5 min de lecture Musique

Eddy Mitchell revisite sa brillante carrière au Palais des sports avec un big band de jazz

NOUS Y ÉTIONS - Le chanteur de 73 ans donne une série de concerts exceptionnels jusqu'au 3 avril au Palais des sports de Paris, avec une formation de 17 musiciens, et en profite pour rendre hommage aux héros de sa jeunesse : Frank Sinatra, Otis Redding, Elvis Presley.

Eddy Mitchell avec son big band sur la scène du Palais des sports de Paris
Eddy Mitchell avec son big band sur la scène du Palais des sports de Paris Crédit : Francis Guillot / AFP
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Sylvain Zimmermann
Journaliste RTL

Il avait promis qu'il "ne ferait pas le coup du come-back" à l'issue de sa dernière tournée en 2011. C'était sa dernière séance. Ses adieux. Mais la passion de la musique était beaucoup trop forte, l’envie de retrouver ses musiciens, le public, irrésistible. Au diable la retraite. Revoilà donc Eddy Mitchell, 73 ans, de retour pour une série de 13 concerts exceptionnels, du 15 mars au 3 avril, au Palais des sports de Paris. Aucune date en région, mais un concert, celui du 1er avril, retransmis en direct dans 150 salles de cinéma. 

Eddy Mitchell s’est fait plaisir avec ce nouveau spectacle auquel nous avons assisté mardi 15 mars. C'était la grande première. Un show taillé sur mesure, à son image, brillant et généreux, parcourant 50 ans de carrière, avec un big band de jazz de 17 musiciens, dont une section de 12 cuivres derrière des pupitres frappés de la fameuse "Marque jaune", le "M" entouré de la bande dessinée Blake et Mortimer.  20h10, après une longue introduction toutes trompettes dehors, comme dans les grands concerts de jazz, Monsieur Eddy déboule sur scène dans un costume noir. Son allure tranche quelque peu avec celle de ses musiciens principaux qui ont osé le gilet aux motifs léopard. 

Le chanteur débute tout de suite par son dernier album sorti en octobre dernier, Big Band, qui annonce la couleur de ce concert et salue les héros de jeunesse d’Eddy Mitchell, notamment Frank Sinatra, "The Voice", à qui il rend un hommage dans Il faut vivre vite et dont il reprend le célèbre Fly Me To The Moon transformé en Promets-moi la lune. Le rythme est entraînant, ça swingue, la star se glisse parfaitement dans la peau du crooner. 

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Eddy Mitchell la joue comme Sinatra

"Je suis vraiment ravi de vous retrouver, annonce Eddy Mitchell au public. Je tiens à vous le dire : il n'y aura pas d'effets spéciaux, pas d'éléphants roses. Mon ami Johnny (Hallyday) m'avait proposé de me prêter sa tête de mort (celle de sa dernière tournée). Mais il l'a installée dans son jardin à Los Angeles pour faire peur aux oiseaux. Mais grâce à ce magnifique big band nous allons avoir une belle soirée". Le chanteur dit vrai. Aucune mise en scène pour ce concert, aucun écran géant. Uniquement de grands rideaux et de belles lumières bleutées ou rouges pour envelopper l’orchestre et la star.

Plus que jamais, Eddy Mitchell la joue comme Sinatra, dont il rappelle qu’il "est mort à un âge respectable en fumant deux paquets par jour et en buvant du Jack Daniel’s. Après Tu ressembles à hier, très beau et enlevé, la musique se fait plus calme, l’ex-leader des Chaussettes Noires s'assied sur un tabouret à côté du piano à queue sur la gauche de la scène et chante Je n’ai pas d’amis, toujours issu de son dernier album, une belle ballade en forme de constat implacable sur le temps qui passe : "Je n'ai pas d'amis / Sur internet / Je ne suis pas sur Facebook / Je communique pas par Skype / J'sais pas me servir du web / Oh moi la toile / C'est le ciné."

20h40. Premier grand classique : Rio Grande. Très en voix, Eddy Mitchell nous transporte dans un Far West imaginaire. Le titre est accompagné de trompettes mexicaines. Ne manquent plus que le saloon et les cowboys. Arrive ensuite Vieille canaille. Avant de débuter le titre, Eddy Mitchell raconte avec humour sa rencontre avec le producteur qui a organisé les concerts des Vieilles Canailles à Bercy en novembre 2014, avec Johnny Hallyday, Jacques Dutronc et lui-même. 

Quand on m'a proposé une réunion avec Johnny et Jacques Dutronc, j’ai dit : ‘Ah non, ça a détruit mon foie pendant des années

Eddy Mitchell
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"Quand il m’a proposé une réunion avec Johnny et Jacques Dutronc, j’ai dit : ‘Ah non, ça a détruit mon foie pendant des années’". Après une version très jazzy de Vieille canaille, Eddy Mitchell reprend Le Blues du blanc, une cigarette à la main. Dans les volutes de fumée, son saxophoniste se lance dans un somptueux solo. L’un des plus beaux moments du concert. L'atmosphère est relativement intimiste. Malgré la taille du Palais des sports de Paris (un peu plus de 3.000 places assises), on a vraiment l'impression d'assister à un concert dans un bar de jazz. Ou Au bar du Lutetia, sa chanson interprétée après, écrite en hommage à Serge Gainsbourg. 

On se croirait dans l'un de ces grands films noirs, dont raffole Eddy Mitchell. "Vous l'avez remarqué, j'adore le big band. Quand j'étais petit, j'écoutais les Platters, Raymond Charles et James Marron, lâche-t-il. Le public apprécie les bons mots du chanteur. Et bien sûr, Octave le rougissant, je veux parler de Otis Redding." Quatre choristes apparaissent alors sur scène. Ça groove. La star, qui a tant repris les standards américains dans sa jeunesse, chante : "On a besoin de ses héros..." Tout est dit. À travers ce show, Eddy Mitchell rend hommage aux légendes de la musique, à ses racines musicales de Memphis à Nashville, à Elvis Presley, bien sûr. 

Une grand messe jazz et rhythm and blues

21h26. Surprise : c'est La Dernière séance (si tôt ?) dans une version quasi country, comme sur la BO d'un road movie. Monsieur Eddy interprète ensuite Il ne rentre pas ce soir. Le public tape dans les mains. Les chansons s'enchaînent à un rythme soutenu. Visiblement très en forme, le crooner ne connaît pas de baisse de régime. L'âge ne semble pas avoir d'emprise sur lui. Arrive ensuite 18 ans demain. Le morceau le plus rock du concert. Avec les premières notes de Lèche-Bottes-Blues, une partie du public, jusque-là très calme, se lève de son siège pour rejoindre le devant de la scène. Eddy Mitchell esquisse quelques pas, mime une guitare.

Arrive Le Cimetières des éléphants, un grand classique, avec une tonalité plus grave que d’habitude. Eddy Mitchell termine par ces mots : "C'est pas perdu, est-ce que tu m'aimes ?". Le concert arrive à son terme. Quelques notes de piano, les spectateurs ont tout de suite reconnu le tube qui suit : Boogie Woogie." Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs. Reprenez avec moi tous en cœur..." C’est la grande messe du rhythm and blues dans le Palais des sports. 

Il manque pourtant une chanson à ce formidable tour de chant. Un incontournable. Après s’être retiré quelques instants, Eddy Mitchell entonne les premières paroles de Couleur menthe à l'eau. Le public reprend les paroles en chœur. L’émotion est palpable. Le chanteur quitte la scène après une longue ovation, le big band poursuit quelques minutes encore pour prolonger le plus longtemps possible le plaisir avant la fermeture du rideau. La machine à remonter le temps d’Eddy Mitchell fonctionne à merveille.

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