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Isabelle Morini-Bosc : "Que personne ne dise 'Vince n'était qu'un rhinocéros'"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur l'histoire de Vince, le rhinocéros blanc du zoo de Thoiry dans les Yvelines, abattu par un ou plusieurs braconniers dans la nuit du 6 au 7 mars.

Le rhinocéros Vince et son congénère au Zoo de Thoiry
Le rhinocéros Vince et son congénère au Zoo de Thoiry
Crédit : Facebook Zoo de Thoiry
Isabelle Morini-Bosc

Élodie, Julie, Marie, Cathy, Virginie, Laurence, Philippe, Jean-Jacques, Mathieu, Eric, mes pensées les plus affectueuses et les plus douloureuses. Je les adresse aussi à l'exceptionnelle famille de La Panouse, et à tous les autres, que j'ai seulement croisés à Thoiry, et qui m'ont également touchée par leur sourire, leur engagement et leur dévouement. Les prénoms précités sont en effet ceux des soignants et des vétérinaires du célèbre parc animalier des Yvelines, de formidables professionnels traumatisés par l'assassinat de Vince, le beau rhinocéros blanc âgé de 4 ans !

Sans mauvais jeu de mots, il portait de belles cornes, Vince, estimées à près de 50.000 euros l'une par les trafiquants, c'est même pour ça qu'il a été abattu puis charcuté par deux salopards voulant ignorer que cette "excroissance" n'a rien d'aphrodisiaque. C'est donc un massacre pour rien, où la bêtise le dispute à la lâcheté. Mais pourquoi, au fait, suis-je en mesure d'évoquer l'équipe ? Parce que la vie n'étant faite que de hasards et de coïncidences destinés à bousculer les êtres et les plannings, j'ai passé deux week-ends de suite à Thoiry, pour les besoins d'un reportage télé façon Vis ma vie de soigneur, en l'occurrence.

Et pour être franche, ces "pros" efficaces et précis n'étaient sans doute pas, au départ, farouchement enthousiaste à l'idée de recevoir une représentante de ces médias dont les parcs ont certes besoin, mais qui arrivent souvent en terrain conquis, persuadés que la règle commune ne s'applique pas à eux. Leurs craintes, qu'ils ont eue la courtoisie de ne pas exprimer, était d'autant plus légitime, qu'un écart (de conduite, forcément) peut être dramatique pour tout le monde, notamment pour eux dont la responsabilité est engagée et qui doivent avoir un œil sur l'animal et un autre sur ce drôle d'oiseau de journaliste. 

Un personnel soignant aux petits soins des animaux

Difficile de veiller sur tout et tout surveiller. J'espère de tout cœur les avoir convaincus de mon application et de mon implication. C'est peu de dire que je me suis immédiatement sentie "bien" parmi ces garçons et ces filles jeunes, bien formés (si j'ose dire), beaux "du dedans comme du dehors", et dont l'engagement" est d'autant plus garanti grand teint, que l'on ne travaille pas dans une "réserve" pour faire fortune. On y trouve en effet, plus de foin que d'oseille !

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Et si je dis que le personnel ne "manque pas d'air", c'est au sens propre : tous vivent en plein air, en service et au "service", celui des animaux des lieux. J'espère dès lors ne pas avoir perturbé l'emploi du temps de ceux qui m'ont offert beaucoup en me permettant d'approcher "au plus près" tous leurs locataires : pandas roux, bisons, girafes, ours bruns, lions, lémuriens, batraciens, sauriens. Sans oublier les "petits", les adorables "bébés hyènes" et les merveilleux bébés loutres. Sans en dire plus pour l'instant, sachez que j'ai pu grâce à eux alpaguer un alpaga, et limer les ongles d'un éléphant, le reste étant secret-défense. 

Un animal emblématique de la faune

Et puis, il faut hélas y revenir, j'avais également eu le plaisir de nettoyer la "petite maison" de Gracie, Bruno et Vince, nos 3 émouvants rhinos blancs. Elle les abritait la nuit. Du moins croyait-on que c'était un abri, puisque c'est là, de façon sidérante, que Vince a été abattu et mutilé. Et que personne ne dise "ce n'était qu'un rhino". Que savons-nous de cet animal rarissime venu de la nuit des temps ? Quelle confidence nous a-t-il faites ? Et tous les autres, condamnés dans la nature par le braconnage et la destruction de leurs habitats ? Ne valent-ils rien parce qu'ils ne parlent pas notre langage, et surtout que nous ne parlons pas le leur ? Ceux qui savent, ce sont les soigneurs. Les vétos. Je les remercie pour leur bienveillance. Et je partage leur stupeur, leur douleur, voire leur fureur. Si légitime.    

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