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Même si on avait épargnée Marie-Antoinette, des analyses révèlent que la reine était déjà probablement condamnée

Alors que sont commémorés les 233 ans de sa condamnation, des analyses d'historiens révèlent une autre version de la mort de Marie-Antoinette.

Marie-Antoinette

Crédit : Joseph Ducreux

Si Marie-Antoinette n'avait pas été guillotinée, serait-elle morte d'un cancer ?

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Si Marie-Antoinette n'avait pas été guillotinée, serait-elle morte d'un cancer ?

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Virginie Girod - édité par La rédaction numérique de RTL

Le 16 octobre 1793, il y a 233 ans, la reine Marie-Antoinette est condamnée pour haute trahison par le tribunal révolutionnaire à 4h du matin. À 12h15, elle est guillotinée sur la place de la Concorde. Si les événements se sont déroulés aussi rapidement, c'est sûrement parce que Marie-Antoinette est malade et que Robespierre, l'un des révolutionnaires les plus influents, est terrorisé à l'idée que la reine meure avant d'avoir été conduite à l'échafaud.

En octobre 1793, cela fait déjà deux mois et demi que Marie-Antoinette occupe une cellule insalubre à la conciergerie, à quelques pas des salles du tribunal révolutionnaire. Son état de santé s'est vite dégradé : à 37 ans, ses cheveux ont blanchi d'un coup, elle est pâle et maigre. Selon plusieurs témoins de l'époque, comme les concierges de la prison, Marie-Antoinette souffrirait d'hémorragie gynécologique. Robespierre lui aurait même envoyé son médecin Joseph Souberbielle et fourni des tampons médicaux, afin de s'assurer qu'elle tiendrait jusqu'à son procès. 

Une rumeur symbolique ou un fait histoire ?

Les historiens se sont longtemps demandé si ces récits sur le sang de Marie-Antoinette n'étaient pas des rumeurs ou s'ils n'avaient pas une portée symbolique : les hémorragies de Marie-Antoinette représenteraient le sang versé par la Révolution française. Mais l'historienne Cécile Berly pense aujourd'hui que ce sang malade de la reine pourrait bien être le symptôme d'une vraie pathologie, peut-être un fibrome ou un cancer de l'utérus.

Ce devait être une situation particulièrement difficile, car à l'époque ces affaires de femmes, pourtant naturelles, sont considérées comme honteuses. Après son procès, Marie-Antoinette aurait demandé de nouveaux sous-vêtements afin de se changer, et aurait caché son linge plein de sang dans un coin de sa cellule. On lui aurait également donné un jupon noir à passer sous sa robe blanche de condamnée pour tenter de cacher d'éventuelles taches de sang sur ses vêtements. 

De nouvelles analyses révèleront bientôt la vérité

Les sources signalent également que Marie-Antoinette a eu de violents maux de ventre avant de monter dans la charrette qui devait la conduire à la guillotine. Mais on peut aussi les imputer au stress causé par une mort imminente plutôt qu'à un cancer. Récemment, le médecin légiste et anthropologue Philippe Charlier aurait trouvé dans une collection privée du linge souillé de sang ayant appartenu à Marie-Antoinette. Grâce aux protéines contenues dans ces taches de sang, il pourra déterminer par ses analyses si la reine avait un cancer de l'utérus ou d'un autre site abdominal ou pelvien. 

Si l'affaire reste à suivre, une chose est certaine : même si elle n'avait pas été guillotinée, Marie-Antoinette serait probablement morte avant la fin de l'année 1793.

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