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Mtislav Rostropovitch et le Mur de Berlin

REPLAY - "Slava" a été l'un des plus grands violoncellistes du XXème siècle. Mais il a aussi été une figure de l'opposition au pouvoir soviétique.

Mtislav Rostropovitch jouant du violoncelle le 6 février 1996 à Paris
Mtislav Rostropovitch jouant du violoncelle le 6 février 1996 à Paris
Crédit : AFP / Pierre Verdy, AFP
Mtislav Rostropovitch et le Mur de Berlin
04:02
Jean-Alphonse Richard

Entre Mstislav Rostropovitch et le Mur de Berlin, la croisée des destins était inéluctable. Le premier est le plus célèbre des violoncellistes. Avec son archet, il a tourné les pages du XXème siècle. Le second, haut de 3,60 mètres, a coupé l'Europe en deux pendant 28 ans. Sa chute a changé le monde.

Pourtant dans les années 50, le musicien est l'un des plus fiers symboles de l'URSS. Le régime communiste met en avant ce virtuose surdoué, formé par les plus grands, à l'école soviétique. "J'étais élève de Chostakovitch, c'était un génie", dit Rostropovitch. Il obtient le prix Staline à seulement 23 ans.
Sauf qu'au début des années 70, la partition se dégrade. "Slava", comme on l'appelle, fréquente le dissident Soljenitsine et soutient Sakharov. Il fréquente, à Paris, Dali et Picasso. Il joue devant la tombe d'Elsa Triolet.

Le régime de Brejnev place le violoncelliste, sa femme Galina et leurs enfants sur la liste noire. Il se défend de toute agitation.

Les Rostropovitch quittent l'URSS en 1974. Le musicien va alors former le vœu secret d'y retourner, une fois que le vent de l'Histoire aura tourné.

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Pour "Slava" et les siens, le nouveau port d'attache est américain. C'est là-bas qu'il va apprendre sa déchéance de la citoyenneté soviétique. Mais la musique n'a pas de frontière. Paris, où il joue Pierre et le loup de Prokofiev.

Et bientôt, enfin Berlin. Le 11 novembre 1989, alors que les Allemands donnent les premiers coups de pioche et que le Mur tombe, il est là, presque anonyme au milieu d'une petite foule qui parfois ne le reconnait pas, avec son violoncelle.

Quelques minutes de concert font soudain s'écrouler un quart de siècle de silence. Rostropovitch était déjà un prodige musical, un banni de la dictature soviétique. Le voilà qui fait tomber un monde. Les hommages font sourire le maître.

Le public lui rendra cet amour jusqu'à sa disparition à 80 ans. Mais auparavant, "Slava" aura réalisé son songe d'une nuit d'hiver 1974. Le 16 janvier 1990, il était réhabilité et rentrait en Russie. Il pouvait retrouver sa terre et sa musique.

(Chronique mise en ondes par Grégory Caranoni)

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