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Elle mettait tout le monde d'accord : Dolly Parton, une icône universellement aimée dans une Amérique très divisée

La chanteuse de country était l'une des rares célébrités à mettre tout le monde d'accord aux États-Unis : Républicains et Démocrates. Dolly Parton a su conquérir le cœur de l'Amérique traditionnelle, tout en faisant preuve de modernité. Elle était une icône pour les progressistes et la communauté LGBT+.

Dolly Parton à Nashville (États-Unis) le 20 mars 2025.

Crédit : Jason Kempin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Marine Langlois

Dolly aimait tout le monde et tout le monde aimait Dolly. La célèbre chanteuse de country américaine est morte mardi 25 août à l'âge de 80 ans, laissant derrière elle des millions de fans attristés. En France, la nouvelle n'a pas eu le même retentissement qu'outre Atlantique où elle est considérée comme un véritable trésor national, autant pour son impact sur la country, que grâce à ses perruques blonde platine et ses actions philanthropiques.

Preuve de l'importance de Dolly Parton ? Donald Trump lui a rendu hommage dans un message inhabituellement sobre, annonçant que les drapeaux seraient en berne pendant une semaine. De l'autre côté de l'échiquier politique américain, le maire très à gauche de New York Zohran Mamdani a salué une "personne extraordinaire et une défenseure irremplaçable de la classe ouvrière". Des politiques de tous les bords ont salué la reine de la country, prouvant qu'elle était une véritable figure universelle. 

"Ça coûte très cher d'avoir l'air aussi bas de gamme"

Car les fans de la musicienne vont des membres de la communauté LBGT+ aux religieux du sud des États-Unis, des progressistes aux conservateurs : dans une Amérique meurtrie par les divisions politiques, sociales et religieuses, elle fait figure d'union. Cela s'explique notamment dans ses origines, dans le Tennessee de la fin des années 40, dans un chalet sans eau courante ou électricité, quatrième enfant d'une fratrie de douze.

Dolly Parton était très pauvre et ne l'a jamais caché. Sa chanson Coat of Many Colors raconte comment sa mère lui cousait un manteau à l'aide de tissus rapiécés donnés à la famille. 

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Ce n'est qu'à 18 ans que l'interprète de Jolene a déménagé à Nashville, le fief de la musique country, où elle a rencontré son mari Carl Thomas Dean (décédé en 2025) mais aussi Porter Wagoner, qui l'a aidé à décoller. Vient le premier album Hello, I’m Dolly, puis les tubes Dumb Blonde, Jolene, I Will Always Love You... Et enfin le succès interplanétaire de cette femme au look si singulier qui ne s'est jamais excusée pour son style outrancier et hyper féminin. "Ça coûte très cher d'avoir l'air aussi bas de gamme (cheap en anglais, NDLR)", s'amusait-elle à dire. 

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Dolly Parton personnifie d'une certaine manière le rêve américain devenu réalité : réussir en partant de rien. Très croyante et ne reniant jamais ses origines, la chanteuse a su garder le cœur de l'Amérique plus traditionnelle... tout en faisant preuve de modernité. C'est ainsi qu'elle est devenue une icône pour les progressistes, la communauté LGBT+ et même les plus jeunes, étant même l'idole de popstars comme sa filleule Miley Cyrus ou plus récemment Sabrina Carpenter

Icône de la communauté LGBT+, hymnes féministes

Elle ne s'est jamais dite féministe, expliquant au quotidien britannique The Guardian : "Je ne ressens pas le besoin de protester, tenir une pancarte ou me coller une étiquette. Je pense que la façon dont j’ai mené ma vie et ma carrière parlent d'elle-même."

Des titres féministes ont effectivement rythmé sa carrière comme Just Because I’m a Woman et 9 to 5. Ce dernier a été composé pour le film Comment se débarrasser de son patron, une comédie qui s'inspire du mouvement des secrétaires des années 70 où elle partage l'affiche avec Jane Fonda et Lily Tomlin.

Surnommée "la patronne des drag queens", Dolly Parton était aussi une icône pour la communauté LGBT +. "Je ne pense pas qu’on doive critiquer et juger les autres. Si tu es le bon chrétien que tu crois être, pourquoi juges-tu les gens ? Je pense simplement qu’on devrait faire preuve de plus d’amour et de bienveillance. On est ce qu’on est. Si tu es gay, tu es gay. Si tu es hétéro, tu es hétéro. On devrait pouvoir être tel qu’on est et tel qu’on se sent", assurait-t-elle en 2016. 

Son amie Jane Fonda l'a rappelé dans son hommage à Dolly Parton : "À ses fans gays et trans, je veux que vous sachiez qu’elle vous aimait. Vous le savez sans que j’ai besoin de vous le dire. Elle aimait tous ses fans, et ils étaient son armée".

"J'ai autant de fans Républicains que de Démocrates"

Sur beaucoup de points, Dolly Parton semblait en opposition totale avec Donald Trump. Elle a aidé au développement du vaccin anti-Covid-19 de Moderna en faisant don d'un million de dollars, a investi dans un quartier noir de Nashville en hommage à Whitney Houston (qui a donné une deuxième vie à sa chanson I Will Always Love You) et a fait don de quelque 300 millions de livres à des enfants dans le besoin du monde entier grâce à sa fondation "Dolly Parton's Imagination Library". 

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Mais dans les faits, la chanteuse ne s'est jamais exprimée ouvertement sur ses opinions politiques. En 2016, elle expliquait sur Facebook ne soutenir ni Hilary Clinton, ni Donald Trump, essayant  "de ne pas se mêler à la politique" mais plaisantant qu'elle devrait se présenter elle même car "on a toujours besoin de plus de seins dans la campagne".

La même année, elle affirmait à CNN la même année que tout le monde devrait pouvoir utiliser les toilettes qu'ils souhaitent, en pleine polémique sur l'accès des WC aux personnes transgenres. "J'ai autant de fans Républicains que de Démocrates. Je ne veux froisser personnes", résumait-elle en 2020 à USA Today. 

Ici repose la force de Dolly Parton : ne froisser personne et faire preuve d'une empathie à toute épreuve. "Je pense simplement qu'il faut qu'on s'aime les uns les autres. Je pense qu'il faut qu'on fasse un petit effort supplémentaire. Il faut qu'on soit un peu plus bienveillants. Il faut qu'on fasse preuve de plus d'amour et de compassion", rappelait-elle sans cesse.

D'après un sondage publié en mars 2026, 70% des Américains avaient une image positive de Dolly Parton, dont 78% de Démocrates, 73% de Républicains et 57% d'Indépendants. Le New York Times le résume bien, "Dans une époque marquée par les divisions, Dolly Parton était la personne que tout le monde aimait." La formule magique est simple, Dolly aimait tout le monde et tout le monde aimait Dolly. 

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