Sheller, qu'il était du Michigan, de Detroit. On se regarde dans la glace et on n'est plus rien, complètement déraciné." Après quelques recherches, il finit par tomber miraculeusement sur le bon. "J'ai reçu une enveloppe énorme avec des photos de ma mère à l'époque, mais il est mort en 1989", se souvient-il. Cette "quête du père" est devenue de plus en plus importante "contrairement à ce [qu'il] pensait".

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Le chanteur et compositeur n'est pas tendre avec sa mère, Paulette. Son "indéfectible ennemie intime", écrit William Sheller. "C'était une menteuse, une voleuse, elle fourrait son nez partout, se souvient-il. Elle m'a kidnappé, a envoyé ma grand-mère me déclarer sous le nom de père inconnu. La salope ! J'étais son enfant à elle toute seule ! Une lionne, une tigresse, elle faisait du chantage. Mon Dieu, quelle bonne femme ! Paulette... J'ai cessé de l'appeler maman vers 10 ans parce que ça ne correspondait pas. Une maman, c'est une maman. Elle, c'était : ma mère. Je ne pouvais pas le nier."

"Heureusement, j'avais une passion : la musique et ça, ça m'a bien sauvé", concède William Sheller. "Maman est folle / On y peut rien / Mais ce qui nous console / C'est qu'elle nous aime bien", chantait-il en 1984 dans l'album Simplement. Vers 11 ans, le jeune William se dit qu'il va devenir "comme Beethoven". Non pas devenir un compositeur légendaire, mais faire de la musique. "Là je dois reconnaître que ce chameau de mère m'a toujours appuyé dans ce sens-là toujours", reconnaît-il. 

Drogues, amours et postérité...

William Sheller est satisfait du succès de ce qu'il a écrit, mais il rejette complètement son statut de star. "Être vedette, ça ne me plaisait pas du tout, dit-il. Au début, c'est grisant, au restaurant, on a la meilleure table, mais au bout d'un moment on aimerait bien se trimbaler tranquille". Pourtant, William Sheller va se perdre un temps dans la célébrité. Tournées à rallonge, soirées arrosées. Un soir, on lui tend un sachet de cocaïne... Si la consommation de cette drogue lui donnait un coup de fouet, "ça n'a jamais été jouissif", reconnaît le chanteur qui explique ne jamais avoir été accro. 

Autre révélation dans ce livre ? Ses relations amoureuses avec quelques hommes. Le premier s'appelait Peter. Ils se sont rencontrés, une nuit, dans la rue. William Sheller - alors en couple avec une femme prénommée Nelly - l'invite à monter chez lui, puis à rester dormir... Nelly se montre incroyablement curieuse et amusée. William Sheller alterne alors entre Peter et Nelly. "C'était du bi-romantisme ou de l'homo-romantisme. C'était pas sexuel de base, mais bon... il y avait des moments où...", s'amuse William Sheller qui reconnaît que lorsque l'un disparaissait pendant plusieurs jours, le manque se faisait immanquablement ressentir. "J'étais entre les deux et c'est elle qui a tenu, elle faisait ça pour mon équilibre. C'est un fond bisexuel... Oui on peut dire ça...", hésite-t-il avant de trancher, résolu : "Et puis merde !"

William Sheller évoque peu ses chansons dans son livre. Il préfère consacrer de belles pages à ses deux enfants, à ceux qu'il a croisés : Catherine Lara, Johnny, Joe Dassin ou Barbara qui lui lance "tu n'es pas un chanteur, tu es un diseur". Aujourd'hui, il rêve de voyages. William Sheller a sorti 13 albums studios, mais il se moque bien de laisser une trace. "Je m'en fous, tout ça, ça disparait ! S'il en reste quelque chose tant mieux", conclut-il.

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